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Déroulement du Ravip: Le casse-tête des populations et élus locaux de Cotonou
Publié le mardi 21 novembre 2017  |  La Nation
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© aCotonou.com par dr
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Le Recensement initial administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) est entré dans sa phase pratique depuis le 1er novembre dernier. Trois semaines après son démarrage, l’insuffisance du dispositif et les tracasseries y afférentes émoussent l’ardeur des populations et des élus locaux des onzième et treizième arrondissements de Cotonou.

Les populations des onzième et treizième arrondissements de Cotonou n’apprécient pas la manière dont le Recensement initial administratif à vocation d’identification de la population (Ravip se déroule dans leurs zones. Celles des quartiers Gbégamey-centre et de Missité ne se pressent nullement pour se faire enrôler. Ce manque d’engouement, selon certains citoyens approchés, est lié à l’insuffisance de kits et de centres d’enrôlement dans les quartiers concernés.
« Comment comprendre que pour tout le onzième arrondissement, nous n’ayons à peine que deux kits d’enrôlement ? », s’interroge Samuel Nagonou, menuisier à Gbégamey-centre. Il dit être surtout déçu des tracasseries afférentes à l’opération. Lesquelles limitent la mobilisation des populations, selon lui. « Pour nous faire enregistrer, nous devons nous rendre à Vodjè, à deux kilomètres environ de Gbégamey. Ces tracasseries découragent la plupart des riverains qui reportent leur enrôlement à une date ultérieure», explique-t-il.
L’arrondissement où il habite comporte huit quartiers pour deux ou trois centres de Ravip. Ce qu’il n’apprécie pas. Chaque quartier devrait disposer d’un site de recensement pour la célérité du processus, préconise-t-il.
« Etant donné que Gbégamey-centre ne dispose pas de centre de recensement, nous ne pouvons pas nous promener de quartier en quartier avant de nous faire recenser. Nous sommes obligés de prendre tout notre temps pour organiser cela», tranche-t-il.
Pour Victorin Gnahoui, le manque de postes d’enrôlement et la mauvaise organisation qui encadrent l’opération risquent d’avoir des répercussions sur le processus à terme. « Telle qu'elle est conduite, il risque d’avoir trop d’exclus sur les listes au terme de l’opération et ce serait dommage pour notre pays », avertit-il.
Il estime qu’à allure où vont les choses, les pouvoirs publics devront prévoir une rallonge de quelques jours au terme du délai fixé afin de permettre à toute la population de se faire correctement enrôler.
Ces plaintes sont corroborées par le chef quartier de Gbégamey-centre, Fernando Atannon : « L’enregistrement dans le cadre du Ravip est très difficile pour mes administrés. Ils doivent se déplacer pour aller se faire enregistrer ailleurs, ce qui n’est pas de leur goût. Ils ne comprennent pas le fait que leur quartier soit privé de site de Ravip ».
Même son de cloche de la part de son collègue de Missité à Cotonou, Ildevert Badou. Lui aussi évoque l’insuffisance de kits et de sites dans son quartier. « Le treizième arrondissement compte quatorze quartiers et environ 70 000 habitants. Malheureusement, il ne dispose que de trois kits », soulève-t-il.
Outre les soucis liés au manque de dispositif entrant dans le cadre du Ravip, les populations dénoncent également le manque de sensibilisation sur le sujet. «Le Bénin n’est pas à son premier coup en matière d’enregistrement de la population. Il serait bien de voir ce qui a marché lors des recensements précédents comme la Lépi, afin de les répercuter sur le Ravip », suggère Samuel Nagonou.


Intensifier la sensibilisation

Au-delà des difficultés liées à l’insuffisance des kits d’enrôlement, les organisateurs du recensement ont encore du grain à moudre en matière de sensibilisation des populations sur le Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip). Beaucoup, dans l'ignorance du processus, ne s’en préoccupent guère. C’est le cas d’Alfred Sossouvi, apprenti menuisier, qui affirme n’avoir jamais entendu parler du Ravip. « Je ne comprends encore rien à l’opération dont vous parlez. Je vous assure que je n’en suis pas au courant», jure-t-il, en langue fongbé.
Et à son compère Victorin Gnahoui, de renchérir : « C’est grâce à l’arrivée du préfet du Littoral, Modeste Toboula, dans notre quartier, il y a une dizaine de jours que j’ai pu comprendre l’enjeu du Ravip ».
Pour le chef quartier de Missité, Ildevert Badou, cette situation est liée au manque de communication et de sensibilisation des populations. Il désapprouve la faible implication des élus locaux dans l’opération. «Les pouvoirs publics ont oublié d’associer la base dans la conduite de l’opération », se désole-t-il. Du coup, les populations peinent à accéder à la bonne information en temps réel et prennent d’assaut les arrondissements et les bureaux des délégués de quartiers.
« Nous avons gongonné une seule fois et cela s’est fait avec nos propres moyens. Depuis ce temps, il n’y a plus eu de sensibilisation sur le sujet », fustige-t-il. « Il n’est pas encore tard de revoir la communication sur ce point. En tant qu’élu local, nous n’avons aucun intérêt à boycotter l’opération. Nous jouons notre partition et attendons plus de moyens du gouvernement pour en faire davantage », plaide-t-il. Il pense que le Ravip a besoin d’être prêché dans tous les coins et recoins du pays pour sa réussite. Mais le travail de sensibilisation et de veille doit commencer d’abord par la base. « Il faut gongonner toutes les semaines afin de rallier tout le monde à la cause », suggère-t-il.

Maryse ASSOGBADJO
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