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Efficacité des programmes de santé sur le Vih/Sida : Les LGBT, une cible incontournable
Publié le mercredi 29 novembre 2017  |  Matin libre




Un atelier de sensibilisation des journalistes et patrons de presse pour la création et le maintien d’un environnement favorable à l’accès aux soins des LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Le sujet est tout aussi sensible mais pour Hugues Sétho, coordonnateur des Programmes Jeunes Amour et Vie à Psi-Abms, le jeu valait la chandelle tant il s’agit avant tout d’un problème de santé publique. En effet, souligne-t-il, « ces populations constituent des poches d’infections liées au Vih et aux Ist, du fait de leur clandestinité ». Il faut donc dépasser les perceptions, les préjugés, toutes sortes de discrimination voire de stigmatisation et agir au plus vite. Et c’est là tout l’intérêt dudit atelier organisé à Ouidah, les 20, 21 et 22 novembre 2017 par l’Association Béninoise pour le Marketing Social et la Communication pour le changement de comportement (Abms).

Durant les trois jours de formation, les participants, une trentaine de journalistes aussi bien de la presse écrite, de la presse en ligne que de l’audiovisuel, se sont familiarisés avec les concepts d’homosexualité, d’hétérosexualité, d’attirance sexuelle, de Lesbienne, de Gay, de transgenre, etc et les enjeux. Le décor épidémiologique du Vih au Bénin a été planté et sa prévalence au niveau de ces groupes cibles étudiée. Aussi, les concepts de discrimination et de stigmatisation ont-ils été abordés. Ce qui a permis aux professionnels des medias d’apprécier les manifestations de cette stigmatisation, les facteurs qui influencent cela et surtout ses manifestations au niveau individuel et même dans les productions journalistiques. Sur ce dernier point, l’influence des medias sur les programmes de prévention et de prise en charge a été ressortie avec à la clé un rappel des notions fondamentales en journalisme pour un traitement professionnel de l’information. Yves Kugbè, le formateur principal venu de Lomé, revient ici sur le focus fait sur les LGBT et plus spécifiquement les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes) : « … Ces sous-groupes de par leurs pratiques sexuelles ou leur identité sont plus vulnérables face au vih notamment si je prends les homosexuels masculins, les pratiques sexuelles entre hommes sont très à risque. Mais beaucoup ne le savent pas ». Yves Kugbé qui a été appuyé au cours de la formation par Brice Aheko poursuit : « Il a été démontré qu’au Bénin par exemple, la prévalence au sein des homosexuels est de 7, 7% ; ce qui est largement supérieur à la tendance générale (1,2%) » . Et il avertit : « si on ne prend pas des initiatives de prise en charge, de prévention et qu’on veut faire l’ignorant ou la politique de l’autruche, on risque d’avoir une généralisation de l’épidémie parce qu’au sein des groupes vulnérables comme des homosexuels, on a également des bisexuels qui continuent d’avoir des rapports sexuels avec des personnes de façon générale (les deux sexes). Il faudra donc qu’on fasse fi de nos mœurs, coutumes, de nos perceptions et préjugés pour des actions efficaces ». En matière de santé publique, le Bénin a souscrit à plusieurs engagements dont l’objectif 90-90-90 de l’Onusida, une cible ambitieuse de traitement pour aider à mettre fin à l’épidémie du Sida ; c’est-à-dire « à l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le Vih connaissent leur statut sérologique, 90% de toutes les personnes infectées par le Vih dépistées reçoivent un traitement anti rétroviral durable et 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée ». L’atteinte de cet objectif ne saurait se faire sans la prise en compte, par exemple, des LGBT. Un travail de sensibilisation accru des populations en général et des populations clés en question s’impose donc. D’où le rôle majeur des médias. « Il faut dire qu’à la fin de la deuxième journée de la formation, j’ai eu la chair de poule quand j’entendais des journalistes faire des témoignages sur le fait que ces deux jours leur a permis de comprendre les thématiques et qu’aujourd’hui il vaut mieux ne pas discriminer ou stigmatiser cette population clé qui a également ses droits, et là où nos droits finissent commencent ceux des autres », s’est réjoui le coordonnateur des Programmes Jeunes Amour et Vie à Psi-Abms au terme de l’atelier.

J.B.
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