Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Mali    Publicité
aCotonou.com NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Bénin : La grève générale lancée par les syndicats diversement suivie dans l’administration publique
Publié le jeudi 18 janvier 2018  |  Xinhua
Grève
© ABP par DR
Grève




La grève générale de 72 heures, lancée mardi dans l'administration publique béninoise, par les centrales et confédérations syndicales pour exiger l'abrogation des dispositions de la loi portant statut général de la fonction publique qui suppriment l'exercice de droit de grève aux agents de la justice, de la santé, de la sécurité et aux magistrats, est diversement suivie dans plusieurs secteur de la vie économique béninoise, a constaté mercredi Xinhua à Cotonou.

"La grève est un moyen d'action de revendication, mais elle n'est pas le seul moyen d'action syndicale dans le domaine de revendication. Ce dont il s'agit aujourd'hui pour nous, c'est le dialogue social qui est en difficulté. Nous sommes disponibles à échanger avec les autorités sectorielles sur les véritables préoccupations des agents. La situation sociale que nous vivons actuellement ne garantit guère la stabilité et la paix sociale tant souhaitée pour le peuple béninois", a confié à Xinhua, Constantin Changobiyi, secrétaire général du Syndicat national du Corps des personnels de l'Administration du Travail (SYNACAT).

Ainsi, dans plusieurs services de l'administration publique béninoise, le mot d'ordre de grève lancé par les sept centrales et confédérations syndicales, n'a pas ébranlé l'ardeur des fonctionnaires béninois de tous les départements ministériels à être présents à leurs différents postes de travail.

Même au Centre national hospitalier et universitaire (CNHU) de Cotonou, le grand centre de référence du pays, le personnel de la santé est présent à ce lieu de travail pour prodiguer des soins aux différents patients comme d'habitude.

"Dans le secteur de la santé, nous avons prêté un serment qui nous oblige à sauver la vie. Voilà que les syndicalistes nous emmènent au parjure, nous n'allons pas accepter. Moi personnellement, je suis contre ces mouvements de grèves", a expliqué à Xinhua, Bérenger Bankolé, un agent de santé en fonction au CNHU.

"Tous les services fonctionnent normalement. Les services d'urgences comme ceux du programme, tout fonctionnent normalement", a renchéri, Vincent Ehoulé, un autre agent de santé du CNHU.

Cependant, dans d'autres centres de santé et services publics, le mot d'ordre de grève des centrales et confédérations est suivi à la lettre.

A cet effet, au centre national hospitalier de la Mère et de l'enfant de Cotonou, toutes les portes des différents services sont fermées et seuls quelques agents réquisitionnés se trouvent dans ce centre pour accueillir les cas d'urgence.

De même dans les universités publiques béninoises, les activités pédagogiques sont paralysées. Ce même mouvement de grève a aussi embrassé plusieurs établissements d'enseignement secondaire, où les enseignants, en particulier les agents permanents de l'Etat, ont purement et simplement déposé la craie pour respecter le mot d'ordre des centrales et confédérations syndicales.

Dans le milieu judiciaire, notamment au Tribunal de première instance de Cotonou, l'absence des magistrats, greffiers et personnel judiciaire dénotent de la paralysie du système judiciaire.

"Le service public de la justice est à ce jour totalement paralysé. Les portes des Cours et Tribunaux sont désespérément fermées. Il est impossible de communiquer aux justiciables les dates de leurs dossiers, avec le risque que ces dossiers se perdent dans les méandres du système judiciaire. La chaîne pénale continue de remplir les maisons d'arrêt, alors même que les prisonniers restent en attente d'être jugés. Les réquisitions de magistrats et autres personnels du monde judiciaire sont restées vaines", a déploré, le bâtonnier de l'ordre des Avocat du Bénin, Yvon Détchénou.

Depuis le vote des dispositions de la loi portant statut général de la fonction publique béninoise retirant le droit de grève aux agents de la santé, de la justice et de la sécurité, le 28 décembre 2017 et celle portant sur le statut de la magistrature, le 2 janvier dernier, retirant le droit de grève aux magistrats, par les députés béninois, la grogne syndicale est montée d'un cran dans les administrations publiques du pays, alimentée par des mouvements de revendications, notamment des sit-in, des déclarations à l'emporte-pièce des secrétaires généraux des confédérations et centrales syndicales, et mêmes des grèves paralysant plusieurs secteurs de l'administration publique. Fin
Commentaires