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Seul à défendre les dossiers à controverse du gouvernement : Et si la stratégie est de griller Djogbénou ?
Publié le mardi 23 janvier 2018  |  Matin libre
Joseph
© aCotonou.com par Didier Assogba
Joseph Djogbénou, ministre de la justice de la législation et des droits de l`homme.
Les 100 premiers jours du Président Patrice Talon au pouvoir.Causerie débat initié par la fondation Friedrich Ebert. Cotonou, le 13 juillet 2016. Soirée politique sur les 100 premiers jours du Président Patrice Talon au pouvoir




Le Garde des sceaux porte sur ses épaules les échecs répétés des initiatives les plus controversées du régime de la Rupture. Le brillant avocat, défenseur de la veuve et de l’orphelin, de l’Etat de droit et de la démocratie sous le régime Yayi a perdu de son superbe depuis sa nomination au poste du ministre de la justice. Comment comprendre que Djogbénou qui a marché dans ce pays contre le retrait du droit de grève aux magistrats, puisse maintenant se présenter devant l’Assemblée nationale pour soutenir un projet de retrait du même droit de grève ? Pour comprendre cette métamorphose propre des cadres appelés à servir l’Etat, il faut s’intéresser à l’utilisation faite d’eux par les Chefs d’Etat. Pascal Irénée Koupaki a été pendant au moins 7ans le super ministre du régime du Changement. Puis, il a suffi d’une affaire de signature du Chef de l’Etat sur le contrat instituant le Pvi pour qu’il perde son statut de métronome du gouvernement au point de devenir l’homme dont il faut se débarrasser. A voir de plus près, on peut se demander, à juste titre, si Talon n’utilise pas la même stratégie pour décrédibiliser totalement Joseph Djogbénou.

Il a porté le projet de révision de la Constitution. Cela a été un échec, une gifle de la minorité parlementaire au régime du Nouveau départ et aux 60 députés du Bloc de la majorité présidentielle (Bmp). Vint alors le vote de la loi sur le retrait du droit de grève aux personnels de la santé, de la justice et des forces de sécurité. Djogbénou a défendu la proposition du Député Louis Vlavonou qui, après vote des 60 députés du Bmp, a franchi l’étape du Parlement. Mais cette fois-ci, c’est la Cour constitutionnelle, qui dans sa décision Dcc 18-001 du 18 janvier 2018, demande aux députés de reprendre leur copie parce qu’ils ne sont pas habiletés à interdire la jouissance d’un droit fondamental, mais juste en définir les contours. Voilà encore un flop du régime à propos d’un dossier que le Garde des sceaux était le seul au front à défendre. A l’avènement du régime, C’est Pascal Irénée Koupaki, alors ministre d’état, membre du gouvernement qui, chaque mercredi soir, faisait le compte rendu des principales décisions prises au Conseil des ministres. L’exercice a duré le temps d’un feu de paille. Très vite, les Béninois en ont eu marre. Pascal Irénée Koupaki est traité de ministre de la lecture et le gouvernement n’a eu d’autre choix que d’arrêter la saignée. Après quelques temps de repos, à qui le Chef de l’Etat a-t-il filé cette patate chaude ? C’est encore Djogbénou. Et pourquoi toujours lui ?

Ce serait une mauvaise analyse que de penser que Djogbénou est si tant sollicité parce qu’il a la confiance du Chef. Encore que si le Chef tient effectivement à vous, il ne vous met pas au-devant des situations difficiles. La réponse se trouve peut-être dans les ambitions politiques de Joseph Djogbénou. Lui qui a voulu se présenter à la présidentielle de 2016, alors qu’il était à peine arrivé sur la scène politique, a du se rétracter pour faire place à son client de luxe. En 2019, ce sera les législatives. Patrice Talon a un défi à relever à Cotonou. Il se peut que Djogbénou ne soit pas à la taille du défi. En 2015, il a plutôt bénéficié de l’effet Azannaï pour se faire élire. Avec la Rb d’un côté, Azannaï, le Prd et ce qui reste des Fcbe de l’autre côté, Djogbénou peut ne pas être le joker de Patrice Talon. Mais le Garde des sceaux comprendrait-il cela ? La meilleure façon de l’écarter, peut alors se trouver dans la stratégie de le griller politiquement en lui attribuant une part de responsabilité dans les échecs des réformes les plus controversées.

B.H
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