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Féministes tant qu’il le faudra ! Les femmes en ordre de bataille ici et ailleurs !
Publié le vendredi 9 mars 2018  |  Matin libre
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Les femmes du Québec




Les femmes du Québec s’inspirent du thème général 2018 de la Journée Internationale de la Femme : « L’heure est venue : les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes » pour marquer leur singularité en tapant du poing sur la table : « Nous sommes féministes tant qu’il le faudra ». Le message est clair et a un destinataire, la classe politique mondiale. Ce ton haussé chez les femmes du Québec qui voudraient ainsi être le porte-voix des femmes d’Afrique qui ploient sous le joug du silence, est le corollaire de ces derniers mois sombres en matière de protection des droits de la femme. En effet, il ne se passe plus de jours où les personnalités publiques ne sont pas épinglées dans les dénonciations d’agressions sexuelles perpétrées à l’endroit des femmes. Le cri de colère des femmes n’est –il pas assimilable à un lance-pierre qui tente de tuer un fauve livré à lui-même (I) pour laisser une perspective sombre pour la transformation de la vie de la femme (II) ?

I. Unlance-pierre contre un fauve

« Féministes tant qu’il le faudra ! » L’épinglette des femmes du Québec en dit long sur l’état d’âmes des femmes en cette journée internationale de la femme. Jamais le féminisme n’a été aussi vivace et radical. En effet, ces derniers mois, la femme a fait l’objet de toutes les attentions à travers des agressions sexuelles dénoncées çà et là. Le féminisme reprend son sens politique. Le 19ième siècle est ainsi actualisé pour donner âme à un combat ancien, celui des idées. Etre féministe tant qu’il le faudra c’est refuser d’être un objet sexuel, c’est renoncer à être une remorque de satisfaction pour l’homme et les personnalités exerçant un pouvoir politique, culturel, social, financier ou économique.

La situation des femmes n’est pas reluisante dans le monde. Si en Afrique, l’agression sexuelle n’est généralement pas dénoncée, elle ne signifie pas qu’elle n’existe pas. On n’a déjà une idée du carnage sexuel en République Démocratique du Congo (RDC). De même que toutes les régions de l’Afrique où les organisations terroristes sèment la terreur. C’est le cas du Nord du Nigéria avec BokoHaram qui multiplie le rapt de jeunes filles à des fins de satisfaction sexuelle. Dans le même sillage, l’Amérique et l’Europe ne sont pas du reste. On se souviendra du #MeToo, mot forgé en 2017 pour dénoncer les violences au pays de Trump. Bref, les droits des femmes sont dangereusement mis en cause. Et ce n’est pas une épinglette seule qui suffira à discipliner les fauves livrés à eux-mêmes qui abusent de l’appareil judiciaire pour ne pas répondre de leurs actes. Si le cri de cœur des femmes ressemble à un lance-pierre dressé contre un fauve, il aura tout de même le mérite de lui crever un œil. Aussi petites que sont les fourmis, rassemblées, elles peuvent faire tomber des fauves. Le chemin est jonché d’embûches. Il n’est cependant pas impossible. Avec un peu d’audace, la cause pourrait être entendue. La vigilance aidant, la conscience collective peut s’établir définitivement sur le droit des femmes. Rien n’est acquis. Tout est fragile. Comme en témoignent les manifestations aux Etats-Unis pour défendre le droit des femmes et dénoncer les propos de Donal Trump en janvier 2017. Antonio Guterres, le Secrétaire Général de l’ONU s’est fait l’écho de la colère des femmes. Aujourd’hui plus qu’hier, les femmes sont en situation précaire. Les chiffres des Nations Unies donnent du frisson : « L’écart de rémunération entre hommes et femmes est de 23 % à l’échelle mondiale. Il peut aller jusqu’à 40 % dans les zones rurales, et le travail non rémunéré que font de nombreuses femmes n’est pas reconnu. Les femmes occupent en moyenne moins d’un quart des sièges dans les parlements nationaux, et sont encore moins nombreuses dans les conseils d’administration. » Comment agir pour donner une perspective heureuse pour la transformation de la vie des femmes.

II. La transformation de la vie de la femme

La loi n’est pas la solution à tout mais elle est essentielle. Une révolution de mentalité, de conception et une réforme méthode des us et coutumes sont nécessaires pour mettre la femme au cœur de l’humanité. Il ne suffit plus de l’inscrire dans les textes de lois. Il faut agir, vite et bien. C’est de la responsabilité des organisations régionales d’abord. C’est pourquoi, il faudrait craindre déjà pour plusieurs centaines de milliers de filles qui vont subir dans la clandestinité l’excision dans les régions d’Afrique et d’Asie. L’heure est grave. C’est un enjeu d’humanité.

Combien de femmes et de filles ne sont pas banalisées quand elles portent plainte dans les commissariats d’arrondissement contre les violences qui leurs sont faites par des fauves humains enragés ? Que dire des entreprises privées installées le long des avenues des centres urbains où les atteintes sexuelles ont atteint un niveau intolérable ?

Dans le silence, les femmes subissent...mais jusqu’à quand ? Il faut surgir pour agir afin que cela cesse. Pour y parvenir trois axes sont à explorer.

Premièrement, il s’agit de donner un contenu juridique à la notion de la parité en l’examinent à l’aune de la compétence et de la promotion de l’effort. Les femmes une fois hissées ne montrent pas trop souvent de l’enthousiasme à la cause de la femme. Ce qui est une faute. En effet, elles appartiennent souvent à des gouvernements qui massacrent les droits des femmes sans qu’elles ne puissent poser des actes forts de désapprobation comme la démission par exemple. Il reste beaucoup à faire. La réforme du code électoral est une sphère à explorer avec efficacité ;

Deuxièmement, il nous semble nécessaire d’envoyer les filles et les garçons à l’école. Les pesanteurs sociologiques font que les filles abandonnent vite les classes. Les constitutions notamment africaines doivent organiser le maintien de la fille à l’école jusqu’au moins en Terminale. Plus nous aurons des femmes instruites mieux l’humanité sera sauvée.

Troisièmement, Il faut faire participer les femmes à tout le processus de développement local. Ainsi par exemple, comme l’Afrique est confrontée de plus en plus à des crises, il serait bien de faire participer assez de femmes à la conclusion des accords de paix.

Les réformes proposées n’auront de sens que si les leviers sociologiques de société sont en phase avec les principes d’une croissance économique soutenue. Il ne s’agit pas d’imposer de pratiques et de nouvelles croyances. Il s’agit de faire des mutations patientes et pédagogiques. Les conditions dégradantes de la femme ne sont pas des points positifs d’une civilisation qu’elle soit ancienne ou multiséculaire

Tauyé de Saint Herbert HOUNGNIBO
Expert en Droit International et Institutions Diplomatiques
htauye@gmail.com
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