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Editorial : La salubrité mise en veilleuse
Publié le mercredi 28 mars 2018  |  Fraternité




Il a donné l’impression d’être habité par de bonnes intentions. Mais ce n’était qu’une illusion. Au fil du temps, il a prouvé que tout ça était du leurre. Modeste Toboula, préfet du Littoral, s’est essoufflé en si bon chemin. Courant 2016, à son initiative, la ville de Cotonou était appelée à renouer avec les campagnes périodiques de salubrité. Tambour battant, la nouvelle a été portée aux habitants de la ville. Après avoir boudé pendant un certain temps, l’ex-maire a fini par faire contre mauvaise fortune bon cœur. Dans l’enthousiasme, le top de cette activité salvatrice a été donné. En présence du préfet en personne, la première édition a eu lieu le samedi 6 août 2016, la deuxième le samedi 3 septembre 2016 et la troisième le samedi 1er octobre de la même année. Apparemment, pour le préfet du Littoral, en seulement quelques éditions, cette campagne a rendu la ville de Cotonou complètement salubre à telle enseigne qu’il est apparu superflu de poursuivre l’initiative.
Pourtant, l’une des vérités les plus partagées par tous, c’est l’insalubrité notoire dans laquelle végète la commune de Cotonou depuis des lustres. Vitrine du Bénin, la cité cosmopolite ne fait pas plaisir à voir. Les grandes artères, les rues principales, celles secondaires et même les ruelles sont jonchées de déchets de toutes sortes. Les populations, surtout celles vivant dans les quartiers populaires et périphériques sont à la merci de la saleté. Les environs du marché international de Dantokpa, des quartiers Zongo, Vossa, Ladji, Sainte Cécile, Akpakpa Dodomè, pour ne citer que ceux-là, sont des exemples probants de l’insalubrité notoire dans laquelle végète la plus grande commune du Bénin. Que dire de nos berges transformées en de véritables dépotoirs ? La culture de la saleté est si poussée à Cotonou que les propriétaires terriens n’hésitent pas à remblayer leurs parcelles sises dans les marécages avec des tonnes d’ordures avant d’y ériger des constructions. La pertinence de l’instauration des campagnes périodiques de salubrité dans tous les quartiers n’est plus à démontrer.
A l’instar de Cotonou, les 76 autres communes du Bénin font face au même problème de malpropreté. Les Béninois ne se font pas prier pour rendre leur domicile agréable et propre. Mais dès qu’il s’agit de l’espace public, l’intérêt de la promotion de l’hygiène disparaît pour céder place au laxisme. C’est dire que le réflexe de la salubrité n’est pas le même selon qu’il s’agisse du domaine privé ou du domaine public. Pour beaucoup, l’abonnement aux structures de pré-collecte des ordures ménagères suffit amplement à assainir leur milieu de vie. Alors qu’il aurait fallu étendre les actes de salubrité domestique aux ruelles ou tout au moins à la devanture des maisons. Si les ménages accomplissaient spontanément ce geste tous les jours, les ruelles seront de fait propres et débarrassées de toute saleté. Mais il y a hélas encore beaucoup à faire avant que les populations n’adoptent ce réflexe. Des campagnes de salubrité régulières pourraient les aider à changer de mentalité et d’attitude.
Les élus locaux et communaux sur qui pèse la lourde responsabilité de l’assainissement de leurs territoires respectifs ne peuvent plus rester passifs. C’est à eux d’initier des activités de salubrité dans les villages et quartiers de ville de manière à susciter l’adhésion de leurs mandants. En donnant eux-mêmes l’exemple, ils sont à même d’induire un effet d’entraînement afin que cela rentre dans les habitudes. Si sous l’instigation des chefs de quartiers de ville par exemple, les populations sont mobilisées et encadrées, elles assainiront elles-mêmes leur environnement. Pour ça, pas besoin de lourds financements. Il suffit juste de susciter et de maintenir l’enthousiasme et tout le reste se fera. Cela n’a l’air de rien, mais il suffit d’un peu de bonne volonté pour donner naissance à cette dynamique locale qui fait tant défaut. Chez nous, nous avons tendance à tout attendre de l’Etat ou de ses démembrements, alors qu’il suffit de mettre la main à la pâte à une petite échelle, pour que tout change.
Moïse DOSSOUMOU
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