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Survenue des moustiques génétiquement modifiés : Le réseau Jinukun tire la sonnette d’alarme
Publié le jeudi 5 avril 2018  |  Matin libre




Le réseau Jinukun a organisé, mercredi 4 avril 2018, et ce, en partenariat avec Copagen, un Cour régional Afrique francophone sur le thème : « Les Ogm : l’expérience du Burkina-Faso et sur la survenue des moustiquesOgm ». Les travaux se sont déroulés au Codiam à Cotonou.

Ce cours entre dans le cadre de la lutte engagée depuis lors, par le réseau Jinukun, contre l’usage de Organismes génétiquement modifiés (Ogm) dans l’agriculture, l’élevage et dans l’environnement. Il vise à en croire le président du réseau, René Sègbènou, à mener des réflexions sur les politiques agricoles, à travers des plaidoyers pour la prise en compte de l’agriculture dans les politiques publiques, mais également sur l’agro écologie, comme solution endogène pour plus d’efficacité dans la lutte.

Mobilisation contre les Ogm

Plusieurs communications ont nourri le débatentretenu par les participants venus de la Guinée Bissau, de la Guinée Conakry, du Tchad, du Togo, du Niger,du Mali, du Sénégal, du Burkina-Faso et du Bénin. Selon, l’expert,Ali Tapsoba, le Burkina-Faso est le seul pays à expérimenter les Ogm en Afrique de l’Ouest. Cette expérimentation est essentiellement liée à des considérations politiques, avec le Chef d’Etat d’alors, Blaise Compaoré. L’entrée des Ogm sur le territoire burkinabè s’est opérée de façon discrète,a-t-il signifié, avec les premières expérimentations en 2001. L’information est protée à la connaissance du public en 2003 et en 2006, le parlement a voté une loi sur la biosécurité. Ce qui a suscité en 2007, une marche pacifique contre les Ogm. En 2008, les premiers Ogm du coton Bt seront commercialisés. A Mosantoles producteur sont été rassurés quant à l’augmentation du rendement et la réduction de la pénibilité du travail, mais très tôt, fait-il remarquer, le coton Bt en expérimentation a présenté des carences : résistances avec augmentation des traitementsen pesticides, mauvais rendement, fibres court.., et surtout, l’exigence de l’achat des semences, d’où le divorce entre Mosanto et l’interprofession du coton en 2014. Ce qui a suscité l’abandon du coton génétiquement modifié au Burkina-Faso. Une victoire rendue possible par les luttes menées par les experts africains avec le soutien de la société civile. Christian Legay s’est pour sa part penché sur les coûts liés à l’usage des Ogm.

Des moustiques Ogm

Le communicateur a également évoqué le cas de l’expérimentation des moustiques Ogm financée par la Fondation Bill et Milinda Gates pour lutter contre le paludisme. Cette pratique consiste à réduire l’anophèle femme, vecteur du paludisme. Mais les experts dénoncent un projet sans étude préalable et sujet à des dangers liés à la perturbation de la chaîne alimentaire, la production de nouvelles espèces résistant au traitement anti paludéen, la persistance et l’invasion par des insectes génériquement modifiés y compris le transfert horizontal de gènes, microbes pathogènes, infection et maladies et interactions entre insectes génétiquement modifiés. Il a fini ses propos en invitant à la mobilisation et à la solidarité autour de la question de la souveraineté alimentaire. Luc Djogbénou, Chef département santé et environnement à l’Institut régional de la santé publique, invite pour sa part, à adopter des mesures alternatives, notamment, à intensifier la lutte contre les moustiques, œuvrer à la réduction de la population des moustiques, réduire le contact entre l’homme et le moustique, impliquer les africains dans la lutte et tenir compte des réalités du terrain, améliorer les connaissances sur le principe qui sous-tend la technique de lâcher de mâle stérile d’insectes, et intensifier l’information sur l’historique de l’utilisation de cette technique dans la lutte contre d’autres maladies.

Thomas AZANMASSO
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