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Ouverture de la première session ordinaire parlementaire : Houngbédji invite les députés à la sagesse
Publié le mardi 10 avril 2018  |  Fraternité
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© Autre presse par DR
Me Adrien Houngbédji, président du parti le Prd.




Le président de l’Assemblée nationale, 7ème législature, Me Adrien Houngbédji, a procédé ce lundi 9 avril 2018 à l’ouverture de la première session ordinaire de l’institution pour le compte de l’année 2018. C’était à la faveur d’une cérémonie solennelle devant ses hôtes de marque à savoir le président de l’Assemblée nationale du Togo, Drama Dramani, le président de l’Assemblée nationale du Niger, Ousséini Tinni, et le président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, Alassane Sakandé. Il y a aussi les présidents des institutions de la République, les membres des corps diplomatique et consulaire, les membres du gouvernement, le haut commandement militaire, les anciens députés, et environs 77 députés sur les 82 que compte actuellement le parlement. Plusieurs discours ont marqué la cérémonie en question. Il y a eu les discours des présidents des Parlements frères et celui du président de l’Assemblée nationale du Bénin, Me Adrien Houngbédji. Dans son discours, le président Adrien Houngbédji, a mis l’accent sur le terrorisme qui sévit dans la sous région Ouest Africaine ; les enjeux de la session qui vient d’être ouverte avec l’étude des lois relatives à la réforme du système partisan, le code électoral, la représentation des femmes au Parlement, le Code de procédure pénale ; le rapport du Parlement avec le juge constitutionnel ; la fronde sociale, la lutte contre la cybercriminalité. A propos du rapport du Parlement avec le juge constitutionnel, le président Adrien Houngbédji, tout en portant un regard critique sur certaines décisions de la Cour constitutionnelle, a tenu à rassurer que la guerre des institutions n’aura pas lieu sous son mandat avec la ferme conviction que les décisions de ladite Cour sont sans recours. « …Notre second sujet de préoccupation en ce début de session, est celui de notre rapport à la Constitution et au juge constitutionnel. J’ai longtemps hésité à en parler. Si j’ai finalement pris le pari de le faire, c’est parce qu’il est de mon devoir d’en parler, ayant mesuré l’émoi provoqué en notre sein et en dehors par les dernières décisions de la Cour Constitutionnelle. Il est de mon devoir d’en parler parce que les décisions DCC 17-252 du 12-12-17 et DCC 18-075 du 15-03-18 impactent directement nos travaux. L’étendue des pouvoirs que s’est reconnu le juge constitutionnel, en a surpris plus d’un. Il me faut en parler pour prévenir les débats passionnés qui pourraient s’instaurer ici, soit qu’on approuve, soit qu’on désapprouve. L’effet le plus évident d’un tel débat serait d’ouvrir les hostilités entre institutions, facteur de déstabilisation de notre jeune démocratie. Et connaissant notre Pays, je sais d’expérience que les pyromanes sont embusqués, mettront de l’huile sur le feu, et que dans les prochaines semaines, les recours fuseront de partout et de nulle part, pour hâter cette déstabilisation. Si je devais paraphraser une célèbre chanson, je dirais….Devant cette perspective, je voudrais nous inviter à la sagesse. La Constitution est la clé de voûte, la loi fondamentale de notre pays ; nul n’est au dessus d’elle. Le juge constitutionnel est chargé de veiller à son respect. Certes nous découvrons qu’à l’occasion de son office, il peut même écarter une loi, tenir en échec le Règlement Intérieur, se substituer à la Constitution elle-même en l’interprétant. Ses décisions sont sans recours, car il est infaillible dans son interprétation. Nous ne le savions pas et il n’est pas sans intérêt, pour aujourd’hui et pour demain, que le juge nous le rappelle. Je nous exhorte donc à nous exécuter. Sans débat. La guerre des institutions n’aura donc pas lieu ici… », a déclaré le président Adrien Houngbédji.

Le soutien des actions du gouvernement en question
Depuis un certain temps, des voix s’élèvent pour peindre en noir la production législative de l’Assemblée nationale. Ceci, parce qu’il existe au sein de l’institution, une majorité de députés qui soutiennent les actions du Chef de l’Etat, Patrice Talon ; une majorité dont est membre le président, Adrien Houngbédji. Dans son discours, ce dernier s’est voulu rassurant. Pour lui, en démocratie, il est normal que dans un Parlement, les uns soutiennent le Gouvernement et prennent fait et cause pour le Chef de l’Etat tout comme il est normal que les autres, ceux de l’opposition, critiquent, dénoncent, fassent des contre-propositions. « …Il n’y a aucune ignominie à être dans un camp ou dans l’autre. Et dans un Parlement, tout peut se dire. Tout ! Sauf à respecter l’autre. Sauf à respecter les institutions. Sauf à éviter que les injures ne fusent, que les coups de poings ne pleuvent ou que les chaises ne voltigent. Ensemble, nous y avons veillé, donnant au fil des séances, à notre Parlement, l’image qui sied à une démocratie apaisée et enviée… », a dit Me Adrien Houngbédji.
(Lire ci-dessous les impressions de quelques députés et celle du Garde des sceaux, Joseph Djogbénou)

-Joseph Djogbénou, Ministre de la justice et de la législation
« …Le discours pragmatique, responsable et réaliste du président de l’Assemblée nationale est un discours qui appelle au travail… »



« …Premièrement, c’est un sentiment de fierté quand nous écoutons les messages que les présidents des Assemblées nationales du Togo, du Niger et du Burkina Faso ont adressés à travers la représentation nationale à l’ensemble de nos concitoyens. Ce sont des messages de responsabilité et cela témoigne de l’état d’esprit de nos voisins Ouest Africains, dans ce qu’ils considèrent que le Bénin a fait pour l’Afrique. Nous sommes un pays de grande démocratie et chacun le remarque. Nous allons faire en sorte que cette épopée se poursuive. Deuxièmement, le discours pragmatique, responsable et réaliste du président de l’Assemblée nationale. Je ne vais pas développer le contenu. Vous l’avez tous observé. Mais c’est un discours qui appelle au travail. Cette année est une année charnière. C’est quasiment la veille de l’organisation des élections législatives. Les points inscrits à l’ordre du jour vont dans ce sens. Il y a la réforme du Code électoral et la réforme du système partisan. Les débats empreints tout autant de responsabilité, sont aussi des débats politiques qui vont se mener. Nous espérons que le meilleur sera décidé pour notre pays. Je n’oublie pas la série des questions au gouvernement. Le gouvernement prendra sa part de responsabilité dans tout ce qui va se passer. Vous savez également que sont inscrits à l’ordre du jour de cette session, des sujets de grande importance pour le pays comme le Code de procédure pénale pour ce qui me concerne. C’est une grande réforme attendue depuis près de 20 ans. Nous espérons que la nouvelle loi sera adoptée au cours de cette session… »

Aké Natondé
« …Les discours ont été marquants… »


« …C’est une cérémonie habituelle consacrée par la Constitution de notre pays. Nous sommes venus pour l’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2018. Nous avons eu l’honneur d’accueillir plusieurs présidents de Parlements de la sous-région et je pense que ceci est la preuve de la diplomatie parlementaire efficace de cette 7ème législature. Les discours ont été marquants… »

- Député Abdoulaye Gounou (Majorité parlementaire)
« …Le président de l’Assemblée nationale a fait un discours assez poignant, équilibré et qui lui ressemble… »
« …Ce fut une belle cérémonie d’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale pour le compte de cette année. Nous avons été honorés par la présence des présidents de 3 Parlements ; ce qui témoigne que la coopération parlementaire est assez active. Le président de l’Assemblée nationale a fait un discours assez poignant, équilibré et qui lui ressemble. Il nous a invités à la sagesse parce que nous traversons une période très sensible… »

Robert Gbian
« …J’espère que la session qui vient de s’ouvrir va se dérouler dans de bonnes conditions… »



« …Vous savez que le président Adrien Houngbédji est un homme très pragmatique et qu’il dirige l’Assemblée nationale des mains de maître. Donc, il n’y a pas à s’inquiéter lorsqu’il dit qu’il n’y a pas de honte à être de la majorité ou de la minorité. Nous sommes tous des députés appelés à travailler ensemble. La preuve est qu’après les séances plénières, nous nous voyons dans la cour de l’hémicycle où nous sympathisons. Dans ce discours, le président Houngbédji a rassuré les uns et les autres. J’espère que la session qui vient de s’ouvrir va se dérouler dans de bonnes conditions. Ce sera des moments où nous allons étudier la proposition de loi sur le système partisan, le Code électoral. Ces moments seront très difficiles. Par rapport à l’installation des membres du Cos-Lépi, le Parlement désignera bien ses membres puisque nous ne sommes pas au dessus de la Constitution. Comme il a eu à le dire, l’on peut se tromper, mais on est dans l’obligation de se conformer aux décisions de la Cour constitutionnelle… »

Gildas Agonkan
« Le président l’a rappelé (...) Nous allons nous atteler à l’installation des membres du Cos-Lépi dans les conditions et les formes requises par le Règlement intérieur et conformément à la Constitution… »
« …Je crois que le Président Houngbédji est resté fidèle à sa démarche. Vous savez qu’il y a beaucoup de choses qui se disent dans l’opinion, mais qui sont en contradiction flagrante avec le comportement du président Houngbédji dans la gestion de l’action parlementaire. Vous avez vu, c’est avec élégance qu’il a dit qu’aucune institution n’est au-dessus de la Constitution et que par conséquent, le Parlement ne fera pas dos aux décisions de cette Cour. On s’exécutera comme la Cour l’a demandé, mais toujours en fonction de notre Règlement intérieur. Le président l’a rappelé. Il dit que ce qui est important, ce sont les institutions et non les hommes. Jusqu’à présent, toutes les décisions qui sont venues de la Cour constitutionnelle sont exécutées par le Parlement. La décision qui a fait polémique, c’est la question du Cos-Lépi. Nous allons nous atteler à l’installation des membres du Cos-Lépi dans les conditions et les formes requises par le Règlement intérieur et conformément à la Constitution. Le Président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, l’a martelé malgré toute la polémique qui a cours sur sa personne. Notre mandat tend vers sa fin et il y a un certain nombre de dossiers que nous devons aborder comme le système partisan et le Code électoral. Nous souhaitons que Dieu puisse nous éclairer, puisque nous légiférons pour nous-mêmes et pour le peuple. C’est une mission sacerdotale. Et comme le Président l’a dit, nous sommes comme des juges. Nous avons besoin de la sagesse des juges pour légiférer pour l’opinion et pour le peuple et par conséquent, nous devons souhaiter que le Seigneur puisse nous éclairer dans nos décisions. Une législation qui s’isole des aspirations du peuple est une législation vaine. Je souhaite que quel que soit ce que nous allons faire ici, quelles que soient nos contradictions, quelles que soient nos inimitiés, l’intérêt supérieur de la Nation gouverne nos décisions. Nous rentrons dans un processus de relecture du code électoral et de la charte des partis politiques, c’est des moments qui vont être parfois difficiles parce que les clivages politiques vont s’affirmer davantage et chacun de nous doit savoir raison garder pour que notre Parlement ne se transforme pas en un Parlement de rivalité, un Parlement de combat, de conflit, mais un Parlement au service de la Nation… ».
Propos recueillis par Karim Oscar ANONRIN
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