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La Presse du Jour N° 1994 du 18/10/2013

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Suspension du Procureur de la République : Gbènamèto limogé, le mystère reste entier
Publié le lundi 21 octobre 2013   |  La Presse du Jour


Le
© Autre presse par DR
Le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Cotonou, Justin Gbènamèto


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Précédemment considérée comme une rumeur au départ, la suspension officielle du procureur Justin Gbènamèto est intervenue dans l’après midi du vendredi 18 octobre 2013 avec effet immédiat. Il a passé service à son 1er substitut. Mais, au-delà de l’acte posé par le Chef de l’Etat, cette décision expéditive d’un homme qui a tant œuvré à ses côtés étonne les citoyens.
Beaucoup de Béninois pensent que le jus de l’orange étant tiré et trituré, il faut jeter le zeste à la poubelle. C’est a priori l’impression que donne la suspension du procureur de la République. Mais loin de porter une quelconque confusion dans les esprits, cette suspension invite non seulement à la réflexion, mais révèle les dessous de la collaboration avec Boni Yayi. Sinon, comment comprendre que sur de simples allégations faites de diatribes, de suspicions et de supputations, l’on relève de son poste quelqu’un qui, plus est un fonctionnaire de haut niveau du monde judiciaire et si dévoué à la cause de la justice, sans vérification préalable ? Si tant est que l’on avait cette décision à prendre, avait-on besoin de s’empresser de faire des publications dans des organes de presse pour présenter l’homme comme un corrompu à la solde d’une certaine mafia ? L’autre incompréhension dans cette histoire qui laisse transparaître une volonté de nuire, est relative à cette décision de suspension qui semble hâtive au regard du manque d’investigations qui entoure le dossier déjà en étude au Conseil Supérieur de la Magistrature (Csm). Le Csm a-t-il déjà fait faire les investigations qui s’imposent avant la prise de cette décision de suspension ? Ou, peut-être le collège de magistrats a-t-il su lire dans les attitudes du Président du Csm sa volonté manifeste d’en finir avec son humble serviteur d’hier ? Pourquoi cette hargne contre Gbènamèto qui a tout de même donné tout ce qu’il pouvait pour servir Boni Yayi ? Ou peut-être, le Patron croit-il que le procureur de la République est responsable des différents échecs judiciaires qui s’invitent à sa table ? Difficile à dire. Pour la plupart des citoyens, beaucoup d’ombres demeurent dans cette nébuleuse. Toutefois, des esprits malins, malgré les preuves qui sous-tendent une affaire de vente d’immeuble, trouvent un quelconque rapport entre Talon que le procureur tente vainement d’extrader vers le Bénin et lui-même. Ce qui est clair, la suspicion est à son comble dans ce dossier. Tout compte fait, on se rend compte qu’il n’est pas aisé de collaborer avec le Chef de l’Etat. L’exemple de l’ancien procureur général près la Cour d’’appel de Cotonou Georges Constant Amoussou incarcéré est tout aussi évocateur que le cas du ministre Armand Zinzindohoué dans l’affaire Icc Services et consorts. « Quand on sert Yayi, on n’en récolte au final qu’amertumes, désolations et déchéance », a simplement indiqué un ancien député. Dans cette autre affaire montée de toutes pièces que d’aucuns voient venir des hautes sphères de l’appareil d’Etat pour peindre en noir un homme dont la probité et le zèle à servir ne sont plus à démontrer, on pourrait dire que Gbènamèto n’a rien fait pour mériter le sort qui lui est aujourd’hui réservé. « Ce canular n’existe que dans l’imagination de son principal géniteur », a simplement conclu un enseignant. Le désormais ex procureur de la République n’aurait fait que son devoir d’assistance à une parente dans le cadre de la cession d’un bien immobilier dont toute la traçabilité est facile à prouver. Mais comme sous la refondation, il est très facile de faire passer des vessies pour des lanternes, ce qui hier était colporté par dame rumeur s’impose aujourd’hui comme catalyseur d’une décision politique. On peut démettre Gbènamèto à tout moment, car comme tout agent, il s’y était préparé lui-même. Mais la méthode choisie est bancale et inélégante. C’est du moins la conclusion que des citoyens approchés tirent dans leur grande majorité.
Junior Fatongninougbo

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