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Amélioration Du Climat Des Affaires Au Bénin : “Doing Business ” Plombe L’appel De Talon Aux Investisseurs

Publié le dimanche 4 novembre 2018  |  Matin libre
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© Présidence par DR
Visite de travail du chef de l`Etat, Patrice Talon en Suisse
Mardi 22 mai 2018. Visite de travail du chef de l`Etat en Suisse à l`invitation de mon homologue S.E.M. Alain Berset, Président de la confédération Suisse.
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Depuis Berlin, en Allemagne, où il a pris part en début de semaine au Sommet du G20 sur l’investissement et au G20 Compact avec l’Afrique, le chef de l’État béninois a saisi l’opportunité à lui offerte à la tribune pour tenter de convaincre les investisseurs étrangers notamment ceux allemands sur les raisons qu’ils ont d’investir au Bénin. Malheureusement, 24 heures après, pendant que la communication gouvernementale célébrait ce marketing apparemment réussi de Patrice Talon devant les géants du monde, ”Doing Business”, le Rapport annuel de la Banque mondiale tombe et montre le Benin dans une dégringolade quant au climat des affaires, de façon globale.

Le Rapport Doing Business affiche chaque année, après évaluation, les performances des réformes entreprises par 190 États pour améliorer le climat des affaires. C’est donc un bon baromètre pour les investisseurs. Pour ce qui est des performances du Bénin, il faut souligner que de la 151ème place en 2018, l’édition 2019 du Rapport publié le 31 octobre 2018, classe le pays de Talon au 153 ème rang. Soit une régression de deux places. Dans le présent Rapport, le Kenya, le Rwanda, la Côte d’Ivoire et le Togo sont les quatre économies qui ont les plus évolué en Afrique subsaharienne où 107 réformes ont été adoptées en 2018. Une étude comparée des pays de la sous-région notamment de la zone Uemoa, classe la Côte d’Ivoire (122è), le Togo (137è), le Sénégal (141è), le Niger (143è), le Mali (145è), le Burkina Faso (151è) devant le Bénin (153è) qui, lui vient avant la Guinée-Bissau (176è). Dans l’espace Cedeao, par contre, ce sont les États du Ghana (114è), de la Côte d’Ivoire (122è), du Cap- vert (131è), du Togo (137è), du Sénégal (141è), du Niger (143è), du Mali (145è), du Nigéria (146è), de la Gambie (149è), du Burkina Faso (151è) et de la Guinée (152è) qui dament le pion au Bénin (153è). Suivront la Sierra Léone (163è), le Libéria (174è) et la Guinée-Bissau (175è). Mais il convient de le souligner que le Togo a fait un bond de 19 places cette fois-ci et devient le 6 ème Top performer en terme d’économie réformatrice au monde, 2ème Top performer en Afrique après le Rwanda et le Top performer de l’Uemoa. Certes, en Allemagne, Patrice Talon a vanté la stabilité du Bénin et séduit peut-être Angel Merkel et les investisseurs du G20: << (…) mon Gouvernement a, depuis avril 2016, mis en œuvre des réformes majeures qui concourent à faire du Bénin, l’un des espaces les plus favorables à l’investissement privé étranger. Il s’agit notamment : de l’ assainissement du cadre macroéconomique et de la gouvernance permettant désormais au Bénin de disposer d’un cadre macro des plus stables avec l’appui du FMI, de l’amélioration de l’environnement général des affaires, consistant entre autres à la simplification et à la rationalisation du cadre global d’intervention du secteur privé, de la réforme du marché du travail, du renforcement du secteur énergétique, et de la sécurisation de la propriété foncière.

De manière concrète, nos actions ont permis de moderniser, dématérialiser et simplifier l’ensemble des formalités administratives, fiscales et douanières. Une nouvelle loi sur les conditions d’embauche dérégule désormais le recrutement et simplifie la rupture du contrat de travail. Aujourd’hui, les entreprises ont la possibilité de recruter sur contrat de travail à durée déterminée renouvelable quasi indéfiniment. Le montant des indemnités à payer en cas de licenciement est plafonné à neuf mois de salaire, quel que soit le motif du licenciement. Nous venons également de mettre en vigueur une réforme du droit de grève qui limite la durée totale des grèves à 02 jours maximum dans un même mois et à 10 jours maximum par an. Ces mesures difficiles sur le plan social sont indispensables pour l’investissement privé. Convaincu, que la disponibilité d’une main d’œuvre locale bien formée et à un coût compétitif est un élément important de compétitivité, nous avons lancé une réforme complète de notre système éducatif afin de rendre disponible à court terme la main d’œuvre qualifiée nécessaire. Disposer de l’énergie de qualité à un coût raisonnable est une condition préalable à la mise en œuvre de toute politique de transformation structurelle de l’économie. A cet effet, notre programme de renforcement de capacités énergétiques nous permettra d’atteindre à très court terme, l’autonomie énergétique et d’exporter notre production à travers le marché régional de l’énergie électrique. (…) La mise en œuvre satisfaisante de ces réformes témoigne à juste titre, de notre volonté et de notre engagement à coopérer avec le secteur privé en général et les partenaires allemands en particulier.Je vous invite donc à explorer les nombreuses opportunités qui se dégagent actuellement au Bénin, aussi bien dans les secteurs de l’agriculture, du tourisme, des infrastructures que de l’énergie et bien d’autres encore>>.

Mais à y voir de près, il semble que ce n’est pas encore ça. En tout cas, ceux qui ont les meilleurs outils pour apprécier l’environnement des affaires affirment indirectement à travers l’incontestable Rapport 2019 de Doing Business, que le gouvernement du Bénin doit faire encore plus d’efforts dans ses réformes engagées. Il va falloir se saisir rapidement donc du Rapport, le décortiquer en essayant d’améliorer ce qui n’a pas marché que de chercher à faire une propagande constipante autour. Surtout qu’il y a deux semaines, on ne sait pour quels objectifs, l’on est revenu dans une large communication, en semant la confusion au sein de l’opinion publique nationale et internationale, sur le Rapport Doing Business passé qui faisait gagner 4 places au Bénin (155e au 151e rang). Alors, à vos marques, prêts, partez! Au travail pour de belles performances dans le prochain Rapport pour non seulement rassurer davantage l’investisseur, mais surtout pour qu’il n’ait de raisons à préférer investir son argent au Rwanda, au Togo, au Niger…, plutôt qu’au Bénin.

Worou BORO
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