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Hauts emplois techniques de la fonction publique : Les patronages politiques continuent malgré les textes
Publié le mercredi 30 octobre 2013   |  L`événement Précis


Martial
© Autre presse par DR
Martial Sounton, Ministre du Travail, de la Fonction Publique, de la Réforme Administrative et Institutionnelle, Chargé du Dialogue Social


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Quatre (4) novembre 2009. Le Conseil des ministres a approuvé la communication n°1360/09 du Ministère de la Réforme administrative et institutionnelle. Il s’agit du « Guide et outils pour les nominations aux hauts emplois techniques ». En 2013, soit quatre (4) ans après, le tout premier cadre a été nommé conformément à ce nouveau système de dotation des hauts emplois techniques.

Son nom, Daniel Adjé-Chabi, Directeur des Hauts Emplois Techniques en poste au Ministère du Travail, de la fonction publique, chargé de la réforme administrative et institutionnelle. Désormais investi dans ses nouvelles fonctions, celles de préparer et de suivre les dossiers des candidats aux nominations aux hauts emplois techniques, il explique la nouvelle procédure: « Le nouveau mécanisme de nomination auquel j’ai été soumis exige que les nominations aux hauts emplois ne soient plus faites sur la base des parrainages politiques. Tout candidat à ces 282 hauts emplois décrits dans le « Répertoire des hauts emplois techniques » doit pouvoir déposer un dossier d’appel à candidature.

Une fois le dossier déposé, il fera l’objet d’une étude de présélection par un Comité ad’ hoc installé par le ministre qui veut pourvoir au poste vacant. Après l’étude des dossiers, les trois meilleurs candidats sont présélectionnés et sélectionnés et le rapport des travaux est fait à l’organe de suivi de l’exploitation du Répertoire des hauts emplois techniques de la fonction publique » présidé par le Secrétaire général du gouvernement.

Cet organe de suivi apprécie la conformité du profil du candidat aux prescriptions du répertoire et émet un avis consultatif. Le dossier est alors renvoyé au Ministère concerné qui le transmet au Conseil des ministres qui procède à la nomination ou au rejet de la proposition de nomination», explique Daniel Adjé-Chabi. Des parrainages politiques rendent inefficace l’administration publique et ne facilitent nullement l’amélioration continue des performances et de la qualité des prestations des services publics. Un constat fait depuis les états généraux de la fonction publique et de la modernisation administrative organisés à Cotonou du 12 au 16 décembre 1994.

Dans le document-cadre élaboré au sortir de ces assises, il est clairement mentionné à la page 25, au point 3 des travaux de cette rencontre que « la culture administrative actuelle est fondée sur « le patronage » (système des protections politiques) et non sur le mérite ; de ce fait, elle n’est nullement orientée vers l’amélioration continue des performances et de la qualité des prestations des services ». Mieux, selon les explications données dans le « Guide et Outils pour les nominations techniques » cette réforme vise quatre valeurs, à savoir, la transparence, la compétence, l’intégrité et le résultat. Des valeurs qui sont inscrites au chapitre 6 de la « Charte nationale pour la gouvernance du développement du Bénin ». Pour le Directeur des Hauts emplois techniques, Daniel Adjé-Chabi, l’objectif principal visé par le gouvernement en instituant ce nouvel outil de nomination est « de dépolitiser l’administration publique en assurant l’adéquation profil/poste ».

Toute chose qui, selon ses explications, permettra de mettre fin aux parrainages politiques dans les nominations aux postes techniques qui rendent l’administration inefficace, selon ses dires. Des dysfonctionnements qui, selon lui, mettent en cause l’administration de développement que prône la Charte nationale pour la gouvernance du développement du Bénin au point cinq (5) du Chapitre 6 lié aux engagements. Il y est clairement stipulé : « Mettre en place, une administration républicaine et performante dirigée et animée par des femmes et des hommes intègres en toutes circonstances, qui se réfèrent à un système de valeurs et des principes qu’ils sont prêts à incarner, à promouvoir et à imposer comme normes et règles de conduite à tous les niveaux de la société béninoise en général et de l’administration en particulier ».

Des résistances à l’application de l’outil

« A vrai dire, la mise en application du nouveau système peine toujours. Car, à ce jour, nous sommes à moins de 1% de réalisation dans les Ministères », confesse Daniel Adjé-Chabi. Faisant le point par Ministère, il indique que quatre (4) sur 27 ont pourvu leurs postes techniques vacants conformément aux exigences du nouveau mécanisme. Il s’agit du Ministère de la Réforme administrative et institutionnelle, du Ministère du travail et de la fonction publique, du Ministère du commerce, des petites et moyennes entreprises ainsi que du Ministère d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Mais ce dernier, précise le Directeur des hauts emplois techniques, « a partiellement appliqué le système en ce sens qu’il a procédé directement à la nomination juste après l’étape de sélection des trois meilleurs candidats ».

Une situation qu’il justifie par le manque de volonté de certains ministres de s’approprier l’outil malgré les différents séminaires organisés à leur intention et les diverses lettres d’information et de sensibilisation qui leur ont été envoyées. C’est un avis que partage également le Directeur des ressources humaines de l’ex-Ministère de la Réforme administrative et institutionnelle, Marcellin Sotohou, lui aussi nommé conformément au nouveau système de dotation des hauts emplois techniques.

«Selon les informations qui nous sont parvenues, il y a des ministres qui s’opposent même à ce nouveau mécanisme de nomination. Ils veulent continuer à placer de façon politique les leurs aux postes techniques. En clair, il y a de la résistance », révèle-t-il avant d’inviter les acteurs politiques, notamment les ministres à s’approprier l’outil. Ce qui permettrait, aux dires de Marcellin Sotohou, de sortir l’administration béninoise de sa léthargie. « A partir de ce moment, notre administration deviendra tout simplement une administration de développement », assure-t-il.

Donatien GBAGUIDI

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