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Art et Culture

Kismath BAGUIRI réalisatrice Béninoise au sujet du film « SURU » : « Je voulais parler des traitements que subissent les domestiques dans les foyers »

Publié le jeudi 29 aout 2019  |  Fraternité
Kismath
© aCotonou.com par DR
Kismath Baguiri, directrice de l’Association Terre d’Ebène, promotrice du Ciné 229 Awards, Jeune réalisatrice, scénariste et actrice de cinéma
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Directrice de l’Association Terre d’Ebène, promotrice du Ciné 229 Awards, Jeune réalisatrice, scénariste et actrice de cinéma, Kismath Baguiri va procéder au lancement de son premier court métrage ce 31 Août à Canal Olympia de Wologuèdè. A travers cette interview, elle nous parle de ce court-métrage qui fait aujourd’hui l’actualité du 7ème art.
Vous vous apprêtez à lancer officiellement votre court-métrage. De quoi s’agit-il ?
« SURU » qui est le titre du film, raconte l’histoire d’une jeune domestique qui subit les mauvais traitements de sa patronne et qui malencontreusement fait une bêtise un beau jour (la bêtise de plus). A la suite de cette bêtise, la patronne décide de la renvoyer. Mais le délai de ce renvoi fut raccourci, justement à cause d’un autre petit problème qu’il y a eu. La thématique principale qu’aborde ce film, c’est la violence faite aux femmes mais par les femmes.

Pourquoi avoir réalisé sur la thématique de la femme ?
A la base, ce n’est pas comme si je me focalisais sur cette thématique et que je voulais vraiment parler de violence faite à la femme : non ! Je voulais faire un film qui parle aux femmes. Je voulais parler des traitements que subissent les domestiques dans les foyers et surtout ceux infligés aux domestiques par les patronnes. Vous savez bien comme moi que la plupart des problèmes rencontrés par les domestiques sont souvent engendrés par les mères de famille même si par moment, on le constate aussi chez les hommes. Et parce qu’on parle beaucoup de violence dernièrement, j’ai voulu passer un message. Un message pour dire et faire comprendre aux gens que ces domestiques là aussi sont des êtres humains, ce sont des enfants d’autrui qui ont un amour propre et qu’il fallait y aller molo molo avec ces personnes. Elles travaillent pour eux. C’est en quelque sorte le but de cette réalisation. Et j’espère qu’au travers de ce film, les gens comprendront dorénavant qu’on peut fonctionner autrement. Traiter ces domestiques autrement parce que, de toute façon, chaque acte a ses conséquences. Pour des actes purement positifs, on peut s’attendre à des conséquences positives et quand c’est le contraire, il faut s’attendre aussi à des conséquences du genre. En tout cas, je pense que le message sera perçu et comme le titre l’évoque au premier abord, « SURU » c’est la patience – pour dire à tout le monde qu’il nous faut beaucoup de patience maintenant (sourire).

Qu’en est-il du lancement ?
Le lancement du film « SURU » est pour le 31 Août 2019 à partir de 17 heures à Canal Olympia Wologuèdè. Actuellement, nous procédons à la vente des tickets. Les tickets sont déjà disponibles depuis quelques jours, donc on demande aux gens de les acheter. Ils ne coûtent que 2000f CFA. C’est aussi le moment pour nous de dire aux gens de sortir et de venir voir le travail formidable que font les jeunes béninois dans le domaine de la cinématographie aujourd’hui et on attend vraiment que tout le monde sorte ce jour-là pour regarder le film.

Quel est l’avenir de ce film ?
Après cette étape, le film sera inscrit à plusieurs festivals. Il est d’ailleurs en sélection officielle sur le FIFF-Cotonou (Festival International des Films de Femmes de Cotonou), ensuite il va participer à d’autres festivals dans le monde. On pensera aussi à la carrière, c’est-à-dire à le montrer dans d’autres villes du Bénin puisque évidement, le Bénin n’est pas seulement à Cotonou. On a envie de le montrer aux gens dans le fond du pays, faire peut-être une tournée pour que le message aille bien loin.

Quelles sont vos autres réalisations ?
J’ai réalisé des courts-métrages comme « Health war » qui parlait des conséquences de la grève dans le domaine de la santé, « Game over », la série « Ting Tang ». J’ai participé également à d’autres tournages en côte d’Ivoire, Togo et un peu partout. « Suru » est donc mon tout dernier court-métrage de 26 min qui sera en avant-première.

Vos attentes par rapport à ce film ?
Qu’il participe à beaucoup d’autres festivals et remportent beaucoup de prix.

Votre mot de la fin
Je dis un grand merci pour l’attention que ce public nous porte. C’est le moment de venir soutenir notre travail, de venir voir ce que nous faisons, ce que les jeunes cinéastes du Bénin font afin de constater que c’est possible. C’est bien possible, j’y crois.
Propos recueillis par : Marina HOUNNOU(Coll.)
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