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Editorial : Merci à l’amnistie !

Publié le lundi 11 novembre 2019  |  Fraternité
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© aCotonou.com par DR
La prison civile d’Akpro-Missérété
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Angelo DOSSOUMOU

Des actes de paix pour panser les plaies…Dans cette dynamique, le dialogue politique a accouché d’une loi d’amnistie. Aussitôt promulguée, elle est appliquée. Conséquence, 63 personnes impliquées dans les violences électorales ont, en fin de semaine dernière, recouvré leur liberté. Sans doute heureux de rentrer chez eux et résolument tournés vers l’avenir pour des défis plus probants. Quoi qu’on dise, ce bonheur perdu et enfin retrouvé par ces citoyens, découle d’abord des pourparlers entre les différentes composantes de la classe politique. D’ailleurs, sans dialogue, il ne saurait y avoir de doléances avant de parler de conciliation et d’entente. Fort heureusement, des délégués présents au Palais des congrès pour le dialogue politique ont unanimement fait de l’amnistie aux personnes impliquées dans les violences électorales, un préalable.
Et donc en dehors des 63 prisonniers dont la libération a été autorisée par le Procureur de la République, il y a un leader politique, également bénéficiaire de l’amnistie dont le sort focalise l’attention. Aux dernières nouvelles, le président Boni Yayi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne tardera plus à retrouver la terre de ses aïeux, ses proches et ses soutiens. Du moins, c’est le souhait de tous et singulièrement de son successeur Patrice Talon. Car, sans vouloir se mentir, il est l’un des acteurs majeurs de la crise qui a eu raison de la stabilité de la démocratie béninoise. Et sans cette loi d’amnistie et son retour au pays, il est clair que la paix au Bénin serait un vain mot.
Cependant, je persiste à croire que même s’il est important de pardonner, rien ne vaut la vérité. Sur ce point, ces non-dits resteront à jamais, la plus vilaine des taches dans l’histoire de l’enracinement de notre démocratie. A ce sujet, ma plus grande préoccupation ce ne sont ni les prisonniers ni les exilés qui ont encore la chance de repartir sur de nouvelles bases. A vrai dire, sur le chemin de la paix, pour ne pas faire les choses à moitié, il faudra des gestes forts de l’Etat à l’endroit des victimes collatérales des violences électorales.
Mis à part ce détail à régler, exigeons des acteurs politiques que dorénavant, ils nous épargnent des faux-fuyants. En fait, à l’orée des communales, le dialogue politique a également obtenu l’amendement des lois électorales querellées. Pour la paix, des garde-fous auraient été placés afin qu’à des niveaux donnés, des esprits malins n’utilisent plus nos lois pour exclure. En principe, on devrait se réjouir que tout est mis en œuvre pour en finir avec les frustrations et circonscrire le mal. Alors, c’est le moment de nous dire que c’est l’amnistie de trop et que les prochaines élections témoigneront de la bonne foi de toutes les parties jusqu’ici en conflit politique.
Pour finir, on peut noter, avec plaisir, que le dialogue politique avec déjà une loi d’amnistie appliquée a servi à apaiser des cœurs. Mais, assurons-nous que nos acteurs politiques, pour leurs intérêts égoïstes, ne retombent dans leurs travers et jouent avec nos nerfs. Après tout, quand ça dégénère, ce sont les pauvres populations qui paient les pots cassés. Pour les privilégiés, l’amnistie n’est jamais loin. Et donc, prenons garde.
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