Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Le Maire de la commune d’Adjohoun, Roland Da Hefa, « sous l’arbre à palabre à L’évènement précis : «Adjohoun a de fortes potentialités non révélées»

Publié le mercredi 15 janvier 2020  |  L`événement Précis
Roland
© aCotonou.com par DR
Roland Da Hêfa, Maire de la commune d’Adjohoun
Comment


Le maire de la commune d’Adjohoun, Roland Da Hefa est le 136ème invité de la rubrique « Sous l’arbre à palabres » du quotidien l’Evénement Précis. Plus jeune maire au Bénin, il imprime depuis six mois sa marque à l’administration communale et aux questions de développement à la base. Sous l’arbre à palabres, l’invité a révélé les potentialités et les priorités au niveau de la commune d’Adjohoun. Homme politique désormais acquis pour la cause du Bloc Républicain, Roland Da Hefa ne cache pas sa satisfaction vis-à-vis de la gouvernance du Président Patrice Talon.

Et si on en parlait

Vous venez de faire 6 mois à la tête de la mairie d’Adjohoun. Alors, comment se porte-t-elle?
La commune se porte très bien. La mairie d’Adjohoun est un havre, un vivier de paix avec un beau paysage. Tout va bien. Jusqu’il y a beaucoup de défis qu’il faudra relever en termes d’infrastructures socio-communautaires pour impacter davantage le mieux-être des populations. Si non dans l’ensemble, la commune d’Adjohoun se porte très bien.

Pourtant votre avènement à la tête de la commune n’a pas été facile…
Déjà, je voudrais mentionner que je suis devenu maire à l’issue d’une élection bien organisée et supervisée par les structures indiquées en la matière, telles que le ministère de la décentralisation, la préfecture, la direction départementale de la police républicaine. Toutes ces structures étaient en salle le jour de mon élection. Ensuite, c’était un scrutin secret. Donc chacun des votants va dans l’isoloir et choisit en toute liberté le candidat de son cœur et met son bulletin dans l’urne. Et après, il y a eu un décompte public. C’est donc à l’issue d’un processus comme cela que j’ai pris le dessus sur mon vis-à-vis. Tout ce qui s’est passé après et dont vous êtes informés, c’est le jeu politique. Le jeu politique en ce sens que la commune d’Adjohoun était devenue à un moment donné, la chasse gardée d’un groupuscule qui régnait en maître sur la commune depuis l’avènement de la décentralisation en 2003. Après 16 ans de règne, il n’était plus possible pour eux que la gouvernance change de main. Et c’est ce changement qui n’a pas été accepté par ce groupe d’individus qui a suscité le tollé que vous avez suivi. Je pense qu’après le jeu, les choses se sont calmées d’elles-mêmes. Parce que tout a été transparent. Et j’ai été élu. Ce n’est ni une nomination, ni une désignation.

Certains estiment que c’est un jeu de pouvoir entre BR et UP…
On peut le leur concéder, car aujourd’hui à travers ma personne, c’est le Bloc Républicain qui a la gestion de la commune en main. Or jadis, c’était les Progressistes, en tout cas, depuis l’UTD, avec les différentes transformations, AND, jusqu’à l’Union progressiste, c’est le même clan. Et Adjohoun est une commune névralgique. C’est le cœur de la vallée. C’est la commune phare de la vallée. Ils estiment après tout ce qu’on a entendu que laisser cette commune leur échapper, c’est en quelque sorte régresser en termes de résultat politique sur le terrain.

Au regard de ces contestations, votre mandat n’est-il pas un défi personnel ?
Mon mandat est un défi personnel, mais pas au regard de ces contestations. Comme je vous l’ai dit tantôt, ce ne sont pas ces contestations qui conditionnent mon mandat parce que j’ai été élu légalement, et confirmé après par la Cour suprême. Donc, ces contestations sont pour moi des soubresauts, des bruits qui n’empêchent pas le poisson de dormir dans la mer. Par contre, c’est un défi en termes d’alternance. C’est aussi un défi pour le jeune parcours que j’ai.
Mon avènement à la tête de la commune d’Adjohoun témoigne d’une certaine soif des populations de voir les choses s’améliorer, de voir un changement. Et en tant que tel, c’est un défi.

Quelles étaient vos priorités quand vous preniez service ?
Avant d’être élu maire, j’officiais déjà au sein du conseil communal. Puisqu’il n’y a pas de nouvelles élections de conseillers, l’ancien ayant été élu député, on a réorganisé l’élection à l’interne. Je voyais déjà un peu la façon dont les choses se menaient et je puis vous dire que ce n’était pas bon à voir. Il fallait donc mieux décentraliser les choses et opter pour une gestion participative, puisque la subtilité de la fonction engage de compte rendu aux populations qui vous ont mandaté. Contrairement à d’autres postes politiques où vous rendez compte à votre supérieur hiérarchique, ici, c’est votre conscience et les mandants,. Donc, il fallait associer ces populations.
L’autrepriorité était le capital humain. Créer une administration locale, communale au service du développement.Vous ne pouvez pas en tant que moteur, en tant que leader, impulser des réformes si derrière, vos collaborateurs n’accompagnent pas. C’est comme votre dispositif ici par exemple. Etant un lecteur de votre organe, je me rends compte qu’il y a une certaine constance qui est gardée. L’organe est resté égal à lui-même et brave les défis du temps. Ce n’est pas par la seule personne du promoteur Agognon mais c’est grâce à son équipe et à son management. Nous avons travaillé dans ce sens globalement pour le bien-être des populations et redorer l’image de marque de la commune d’Adjohoun.
Pour la petite histoire, Adjohoun est, ce que les gens ne savent pas, l’une des premières communes du Bénin. Comment ? Quand vous remontez le temps, à la fin des royautés en 1896, il a été créé des cantons. Le premier canton était Abomey qui est en réalité la première commune du Bénin. Ensuite, il y a eu un deuxième canton qui est Porto-Novo. Et le 3ème canton qui a été créé dès 1903 était Adjohoun. Donc, Adjohoun est l’une des premières communes du Bénin. Ce n’est donc pas l’image qu’on a d’elle aujourd’hui qu’on devrait avoir. Adjohoun, c’était une très grande commune qui s’étendait de Dangbo à Zè ; c’est-à-dire que Dangbo, Aguégués et Bonou étaient des arrondissements d’Adjohoun. Elle incluait également la région Agonlin jusqu’à Kpédékpo et un peu à l’Est jusqu’à Sakété.
Le colon qui a commandé jusqu’à Porto Novo, c’est-à-dire tout l’Ouémé, représenté aujourd’hui par 9 communes, habitait Adjohoun. Il restait à Wadon, la résidence actuelle du maire d’Adjohoun. D’ailleurs, c’est à cette résidence qu’est née la femme de François Mitterrand.
Donc Adjohoun est une terre chargée d’histoire. Et c’est révoltant lorsque vous êtes fils d’Adjohoun et que le monde entier ne connait pas ces choses-là. C’est révoltant lorsque vous êtes d’Adjohoun et que les institutions, les structures idoines ne vous rendent pas cet ascenseur en termes d’infrastructures, en termes d’actions pouvant impacter votre commune.

Vous voulez dire que vous n’avez pas bénéficié d’asphaltage ?
Nous n’avons pas bénéficié d’asphaltage mais ce n’était pas une discrimination. Parce que j’ai fait la démarche vers le ministre pour négocier, et on nous a demandé un certain nombre de documents que nous n’avions pas. Et cela fait partie de mes priorités. Figurez-vous que le lotissement d’Adjohoun est bloqué depuis 2004. Le plus grand arrondissement d’où je viens, Azowlissè qui fait 22000 habitants, n’est pas du tout loti. Et lorsque je suis allé pour demander qu’on nous donne le projet Asphaltage, on m’a réclamé le plan d’urbanisation de la commune, parce que ce sont des investissements coûteux qui doivent durer dans le temps. Donc si on va vous mettre le bitume et que dans 6 semaines vous allez commencer par tout raser pour prédisposer les maisons là, je pense que ce n’est pas la peine.

Quel bilan peut-on faire de façon concrète, six mois après votre installation à la tête de la mairie ?
On ne devrait pas faire de bilan parce que six mois dans une gestion administrative, n’est rien. Je voudrais vous dire que pour lancer des travaux, les études seules vous prennent déjà six mois. Avec les services techniques, il faut monter le dossier, ce qui prend un mois si vous êtes rapide. Il faut ensuite lancer l’appel d’offres dans les structures indiquées, publier au journal officiel, ce qui peut prendre 90 jours, donc 3 mois, dépouiller et choisir au niveau de la cellule de contrôle des marchés publics, l’adjudicataire.Ce qui peut prendre 2 semaines à 1 mois, le notifier à l’adjudicataire, procéder à la remise de site, et autres. Les procédures sont parfois un frein mais, malgré ça, mon jeune âge et les défis personnels qui sont les miens en venant à cette fonctionnalité, m’ont permis de faire un don de soi, avec mon équipe. Ce qui nous permet aujourd’hui de projeter des choses.
A mon installation par le préfet le 17 juillet 2019, j’ai hérité d’un passif assez lourd et il fallait rapidement relever la pente. Il y avait 2 mois d’arriérés de salaires en plus du mois dans lequel j’ai été installé. A Adjohoun, la masse salariale représente environ 5 millions, soit4,8 millions. La commune d’Adjohoun, c’est 308 Km², 66 villages et 8 arrondissements. J’ai 66 chefs villages, 8 chefs d’arrondissements et chaque arrondissement a des unités et du personnel. Le compte qui devait me permettre de payer les gens était déficitaire. On m’a passé service avec 0 franc et ça faisait partie des mobiles qui sous-tendaient le grand bruit que les gens entendaient. Ils voulaient cacher cette gestion en imposant quelqu’un de leur camp à la mairie. Pis, le compte était déficitaire de trois millions et il faut ajouter ça aux arriérés de salaire des agents. J’étais installé le 17 juillet et il fallait organiser les festivités du 1er aout. Nous l’avons fait et nous avons eu des félicitations. Les sages et populations nous ont notifié que depuis l’avènement de la décentralisation, c’était la première fois qu’on organisait des festivités dignes du nom où le défilé civil a été pris en compte avec 12 tableaux. Ce qui n’avait jamais été fait par le passé. Nous avions organisé ce défilé en 10 jours.
J’ai ensuite travaillé pour que les travailleurs de la mairie envers lesquels je suis hyper exigeant pour atteindre mes objectifs, aient en retour, la quotepart de leurs sacrifices, de la sueur de leur front. Déjà en octobre, j’ai fait pied de grue et tout ce qui était de mon ressort en fermant les vannes de l’évasion fiscale pour, en deux mois de gestion, payer les arriérés de salaires. C’était la première action d’éclat, car personne n’y croyait. J’ai tout payé pour permettre à ces travailleurs qui, avant tout, sont des parents d’élèves, de faire face convenablement à leurs charges. Ils ont maintenu le cap et je pu vous assurer maintenant qu’entant que premier responsable communal d’Adjohoun et gestionnaire de la caisse communale, je ne dois rien aux agents de la commune. J’ai remis le tableau à plat. Ensuite, il fallait remettre l’administration au travail. L’organigramme que j’ai hérité ne permettait pas trop la chose. J’ai fait organiser une session extraordinaire et nous avons revu l’organigramme de la commune pour être en phase avec les normes. Nous avons poursuivi avec les travaux et il fallait sauvegarder certaines subventions que nous avons reçues de l’Etat. Au niveau des communes, la pratique fait que les gens ne travaillent pas assez et à la fin de l’année, on retourne beaucoup d’argent à l’Etat central. C’est vrai que les procédures sont lourdes et assez complexes. Nous nous sommes donc mis à la tâche pour relancer un certain nombre de dossiers. C’est le lieu de remercier mon personnel, les élus communaux, surtout le préfet Joachim Apithy qui a compris ma dynamique, qui l’a épousée et qui jouait convenablement son rôle par son apport. Ce qui nous a permis de lancer un certain nombre de marchés de réalisations d’infrastructures qui, à terme, vont améliorer le quotidien des populations.
En décembre2019, nous avons lancé une demi-douzaine de chantiers notamment la construction du siège du deuxième plus gros arrondissement d’Adjohoun, Gangban. Nous avons mobilisé toutes les ressources et suivi toutes les procédures nécessaires en la matière pour son lancement. Depuis 2015, le chef de l’arrondissement de Kodé recevait les populations sous le manguier parce que l’ancien siège était devenu le fief des chauves-souris et personne ne pouvait y accéder. Nous avons mobilisé les ressources, suivi toutes les procédures idoines en la matière pour lancer la restauration du siège de cet arrondissement qui a été fait. Normalement, celui qui a contracté le marché devrait le réaliser en deux mois mais, avec le suivi et la rigueur qui nous caractérisent, le chantier a été livré en trois semaines. Le chef de l’arrondissement a retrouvé le sourire mais, m’a confié que c’est en fin de mandat qu’il a retrouvé le local qui devrait être le sien. Aujourd’hui, les populations ne sont plus reçues sous les manguiers, les documents administratifs qui étaient laissés aux intempéries sont rangés. Nous avons lancé la réhabilitation de l’école d’Akpadanou où les enfants recevaient les cours sous les arbres et d’ici quelques mois, ces classes devraient être totalement opérationnelles.

Vous avez pu finir les fonds Fadec ?
Ce n’est pas possible. Quand j’ai pris service le 17 juillet, j’ai reçu une mission Fadec le 30 juillet, qui avait à charge de rappeler chaque commune à l’ordre et quels risques on courait en ne consommant pas les crédits. En ce moment, Adjohoun était 75ème sur les 77 communes avec un taux de consommation qui tournait autour de 17% au 30 juillet. Aujourd’hui, je peux vous dire que nous avons essayé de relever ce taux avec les marchés que nous avons pu sauver au prix de sacrifices.

A quand le lotissement à Adjohoun ?
Ceci fait partie de nos priorités en 2020. J’ai mené des démarches dans ce sens et c’est pour bientôt. Avant la fin de notre mandat transitoire que nous gérons, le lotissement à Adjohoun sera effectif. Toujours en termes de bilan, retenez que ce que nous recevons de l’Etat comme fonds Fadec représente le dixième des besoins. Que faire alors du gap des 9/10. C’est ce qui fait courir certains maires à mettre un pied d’accélérateur sur la coopération décentralisée et à ce jour, Adjohoun n’a pas de coopération décentralisée. Il n’y a pas de jumelage entre Adjohoun et d’autres structures qui pourraient l’aider à se développer. J’ai mis un point d’honneur sur ce volet et à notre prise de service, nous avons fait la promesse de révéler la commune, montrer au monde entier ce qu’est Adjohoun et attirer les investisseurs vers la commune.
En octobre, j’ai fait en sorte que le secrétaire général de la mairie aille dans une mission de prospection en France. On a vu juste en le faisant parce qu’elle a accouché de bonnes notes. A fin mars, je dois partir pour Nantes avec le préfet et certains élus pour la signature de notre premier accord de collaboration entre la région de Loire-Atlantique et Adjohoun. Par ailleurs, j’ai fait une mission européenne entre la France et la Belgique, à mes frais au regard des problèmes de ressources qu’il y a eu à ma prise de services, pour aller faire du marketing communal, vendre l’image de la commune. J’ai été au niveau de certaines municipalités en France comme en Belgique pour que les gens puissent commencer par inscrire Adjohoun quelque part dans le coin de leurs bloc-notes et être disposés à créer une collaboration qui va nous permettre de tirer profit de ce qu’ils ont déjà eu à réaliser en termes d’avance.

Vous êtes le plus jeune maire de cette mandature donc la chance de changer l’image de la jeunesse dans la gestion publique, n’est-ce pas une contrainte ?
L’ancien président américain John Kennedy a dit : «Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays». Si vous suivez sur les réseaux sociaux et par d’autres canaux, la jeunesse se réclame au pouvoir et veut participer activement à la chose publique. Donc loin d’être une contrainte, c’est une opportunité, une chance que la jeunesse doit saisir à travers ma modeste personne et prouver qu’elle peut, en mettant déjà de la rigueur ensuite en prônant une gestion transparente et en engrangeant des résultats par des actes palpables. Ce n’est qu’à ces conditions-là que derrière d’autres jeunes auront la chance d’accéder facilement à des postes de responsabilité. On dira qu’on n’y croyait pas mais qu’à telle époque, telle personne a essayé de faire telle chose durant son mandat. Nous travaillons à apporter à travers nos actes la preuve que nous sommes issus d’une jeunesse capable.

Une jeunesse capable dans un environnement au village confronté aux réalités endogènes, comment vous faites face à cette réalité ?
C’est une question intéressante parce qu’honnêtement il ne faut pas occulter cela. C’est de chez nous, mais déjà à la base moi j’ai une culture spirituelle assez forte et je pense que de tout temps si vous mettez en rivalité la lumière et l’obscurité, c’est la lumière qui transcende toujours. Le plus important c’est votre conscience, c’est vous même. Faites en sorte de ne pas avoir des dettes vis-à-vis de la nature. Et ça c’est notre première couverture. Quand les gens viennent dans la mairie d’Adjohoun. Ils nous disent mais Adjohoun c’est une charge lourde à porter comment tu fais ? Je m’arrange pour ne pas aller compétir sur les mêmes terrains que les forces du mal. Donc on n’est pas du même niveau, ils sont là-bas et je suis ici. Mais en termes d’attitude, en termes de comportement sur le terrain j’essaye d’être prudent. Et on met dans la prudence certains actes. J’ai parlé tout à l’heure de copine, de femme, c’est déjà ça. Je suis à Adjohoun je suis maire je ne suis pas à Adjohoun pour exercer mon autorité sur les femelles de la commune. Donc c’est déjà cela, j’évite tout contact humain et en témoigne déjà à Adjohoun quand vous venez dans mon secrétariat particulier, mon SP c’est un homme parce que les femmes sont ce qu’elles sont. Une SP, elle peut mal dormir un matin et venir à la mairie pour dire, alors qu’elle a fait une faute professionnelle et le maire l’a sanctionné, que c’est parce que le maire a des velléités qu’elle n’accepte pas. Donc c’est déjà ça. On est jeune mais on garde la tête froide, la tête sur les épaules et on essaye de poser des actes dignes, on essaye d’être prudent et puis après à côté des forces du mal il y a quand même des aînés, il en a qui applaudissent et qui aiment ce que nous faisons et qui prient pour nous et prennent sur eux une partie de la charge.

Quelles sont aujourd’hui les potentialités de votre commune dont vous pouvez vous vanter?
Je veux dire un peu à l’entame qu’Adjohoun est une commune stratégique. Adjohoun, c’est le cœur de la vallée de l’Ouémé qui est une vallée potentiellement riche. Donc Adjohoun en termes de potentialités a une forte potentialité culturelle et cultuelle. Adjohoun a une forte potentialité touristique mais non révélées. Nous travaillons à révéler tout ça. Cela va prendre le temps que ça peut prendre. Adjohoun a une forte potentialité agricole parce que c’est l’une des rares communes au Bénin à bénéficier de dispositions géographiques assez atypiques. Adjohoun est une commune qui se partage entre le plateau et la vallée. C’est-à-dire à Adjohoun par exemple, nous avons des arrondissements qui pour y accéder il faut prendre les barques, ils sont sur l’eau et nous avons des arrondissements qui sont en terre ferme, ce qui favorise une forte potentialité agricole. Adjohoun est également une commune propice à l’élevage. Adjohoun est une commune fortement piscicole et puis Adjohouna le mérite d’être en chantier depuis un moment, d’avoir l’un des plus grands marchés de l’Ouémé, le marché d’Azowlissè. Les gens quittent même le Nigéria un peu partout pour venir dans ce marché-là.

Mais est-ce que vous bénéficiez du PAIAVO?
Nous bénéficions du PAIAVO et d’ailleurs c’est le PAIAVO qui est en train de travailler à la reconstruction du grand marché d’Azowlissè. Des digues pour faciliter l’accès au marché en période de pluie. Normalement cette année 2020, ces travaux devraient aller à leurs termes et redonner vie au marché qui est quand même un pôle économique assez fort.

2020 c’est une année électorale, comment est-ce que vous vous préparez à Adjohoun?
2020 c’est une année électorale mais moi je n’en fais pas une obsession. Si vous observez un peu, vous devez voir que mes activités, ce dont nous parlons mon équipe et moi, c’est beaucoup plus les actions de développement d’Adjohoun. C’est beaucoup plus les infrastructures, c’est beaucoup plus le mieux-être des populations. Vous me verrez rarement en train de brandir une quelconque arme politique. Je n’en fais pas une obsession. Je suis en train de gérer un mandat transitoire et j’estime que ce mandat aura le mérite de militer en ma faveur ou pas. Maintenant après, si les actions que nous posons nous donnent suffisamment de crédit chez les populations qui nous demandent de poursuivre les réformes, nous allons accéder favorablement à cela.
Vous savez, la politique c’est beaucoup plus des stratégies. Et pour la petite anecdote, j’étais à Dèkin, le camp qui a perdu les élections à Adjohoun si je peux m’exprimer ainsi, les meneurs, les leaders de ce camp-là, il y en a qui à trois jours de l’élection qui a consacré mon événement au poste de maire, à qui on disait à trois jours avant les élections :« Parmi les candidats on a entendu par ailleurs le nom de Da Hefa », ils ont dit « Non, tout sauf lui, il ne sera jamais élu. Il n’a pas fait d’action allant dans ce sens. Il n’a pas dit qu’il est candidat », ainsi de suite. C’est pour vous dire que moi je travaille plus les stratégies en termes politiques et je les divulgue moins. Il y aura les élections, c’est une évidence, si tout va bien dans la deuxième quinzaine du mois de mai. Et comme je l’ai dit, si les populations sont toujours en phase avec nous, on va participer aux élections et on ne fera pas piètre figure.

Quelles sont les urgences sur lesquelles vous pouvez surfer pour insuffler un dynamisme à la commune d’Adjohoun.
Les urgences, je vais les répartir peut-être en deux catégories. La toute première urgence c’est le lotissement parce que c’est la première source pourvoyeuse de revenus aux communes. Il y a une commune où c’est bloqué et on ne fait rien, c’est zéro chiffre. Cela voudra dire que cette commune a choisi par elle-même de se priver de ressources financières.

Quand vous avez fait l’état des lieux qu’est-ce qui est à la base du blocage ?
Ce qui a bloqué le lotissement, c’est des divergences, des velléités claniques entre l’administration communale, le cabinet en charge de l’urbanisation et le cabinet géomètre. Il faut dire que le cabinet en charge de l’urbanisation est comme par hasard présidé par un fils de la commune qui a été même un des élus communaux à la première mandature entre 2003 et 2008 et qui est un grand cadre en termes d’urbanisme au Bénin. Il a été même directeur général national de l’IGN (Institut géographique national) et donc il a pris la chose comme un défi personnel quand son cabinet avait été attributaire de ce genre de travail. Mais chemin faisant, tout ce qu’il a fait comme travaux, les contreparties qui devraient être jouées par la mairie n’ont pas été jouées. Du coup, à un moment donné, vous savez c’est naturel et c’est légitime, vous travaillez et ce qui vous revient de droit vous ne le percevez pas. Il a décidé de ne plus poursuivre les travaux et de bloquer même l’existant. Cela a été un bras de fer entre l’administration communale et ces deux cabinets. Et quand je suis arrivé, je suis allé le voir et je lui ai expliqué l’impact négatif que ce blocus représentait pour la commune et ma vision, mon ambition, ma franchise de collaborer. Donc, ils m’ont demandé un temps de réflexion et après ils se sont retrouvés entre experts géomètres et urbanistes. Ils m’ont réinvité, je suis parti et je peux vous dire aujourd’hui que Dieu aidant, les velléités ont été levées et ils ont marqué leur accord pour reprendre les travaux. Il reste à notre niveau de réchauffer les comités qui avaient été mis en place, les Cogec et les Cogefqui doivent appuyer ces experts sur le terrain, pour que les travaux commencent. Donc j’ai foi pour cette année 2020, je ne vais pas donner de date, parce que plus personne n’y croyait. C’est un gros défi. Je reste prudent là-dessus, mais j’ai foi que nous avons déjà levé les 3/4 des velléités qui bloquaient et que cette année 2020 nous allons redonner goût au lotissement à Adjohoun.
La deuxième catégorie, c’est travailler à faire un suivi rigoureux des différents chantiers de la commune, les chantiers que nous avons lancés pour qu’ils aboutissent rapidement, parce que parmi ces chantiers il y a les travaux des réfections de pistes qui facilitent la fluidité de la circulation, facilitent aux producteurs de transporter aisément leurs produits des champs vers les centres urbains, vers les marchés pour l’écoulement final.

Pour tracer les pistes rurales, vous avez besoin de quoi? Les caterpillars sont là…
En fait, pour les pistes, c’est Fadec pistes rurales. Et la consommation impose le respect d’un certain nombre de procédures. Donc ce sont ces procédures qui prennent du temps. C’est au minimum trois à quatre mois. Et puis c’est le même personnel au niveau du service technique avec deux collaborateurs et un seul stagiaire. Vous voyez pour 308 km2 c’est compliqué. Mais on s’y est mis et au terme du mandat transitoire, nous allons faire le grand bilan.

Quel regard portez-vous sur la gestion du Président Patrice Talon?
Pour répondre je vais déjà mentionner que je n’étais pas de ceux qui ont été dans la machine de l’Etat et qui ont travaillé pour l’avènement du Président Patrice Talon. Mais aujourd’hui, je suis entièrement acquis à la cause parce qu’avec le temps, j’ai observé la vision de l’homme et une fois aux commandes, l’implémentation de cette vision. J’ai noté que c’est un homme d’Etat qui met au-devant de tout, contre vents et marées, le développement de la nation. Et cela cadre avec mon ambition qui m’a fait porter à la tête de la commune d’Adjohoun. Donc nous sommes totalement en phase. Aujourd’hui, nous avons un Président qui dirige le pays avec une main de fer dans un gant de velours. Il y a beaucoup plus de respect, il y a beaucoup plus de discipline. Vous avez vu pour une première fois comment nous avons traversé les fêtes de fin d’année. Avant entre le 31 et le 1er, c’est des cadavres que nous retirons d’un peu partout sur nos axes routiers. Il y a beaucoup plus de rigueur, il y a beaucoup plus de réformes qui visent à restaurer l’Etat et à changer l’image du pays positivement. J’applaudis et j’adhère. Avant, quand vous quittiez Cotonou à moto pour Adjohoun, la première chose que vous faites à votre arrivée, c’était prendre une douche. Avant, vous faisiez deux heures sur la route, aujourd’hui c’est une heure et trente minutes parce que la traversée de Porto-Novo est très facile.

Quelles actions de Talon vous ont le plus marqué ?
C’est d’abord ses intentions pour le pays. Entre les idées et les actes, il y a un grand fossé. Par exemple, lorsqu’il mentionne dans son projet de société le toilettage de la loi fondamentale et que vous notez que par le passé tous ses prédécesseurs ont échoué sur ce chantier et qu’il fait aboutir cette réforme, lorsqu’il est arrivé, il y avait des problèmes liés au découpage territorial, mais il a réussi à nommer les douze préfets et à renforcer l’administration territoriale. Il y a beaucoup d’exemples. Pour quelqu’un qui fait ça, il faut être un mécréant ou anti-développement pour ne pas l’apprécier.

Y’a-t-il une lutte contre la corruption ?
Bien sûr qu’il y a la lutte contre la corruption. Les faits qui l’indiquent, c’est déjà le renforcement de la justice, la création de la CRIET et les nombreuses personnalités, toutes catégories confondues, qui y défilent, des gens qui, d’une manière ou d’une autre dans leur exercice, ont commis des actes délictueux. Avant, rien ne se passait mais aujourd’hui lorsque vous confiez un service à quelqu’un, il est plus prudent.

Y a-t-il lutte contre la corruption au sein de votre conseil communal ?
Oui, il y a la lutte contre la corruption. Dès que je suis arrivé à la mairie, j’ai été interpellé par le préfet qui a rejeté un certain nombre de dossiers d’appel d’offres venant de la mairie d’Adjohoun, notamment quatre dossiers. L’ensemble de ces dossiers représentait un financement d’environ 256 millions. Ces dossiers ont été rejetés pour défaut de nomination de personne responsable des marchés publics. Quand je suis allé en profondeur pour mieux appréhender les dossiers, il s’est avéré qu’il y avait une pratique en cours à la mairie et qui consistait en ce qu’un agent, chef de service, falsifiait les signatures. On a falsifié la signature du premier adjoint au maire, parce qu’on estimait qu’il n’était pas du camp de la mouvance du maire et qu’il ne fallait pas qu’il maîtrise ces dossiers. On a falsifié la signature d’un chef d’arrondissement et on a falsifié la signature de la responsable des ressources humaines. Contre vents et marées, malgré les pratiques de chez nous que vous connaissez, j’ai lancé la procédure et l’intéressé a fini par écoper d’une sanction au tribunal de Porto-Novo. Il a été mis aux arrêts et condamné. Lorsque vous savez que ce chef de service qui a été épinglé est par ailleurs le fils de l’un des premiers maires des communes rurales de l’époque, et président du tribunal de conciliation de la commune d’Adjohoun, vous comprenez que si on n’avait pas donné priorité à la lutte contre la corruption, ce dossier n’aurait jamais pu aboutir.

Que répondez-vous à ceux qui parlent de lutte sélective contre la corruption sous Talon ?

Je m’inscris en faux contre cela. Vous avez vu récemment le dossier qui a emporté le ministre de la Décentralisation et le préfet du Littoral. Pour moi il n’y a pas de lutte sélective ; il y a une lutte contre la corruption assez volontariste, méthodique et sans désemparer. Pour moi, le chef de l’Etat tient le bon bout. Si aujourd’hui vous voyez des infrastructures pousser un peu partout comme des champignons, c’est parce que les vannes qui envoyaient les sous dans des poches individuelles sont fermées. Avec la lutte contre la corruption sans sélection affichée par le chef de l’Etat, les cadres à divers niveaux font beaucoup plus attention et, ce faisant, il y a beaucoup plus de disponibilité. Je pense que tout va pour le mieux. Pas à 100%, c’est vrai, mais nous allons encourager cela parce que ni Rome, ni Paris, ne s’est construit en un jour, ni en un seul mandat, et prier pour que cette façon de gérer se poursuive pour davantage d’améliorations dans notre pays.

Que pensez-vous de l’arrestation de certains chefs d’arrondissement comme dans la commune de Ouidah ?

Ça a eu le mérite d’alerter, d’éveiller les consciences des CA d’Adjohoun, des chefs de village que moi j’avais déjà commencé à mettre en garde par rapport à certains actes. Ça a eu le mérite d’attirer leur attention sur le fait que désormais nous sommes suivis, qu’on nous a à l’œil et que nous devons être davantage plus prudents. Vous savez, au niveau des communes, parfois il y a beaucoup de choses qui se passent, au niveau de la signature des actes domaniaux, de la légalisation de certains documents, des timbres, des actes administratifs, etc.

Qu’a pu faire la Rupture à Adjohoun ?

La Rupture a fait beaucoup de choses. Les lignes ont bougé sérieusement depuis 2016. C’est vrai qu’il reste beaucoup de choses puisque Adjohoun était délaissé et on ne va pas demander à un chef d’Etat de corriger en 5 ans tous les impairs. Je vais citer quelques actions bénéfiques. La première dame a émerveillé Adjohoun et je pense que depuis 1960, c’est la première fois que la femme d’un chef d’Etat s’investit autant et personnellement, à travers sa fondation. Nous avons bénéficié entièrement de deux écoles avec deux groupes pédagogiques ; d’une école maternelle, entièrement à ses frais. Chacune de ces écoles a été dotée de château d’eau pour permettre aux apprenants et au corps enseignant de disposer du liquide précieux ; chacune des écoles a bénéficié d’installation solaire photovoltaïque pour permettre aux apprenants et aux enseignants de travailler, même après 17 heures. Par le truchement de la Fondation Claudine Talon, nous avons également bénéficié de deux grands points d’eau au niveau de certains villages stratégiques où les gens devaient parcourir trois à cinq kilomètres avant d’acheter une bassine d’eau à 25 francs. Elle nous a aidés, elle a réalisé des forages qui aujourd’hui alimentent des milliers d’âmes.
Concernant le gouvernement, nous avons bénéficié de certains projets. Le plus grand marché d’Azowlissè est en cours de construction ; nous avons bénéficié des travaux de construction du nouveau pont de Tovè-Gbamè qui jadis était considéré comme le pont de la mort. Dès que le gouvernement est arrivé, un appel d’offres a été lancé et les travaux ont été confiés au groupe tunisien Soroubat. Les travaux sont en cours. Après les dernières descentes sur le chantier, on a pu évaluer un taux d’exécution physique d’environ 60%. Ça c’est grâce au gouvernement de la Rupture. Toujours grâce au gouvernement, Adjohoun a été sélectionné dans la batterie des trente premières communes bénéficiaires de travaux de construction de stades aux normes modernes. Les travaux sont en cours actuellement sous la houlette d’une société chinoise. A l’issue de la dernière visite de chantier, nous avons constaté que sur la trentaine de communes bénéficiaires, Adjohoun a le taux de réalisation le plus élevé. Voilà quelques exemples d’infrastructures. Il y en a d’autres, totalement micro mais en termes de grosses réalisations, Adjohoun est en train d’être logé à une enseigne pas mal sous ce régime.

Carte d’identité: Au nom du père

Né en août 1981 à Cotonou, Roland Da Hefa est le plus jeune maire en exercice aujourd’hui au Bénin. Et pourtant, il n’a vraiment connu sa commune d’origine qu’en 2011. Fils d’enseignant, orphelin de père dès l’âge de trois ans, il affirme puiser sa forme mentale dans ce père qu’il n’a pas vraiment connu. « Quand quelque chose me tourmente, affirme-t-il, quand je sens que les gens m’oppriment, je prie et parfois je vais au cimetière d’Adjohoun puisque c’est là qu’il a été enterré, et je lui parle. Je me tire parfois d’affaire ou je réussis là où ça clochait, sans savoir véritablement comment ça s’est fait. »Et d’ajouter : « L’une de mes forces, c’est mon feu père, il m’assiste beaucoup et il est un terreau et ma source d’inspiration. » Son parcours est pour le moins atypique. CEP en 1994 à Cotonou, BEPC au CEG Gbégamey, il fait le CEG d’Abomey-Calavi où il décroche son baccalauréat série D en 2002. Le Bac en poche, il s’inscrit en sciences juridiques tout en militant parallèlement dans les associations estudiantines telles que l’EACE et Radio Univers. Ce parcours universitaire a été sanctionné par une licence en Droit des affaires et Carrière judiciaire. Il s’inscrivit par la suite à Pigier où il fait un Master en Management et gestion des entreprises en 2013.
Journaliste à Radio Univers, il décroche son premier contrat professionnel en 2004, à Radio-télévision Carrefour, à Bohicon. En 2007, il atterrit à Radio Fraternité à Parakou avant de rejoindre en juillet 2008 la télévision Canal 3 à Cotonou où il officia jusqu’en 2014. Mais entre-temps, en 2011, il est nommé Chef cellule Communication du ministère de l’Economie maritime sous le ministre Jean-Michel Abimbola, alors Porte-parole du Gouvernement. Quand celui-ci a été muté au ministère de la culture, de l’artisanat et du tourisme, il le suivit dans la même fonction avant de rejoindre finalement le ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche jusqu’en avril 2016. La politique entre alors dans son parcours, puisqu’il fallait gérer la politique communicationnelle du ministre Jean-Michel Abimbola. Mêlé à toutes ses activités politiques, Roland Da Hefa a eu le temps de s’approprier les réalités politiques. Quand il fit la connaissance de sa terre natale d’Adjohoun, il ressent une sorte de révolte et décida de faire quelque chose pour la sortir de l’ornière. « Je faisais beaucoup d’actions sociales, se souvient-il, j’assistais beaucoup les jeunes de la commune, j’organisais des travaux dirigés pour permettre aux plus jeunes d’avoir de bons résultats aux examens, des tournois de football, et ainsi de suite. »A l’approche des échéances électorales de 2015, les jeunes et des personnes d’un certain âge le cooptent pour changer les choses dans la commune. Il a été élu au conseil communal sous la bannière FCBE. Devenu membre du Bloc Républicain, Roland Da Hefa tend aujourd’hui toute son énergie vers le développement de sa commune pour laquelle il nourrit des ambitions très fortes.

Intimité:…et du Golf.

Marié et père de quatre enfants, le maire d’Adjohoun est un joueur amateur de Golf. Il est d’ailleurs secrétaire général de ce qu’il revendique comme « le seul club où le Golf se pratique réellement au Bénin », Cotonou Golf Club créé en 1990. « C’est le deuxième sport le plus compliqué au monde, dit-il. Et c’est un sport qui vous forge au fil du temps, un mental d’acier. »Si vous l’invitez à table, en bon Wémènou, il préfère l’Akassa avec de la bonne sauce graine et du poisson fumé.

La rédaction
Commentaires