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Le président de l’association des producteurs sur la filière ananas « La production et la transformation locales sont nos défis de 2020 au Bénin »

Publié le vendredi 31 janvier 2020  |  Fraternité
Gaston
© aCotonou.com par DR
Gaston Akondé, Président de l’Association des grands producteurs d’ananas du Bénin
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Après la crise de la production de 2017, la filière ananas est désormais sur le chemin de développement. Très tôt, les acteurs se sont mis ensemble pour penser à sa structuration, l’augmentation de la production, l’amélioration de la qualité puis la commercialisation des fruits sur les marchés régionaux et internationaux. Au cours de l’entretien qu’il a bien voulu accorder à votre Journal, Gaston Akondé, Président de l’Association des grands producteurs d’ananas du Bénin est revenu sur les défis et perspectives de la filière. Il déplore aussi la nouvelle crise que connaît la commercialisation des ananas produits au Bénin avec le verrouillage des frontières nigérianes.
Comment se porte l’ananas béninois aujourd’hui ?
La filière se porte globalement bien. Surtout en matière de production, je dirai que tout se passe bien. Le pouvoir en place a réuni toutes les conditions pour que la production des fruits d’ananas se déroule sans anicroches. Si je dois aller dans les détails, je puis vous dire que le minimum de matières premières de production est disponible. Par exemple, comparativement à nos difficultés du passé, nous n’avons pas aujourd’hui le problème d’intrants pour produire la quantité et la qualité de l’ananas au Bénin. Il y a à peine quelques mois, le gouvernement a mis en place des engrais spécifiques destinés à la production de l’ananas. Nous sommes actuellement en phase d’expérimentation de ces engrais. Je vous assure que d’ici quelques mois, vous-mêmes allez constater le boom que pourrait connaître la production.

En 2017 l’ananas du Bénin a retrouvé le chemin des exportations après six mois de suspension en raison d’un taux de résidus trop élevé d’éthéphon. Que faites-vous aujourd’hui au sein de l’Association pour garantir la bonne qualité ?
Vous savez qu’avant, la filière n’était pas bien organisée comme aujourd’hui. En exemple, l’éthéphon dont vous parlez en réalité n’est rien d’autre que des résidus qui ont été découverts dans nos fruits exportés vers certains pays européens. Avec les organisations professionnelles que nous avions mises en place et le soutien des autorités, le problème a été réglé. Aujourd’hui nous sommes heureux que nos produits soient à nouveau acceptés sur le marché international. En plus nous sommes dans une démarche de labellisation qui fait que nos ananas sont bien contrôlés avant d’être exportés. Tous ces petits problèmes que connaissait la filière sont aujourd’hui conjugués au passé.

Le gouvernement a promis vous accompagner à porter la production à 600 000 tonnes l’an d’ici 2021. Où en êtes vous actuellement en 2019 ?
Présentement on a encore du boulot. On tourne actuellement autour de 12 000 à 15 000 tonnes d’ananas par an. Pour ce qui est de l’exportation vers les marchés extérieurs, nous avons près de 7 000 tonnes prêtes à être déversées sur le marché international. C’est pour vous dire monsieur le journaliste que la tâche est immense mais n’est pas impossible. Avec nos efforts et ceux des autorités, nous y arriverons.

Avec la triste actualité économique, on imagine un peu le devenir de votre filière. Je veux parler du verrouillage des frontières nigérianes d’avec le Bénin et d’autres pays. D’ailleurs on se rappelle, vous étiez confrontés au défi d’exportation. Le seul grand marché que vous avez trouvé était le Nigéria. Que deviennent les stocks d’ananas qui étaient en convoi vers le géant de l’Est avant la décision de fermeture ?
C’est le grand problème que nous avons actuellement. Le marché du Nigéria est interrompu. Je vous avoue que nos autorités ne dorment plus. Nous faisons des réunions sur des réunions. Nous étions avec le ministre de l’agriculture le lundi 11 septembre 2019. Cette affaire de verrouillage de frontières nous crée des désagréments. Nos ananas se gâtent comme ce n’est pas permis. Lorsque nous envoyons à la frontière, on n’arrive pas à traverser. Par conséquent des stocks pourrissent.

L’ananas ne fait pas partie des produits de réexportation non ?
Au début nous avions eu la même information selon laquelle ce sont seulement les produits dits de contrebandes qui sont interdits, mais à notre grande surprise, nous constatons que tout est interdit y compris nos ananas. C’est une surprise désagréable qui est un coup dur à notre filière.

Le plan stratégique de développement du secteur agricole du PAG prévoit une exportation de 24000 tonnes vers l’Union européenne.
Ce processus est en cours mais pas encore opérationnel. Beaucoup de choses se font actuellement pour y arriver. Je vous parlais tout à l’heure de la variété d’ananas « ananas IG » d’Allada. Avant d’avoir accès au marché européen, il faut d’abord plusieurs paramètres. C’est un marché exigeant. Donc nous sommes entrain de régler les fondamentaux. D’ici l’année prochaine c’est-à-dire en 2020, ce marché sera servi. Nous en sommes sûrs et eux-mêmes seront débordés. Nous en avons les moyens d’y parvenir.

L’autre grand défi est celui de la transformation de l’ananas produit au Bénin. Mais avant, parlons du financement de la filière. Aujourd’hui où est ce que vous trouvez le financement, vous producteurs ?
Vous savez, il y a une chose qui est claire aujourd’hui. Il y a tellement de financements que si quelqu’un décide d’entreprendre dans le domaine, il serait rare d’en manquer. Lorsque vous êtes bien organisé et votre projet est bien monté, impossible de ne pas trouver de financement. Avec la TDA située dans la commune d’Abomey-Calavi au niveau de l’ex-Carder, si le projet est bien monté vous aurez de financements. Les bailleurs nous ont dit qu’ils n’ont pas besoin de faire avec des bureaucrates forcément. Pas seulement l’ananas, mais plutôt l’agriculture en général. Il suffit d’être bien structuré. Ils sont prêts à nous confier aux techniciens si nous venons avec nos idées qui peuvent nous aider en retour à monter les projets.
Propos recueillis par Clément O. ATCHADE
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