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Prescription des médicaments contre-indiqués: Le malade la peur au ventre, les spécialistes rassurent

Publié le mardi 26 mai 2020  |  Matin libre
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© Autre presse par DR
Santé : D’importantes quantités de faux médicaments saisies à Dantokpa
D’importantes quantités de produits pharmaceutiques ont été saisies ce vendredi 24 février au marché Adjégounlé de Dantokpa.
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(Quand vous lisez une notice qui contre-indique un médicament… il faut en discuter avec le Médecin au lieu d’abandonner la prise)

Comment expliquer qu’un médecin prescrive à son patient, un médicament dont à lire la notice, il est d’emblée disqualifié d’en prendre ? Le médecin est-il au-dessus de celui qui a fabriqué le produit ? En effet, il y arrive, et ce généralement, que sur la notice qui accompagne tel ou tel médicament prescrit à un malade, qu’on lui interdise son emploi. S’appuyant sur certains aspects comme l’âge, le poids, l’état physique et autres considérations, cela lui est contre-indiqué. Produit que pourtant, le Médecin le lui prescrit. Devant le fait, certains malades collés aux notices s’en privent ; d’autres, la peur au ventre, l’ingurgitent quand-même. Que comprendre de cette pratique et pourquoi par exemple, pratiquement, tous les médicaments sont contre-indiqués chez la femme enceinte ? Des spécialistes versent de la lumière sur le sujet.

Enceinte et malade, elle se verra prescrire des médicaments après consultation. Dès l’achat et après lecture des notices, il y en a qui lui seront contre-indiqués vu son état de grossesse. «Je me suis rapprochée du médecin qui m’a dit que si on devrait tenir compte de ça, qu’il n’y aurait plus de médicaments que va prendre la femme enceinte. Je n’étais pas convaincue mais je les ai pris quand même puisque c’est mon médecin traitant», nous a confié une source. « Parfois, face au fait, il m’arrive de diminuer la posologie, parfois je ne prends même pas parce que celui qui a fabriqué son produit sait pourquoi il l’interdit à certaines personnes », poursuit-elle. D’un autre côté, «c’est souvent source de tiraillements entre mon mari et moi qui trouve que j’exagère mais c’est plus fort que moi. Avant de prendre un médicament ou de l’administrer à mes enfants, je lis toujours la notice. Quand c’est contre-indiqué pour son âge par exemple, ou toute autre raison, je ne donne plus. Ça me paraît trop bizarre», raconte un autre témoignage. En réalité, ceci, selon des propos, apparaît comme un risque que prennent les acteurs du système sanitaire. Et, il n’est pas exclu que si un patient décède, c’est peut-être dû au médicament pris. Et ni lui, ni le médecin n’en savent rien puisque généralement dans les pays en développement et particulièrement au Bénin, rares sont les personnes qui ont un Docteur dans tel ou tel domaine qui les suit. On traite le patient sans réellement connaître ses antécédents. C’est à peine si lui-même, le patient, sait s’il est souffrant de quelque chose. Par ailleurs, entre celui qui fabrique le médicament et le contre-indique et celui qui prescrit, n’y-a-t-il pas une logique à suivre ?

«La notice nous met juste en garde. Juste des précautions à prendre mais sur le terrain on peut ne pas avoir autant d’effets néfastes du produit», lâche sans détour le Docteur Uriel Dassoundo, Médecin généraliste à la Polyclinique de l’amitié, le Bon Samaritain. Il est appuyé dans son affirmation par le Docteur Constant Marcel Hounmenou, Pédiatre à l’hôpital Bethesda, pour qui, «le médecin de par ses connaissances de la pathologie peut choisir de prescrire un médicament non recommandé en fonction de l’effet recherché et en évaluant le bénéfice-risque». Mais pour appréhender cet aspect des prescriptions médicales, aux dires du Docteur Sessi Elisée Kinkpé, Médecin généraliste HZ Savalou/Bantè, il est important de rentrer dans les détails des propriétés des médicaments. «La prescription de médicaments prend en compte 02 grandes propriétés du médicament à savoir sa pharmacodynamie qui étudie comment une molécule produit un effet sur un organisme et sa pharmacocinétique qui étudie le devenir d’une molécule bioactive dans l’organisme, de son absorption à son excrétion en passant par son métabolisme tous deux des sous entité de la pharmacologie,qui est l’étude des mécanismes d’interaction entre une substance active et l’organisme dans lequel elle évolue. La pharmacodynamie et la pharmacocinétique permettent donc de savoir l’action de la molécule prescrite, le circuit qu’il suit dans l’organisme, son élimination et donc sur quel organe son action est plus accentuée. Le but à atteindre est la prescription de chaque médicament à la posologie qui assure la meilleure efficacité et le minimum d’effets indésirables », explique-t-il. «En plus de ces deux propriétés, on prend en compte les contre-indications et le bénéfice-risque selon que la contre-indication n’est pas absolue mais relative», fait-il savoir. Là-dessus, renchérit le Docteur Florence Alihonou, Pédiatre, «lorsque l’on regarde sur la notice, on lit contre-indication relative et contre-indication absolue. Contre-indication relative veut dire que le médecin peut prescrire le médicament mais le malade sera sous surveillance étroite. Le médicament sera arrêté à la survenue d’un signe d’intolérance. Contre-indication absolue signifie que le médecin ne pourra pas prescrire ce médicament si le malade a une maladie qui se trouve dans cette rubrique». Et, même en absence de précision des deux contre-indications, puisqu’il y arrive que sur la notice on ne lise que ‘’contre-indication’’ simplement, selon le Dr Sessi Kinkpé, le Médecin, connaît généralement les contre-indications du médicament qu’il prescrit. «En tout cas, on ne prescrit qu’un médicament dont-on maîtrise la pharmacologie. Le médecin ne prescrit pas parce qu’il a lu la notice mais parce qu’il connaît le médicament qu’il prescrit surtout le principe actif», fait-il observer.

Médicaments contre-indiqués et les risques de décès

«Non, pas de décès. Car, si selon le bénéfice-risque, un médicament apparemment contre-indiqué est prescrit, cette prescription suit des doses minimales avec un suivi très strict. Lorsqu’un médicament a une contre-indication absolue aucun Médecin ne va le prescrire pour mettre la vie de son patient en danger. Tout médicament a le potentiel d’être dangereux (réaction indésirable au médicament) tout autant que bénéfique. Lorsque les Médecins prescrivent un médicament, ils doivent évaluer les risques et les bénéfices potentiels. L’utilisation d’un médicament n’est justifiée que lorsque les bénéfices attendus sont supérieurs aux risques encourus. De plus, les Médecins doivent envisager les différentes conséquences qui résulteraient de l’arrêt du médicament. Les bénéfices et les risques potentiels ne peuvent jamais être déterminés avec une précision mathématique. Pour évaluer les bénéfices et les risques liés à la prescription d’un médicament, les Médecins considèrent la sévérité du trouble traité et son impact sur la qualité de vie des personnes», explique Dr Sessi Elisée Kinkpé. «L’expérience du Médecin compte beaucoup», rassure pour sa part Dr Uriel Dassoundo. Le Médecin, pour Dr Florence Alihonou, ne prend jamais le risque s’il sait que la vie du patient sera engagée. A l’entendre, le Médecin est obligé de faire cela car il tient à sauver le patient autant que possible. «Bien qu’il ait obligation de moyen et non de résultat», précise-t-elle avant d’insister sur le suivi médical de la population. «Les gens ne font aucun suivi pensant qu’ils sont en bonne santé tout le temps. Ils ne veulent même pas y penser jusqu’à ce que la réalité les rattrape. Les responsabilités sont partagées par le patient et l’Etat. L’Etat n’oblige personne pour son suivi ou pour examen de routine. Pas d’assurance médicale proposée à toute la population genre sécurité sociale», révèle-t-elle. Dans tous les cas, conseille le Pédiatre Hounmenou, quand vous lisez une notice qui contre-indique un médicament pourtant prescrit, il faut en discuter avec le Médecin au lieu d’abandonner la prise. «Se référer à lui et lui poser toutes les inquiétudes en rapport avec les prescriptions, l’apparition d’effets indésirables ou d’inconfort à la prise du médicament», rajoute Dr Kinkpé.
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Les femmes enceintes et leur lot de médicaments contre-indiqués



«Pratiquement, tous les médicaments sont contre-indiqués chez la femme enceinte ou allaitante car les laboratoires pharmaceutiques ne peuvent pas tester leurs médicaments sur ce type de patient en raison du code éthique. Lequel code définit ce qui est considéré comme étant une conduite acceptable et un comportement correct. Ces valeurs sont généralement organisées en une série de principes de base qui définissent les normes de comportement attendues des membres dans l’accomplissement de leurs fonctions. Ceci aussi en raison du bébé qu’elle porte ou qu’elle allaite. On ne peut pas tester les médicaments sur les enfants. Donc, souvent, ces laboratoires déduisent la posologie du médicament pour les enfants de la dose des adultes. En fait, les laboratoires se protègent ainsi car il n’y a pas d’études possibles chez ces cas particuliers et comme ils n’ont pas envie de se retrouver au tribunal, les contre-indications sont ainsi posées. En conséquence, il revient de voir la faisabilité de prescrire tel ou tel médicament à un patient donné en pesant le pour et le contre. Ainsi, contre-indication relative ou absolue prend toute sa valeur», explique Dr Florence Alihonou. Au cours de la grossesse, poursuit Dr Kinkpé, il y a une modification de la physiologie de la femme. Aussi et surtout, il y a des médicaments qui traversent le placenta et peuvent agir sur le fœtus de façon délétère. D’où, ses garde-fous chez la femme enceinte.



Cyrience KOUGNANDE
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