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Dr Zacharie Sohou, Océanographe : « L’observation satellitaire est une arme contre la piraterie et la pêche illicite »

Publié le lundi 8 juin 2020  |  Fraternité
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© aCotonou.com par dr
Dr Zacharie Sohou, Directeur de l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanologiques du Bénin (Irhob)
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Célébrée le 8 juin de chaque année, la Journée mondiale de l’océan vient rappeler à l’humanité que, tels des poumons, les océans jouent un rôle primordial dans notre subsistance. Directeur de l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanologiques du Bénin (Irhob), Dr Zacharie Sohou dévoile l’état de la dynamique côtière au Bénin et la contribution de l’observation satellitaire de l’Océan dans le cadre du Projet Gmes.

Quel rôle joue les océans dans notre climat ?
L’océan est un grand gisement thermique qui emmagasine la chaleur sur terre et en même temps renvoie les eaux chaudes de l’équateur vers les pôles pour atténuer le climat de ce côté. Aussi, les eaux froides de l’antarctique viennent dans la zone de l’équateur pour être tempérées. Les océans capturent une grande quantité de CO2 sur Terre. Ils jouent aussi un grand rôle dans l’économie à travers le transport maritime. La journée mondiale de l’Océan est une occasion pour nous d’attirer l’attention sur le rôle que jouent les océans. Cette célébration par l’Institut de Recherches Halieutiques et Océanologiques du Bénin (Irhob) est parrainée par le Projet The Global Monitoring for Environment and Security (GMES).

Au pied du Bénin se trouve l’océan Atlantique qui érode nos côtes. Quelle est la situation aujourd’hui ? A-t-on atteint la stabilité ?
C’est un phénomène qui menace tous les pays côtiers. Dans le Golfe de Guinée, nous sommes menacés surtout du fait que si un ouvrage est construit, la force est renvoyée du côté Est où il y a plus d’érosion contrairement au côté ouest où il y a l’accrétion, l’accumulation de sédiments pour renforcer. C’est ainsi que si vous voyez les épis construits par le Gouvernement, on sent aujourd’hui que dans les casiers, il y a une stabilité et que nous gagnons beaucoup de terre sur la mer. La largeur des plages aujourd’hui à ces niveaux a considérablement augmenté. Nous constatons que juste après le dernier épi, le phénomène d’érosion est très accentué. Il est bien vrai que le Gouvernement a mis en place un moteur de sable pour donner à manger à la mer, un peu pour ralentir l’érosion jusqu’à ce qu’on mette de nouveaux moteurs de sable. Vers Hillacondji, Grand Popo, l’érosion est accentuée à cause de la construction des ouvrages du côté du Togo au niveau de Aneho. La menace est renvoyée vers le Bénin. C’est une anomalie qu’on déplore et pour laquelle on réfléchit à des méthodes pour trouver l’ouvrage le mieux adapté pour ne pas déplacer le problème vers Ouidah, Avlékété.

Peut-on espérer mieux avec les travaux de construction de digues et d’ensablement à divers endroits sur la côte, quand on sait que sans une concertation régionale, le problème ne fait que se déplacer ?
Il faut un programme sous régional. Sinon, on protège dans un pays, mais le problème est récupéré dans un autre qui est du côté Est. Si nous faisons des actions de protection au Bénin, vers la frontière de Sèmè- Kraké, nous allons renvoyer le problème du côté du Nigéria. Il y a eu beaucoup de tentatives au niveau du Programme GCLME pour aboutir à un programme sous régional. Nous avons aujourd’hui le Projet Waca qui penche sur ce problème pour des solutions durables avec des suivis réguliers. C’est ce suivi que nous faisons depuis 2011 de Sèmè-Kraké à Hillacondji pour apprécier comment évolue le phénomène. Il y a certes l’érosion mais à des endroits donnés, il y a l’accrétion. C’est un phénomène de la dynamique côtière qui se produit à ces endroits.

Quel sera l’apport des GMES dans le suivi de la dynamique côtière ?
Ce programme dont la coordination est basée au Ghana porte son attention sur le problème de pêche et le niveau de la mer. Nous travaillons sur l’état de la mer de façon régulière. Au-delà de la prévision que fait la coordination au centre situé au Ghana, nous faisons à notre niveau une prévision plus pointue. La situation n’est pas la même sur toute la côte du Ghana au Bénin. Nous associons la hauteur de la houle à la hauteur de la marée pour lancer l’alerte, transmise à l’Agence Nationale de Protection Civile qui est chargée de porter l’alerte auprès du public. GMES permet de lutter contre la piraterie car suit les navires qui pêchent dans nos eaux tous les jours. L’information arrive tous les jours dans nos boîtes et si un navire n’a pas eu la licence nous pouvons alerter la marine militaire. Encore il fait la cartographie des zones poissonneuses pour une meilleure gestion de la pêcherie. Le Programme Gmes contribue à lutter contre la piraterie en identifiant les bateaux qui pêchent dans nos eaux. La liste des bateaux présents dans nos eaux est envoyée chaque jour à la Direction de la Protection Halieutique. L’information est transmisse à la marine militaire pour besoins d’interventions s’il y a lieu. A partir du travail que fait GMES Africa, nous sauvons des vies puisque les pêcheurs n’iront pas en mer quand elle est annoncée agitée. La sécurité alimentaire est assurée.

Pour finir, sur quoi travaille l’IRHOB en ces temps-ci de Covid ?
Nous travaillons à voir l’impact de la pandémie sur les activités de pêche. C’est un peu lent du fait de moyens, mais il est important. La Direction du Centre Béninois de la Recherche est à pieds d’œuvre pour nous trouver les moyens.
Propos recueillis par Fulbert ADJIMEHOSSOU
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