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’’Le Président de la République veut nous amener à la casse." dixit Roger Gbégnonvi
Publié le lundi 9 decembre 2013   |  24 heures au Bénin


Roger
© Autre presse par DR
Roger Gbégnonvi


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Le ministre Roger GBEGNONVI a été l’invité de l’émission Carte Sur Table de Océan FM de ce dimanche 8 Décembre 2013. Comme on pouvait s’y attendre, l’ancien ministre de l’Alphabétisation n’a pas du tout été tendre avec le Président de la République.

Lire ses déclarations transcrites par votre journal

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Les prétendus fabricants de la Lépi nous ont dit officiellement qu’ils ont laissé plus d’un million de Béninois au bord de la route. Pardon ! C’est ça la Lépi. Nous avions constaté. Dans notre Constitution, il est dit qu’en cas de contestation, c’est la Cour constitutionnelle qui a le dernier mot.

Elle nous a dit qu’il y avait bel et bien une Lépi et que notre devoir de citoyen était d’aller aux élections. Nous sommes tus. Nous avons empoché nos contestations et nous sommes allés aux élections. On va aux élections. Et contre toute attente, il y a un candidat qui l’emporte au premier tour avec 53% des votants. Je dis non. Ce n’est pas possible. Historiquement, régionalement, ethniquement, ce n’est pas possible. Qu’est-ce qui se passe ? On nous prend pour qui ? Quelqu’un s’est même proclamé le vrai élu. Des contestations donc en bonne et due forme, parce que nous sommes en démocratie et puis la Cour

constitutionnelle nous a dit que : « Non, mesdames et messieurs, il a été bien élu au premier tour. ». Nous avons empoché nos contestations et nous avons dit que si la Cour constitutionnelle a le dernier mot, nous avons pour seul devoir de respecter ce que la Cour constitutionnelle a dit.

Pourquoi le Président de la République, faute d’être un modèle pour le peuple, n’imite pas le peuple dans ce que le peuple a de patriotisme, parce que nous avons tous des parents proches ou lointain de la Côte d’Ivoire. Nous avons vu ce qui s’est passé quand on a contesté les élections. Mais, nous au Bénin, on ne veut pas ça. Nous obéissons à la Cour constitutionnelle. Et, le Chef de l’Etat devrait faire pareil. Il doit nous imiter, puisque nous ne pouvons plus l’imiter. Le Président de la République veut nous amener à la casse. Pour ne pas y aller, nous nous imitons nous-mêmes. Nous sommes plus forts et plus beaux que lui.


La Lépi, vous n’y croyez pas du tout ?


Je suis professeur. On ne corrige qu’un texte qui existe. Vous êtes journaliste, avez-vous jamais vu le texte de la Lépi ? Quel est ce texte si public que personne ne l’a jamais vu ? Il se trouve que je n’ai jamais vu ce texte. Certains me disent que ce texte n’a jamais été publié, je ne suis pas un homme de droit. Moi, un simple lecteur, je ne l’ai jamais lu. Est-ce que je suis si négligeant pour négliger de lire un texte.


Professeur Roger Gbégnonvi, si je dois récapituler nos propos sur le verdict de la Cour d’Appel de Paris et l’Etat de droit au Bénin, c’est le Président Yayi Boni qui fait ombrage à l’exécution des décisions de justice.


Ombrage est un mot faible. Lui fait obstacle à l’exécution des décisions de justice. Si ça continue, s’il ne se lève pas, s’il ne soulève pas, il faudra que le peuple prenne ses responsabilités. Ça peut être la Cour constitutionnelle, la Cour suprême.

Ça peut être le peuple lui-même. On a déjà vu dans ce pays, non ? Le Général Kérékou est encore là. Mais lorsque nous en avons marre, après 17 ans de révolution, qu’est-ce que nous avons fait ? Grèves générales limitées. Nous sommes chez nous à la maison, puisque le Président de la République veut nous diriger malgré nous et contre nous, hé bien qu’il dirige. Donc, il est possible au peuple béninois de faire tomber un Chef quand il n’en veut plus. Quand le peuple béninois se soulève, il s’assoit. C’est ça sa manière, c’est notre manière à nous de nous soulever, sans rien casser. Il ne faut pas penser qu’il faut casser parce que vous voulez chasser le Président de la République.

Quand il ne sera pas là, qu’est-ce que vous allez faire dans un pays cassé ? Nous ne voulons pas vivre dans un pays cassé. C’est pourquoi j’invite le Chef de l’Etat à se lever et à se soulever pour nous donner le bon exemple, puisque nous sommes dans le pire.

Vous faites un bilan mitigé du Président Yayi Boni. Est-ce qu’il n’y a rien à l’actif de l’homme ?


Pendant les six premiers mois de sa présidence, il y a eu de très belles choses. J’étais un homme heureux, heureux d’avoir contribué à son élection. Je disais aux impatients : « Attendez ». Même ses erreurs que je percevais comme des fautes, je disais que nous avons dit changement et que cela faisait partie du changement. Après six mois, je commençais à voir des choses. Je disais attention. C’est des pas que nous connaissons. Nous savons où ça mène. Quand je suis devenu contre ma volonté d’ailleurs et j’ai magnifiquement fait mon travail.


Il fallait refuser.......


Non, je me réjouis d’avoir été ministre alors que j’avais des doutes. Pour que le Président de la République ne puisse jamais dire : les gens qui m’ont porté au Pouvoir m’ont laissé tomber. C’est lui qui laisse tomber tout le monde. Regardez comme il laisse tomber Patrice Talon.

Vous connaissez personnellement Patrice Talon ?


Je l’ai connu pendant la première campagne du Président Yayi Boni. Je vous l’avoue, je ne le connaissais pas. C’est un homme infiniment plus silencieux, plus discret que moi. Le jour où on dit que c’est lui, j’ai dit : « Ah bon ! C’est lui ça ! ». J’ai compris qu’il était d’une intelligence formidable. J’ai compris aussi qu’il avait de l’argent. Cela ne m’a jamais impressionné. Je l’ai connu autour du Président de la République et qu’il était pour beaucoup dans ce qu’est devenu Yayi Boni. Il était son financier. J’ai vu ça de mes yeux.

Est-ce qu’il a été son conseiller et son financier pour la campagne de 2011 ?

Je n’étais plus là. Mais, il paraît là aussi, il est allé très fort. Qu’est-ce que le Président Yayi Boni peut reprocher à cet homme de si grave qu’ils ne peuvent pas s’asseoir et discuter tête-à-tête ? Ce n’est pas possible. Nous sommes les meilleurs amis, tu m’as aidé à monter, je t’ai aidé à faire prospérer tes affaires. Il y a un malentendu. Asseyons et discutons. Mais, il est dangereux notre Président de la République. Je l’ai su le jour où il a envoyé Armand Zinzindohoué, un homme très gentil, à son service, devant la Haute Cour de justice.

J’ai dit ce n’est pas possible. Je ne peux pas lui faire ça. Il était son fidèle serviteur. Pour Patrice Talon, on ne pouvait pas imaginer. Pour des raisons personnelles, j’ai infiniment d’estime pour madame Reckya Madougou qu’on a sortie du gouvernement. J’ai parlé de la dangerosité du Chef de l’Etat. J’ai déjà touché quand on m’a appelé pour me dire écouter ta petite sœur à la télévision. Elle va faire une déclaration dans le cadre de la révision de la Constitution. Je me dis qu’elle va se démarquer par rapport à la révision de la Constitution, parce qu’elle et nous n’avons fait que ça pour demander au Président Kérékou de ne pas toucher à la Constitution : ‘’Touche pas à ma Constitution’’. Elle était notre madame. Alors, je me suis dit : qu’est-ce qu’il va se passer ce soir ? Si elle dit : je demeure ministre du Président Yayi Boni opposée à la révision de la Constitution. Les gens m’ont dit : « Va l’écouter ». Lorsque j’ai appris qu’elle a sorti cette formule qui, je m’excuse, ne lui ressemble pas : « Je suis pour la révision de la Constitution ». J’ai dit : « ça y est ! Le Chef de l’Etat est dangereux ». Je suis sûr que c’est le Chef de l’Etat qui lui a demandé d’aller se dédire. Lorsque vous êtes ministres, si le Chef de l’Etat prend une décision aussi importante, lorsque vous ne démissionnez pas, vous êtes pour.

Jean-Pierre Chevènement a dit : « Un ministre, ça se la boucle ou ça sort ». Les ministres n’avaient pas besoin d’aller à la télévision pour dire qu’ils sont pour la révision de la Constitution. Le Chef de l’Etat a éprouvé le besoin d’envoyer ma petite sœur à la télévision se dédire. Une semaine après, il l’a évincée comme j’ai été aussi évincé. Ça, c’est dangereux. Envoyer cette jeune femme se dédire et la piétiner. Demandez à Reckya Madougou, si mes propos sont de l’exagération. J’ai écrit, il y a trente ans ‘’Paroles interdites’’. Je ne rêvais pas d’être ministre. Mais, je rêve d’un autre roman.


Pour parler de Yayi Boni ?


Pour parler de ces onze mois précédés par la campagne. Ce serait sous forme de roman parce que je n’ai pas le droit de révéler les secrets du couvent.

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