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Le Confrère de la Matinée N° du 9/12/2013

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Management de l’actualité nationale : La monophonie tendancieuse des autorités béninoises
Publié le lundi 9 decembre 2013   |  Le Confrère de la Matinée




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L’actualité nationale s’enrichit de jour en jour d’événements sociaux, politiques… heureux ou malheureux. Mais lorsque ces événements naissent ou surviennent, il y a comme la prédominance d’un son qui se fait entendre et qui tend à faire ombrage à tous autres actes.

La gestion de l’information devient une préoccupation générale. Il y a comme un déséquilibre quant aux moyens utilisés et le matraquage foisonnant en faveur du pouvoir en place. Toutes les activités du gouvernement occupent une place de choix dans les media, surtout ceux appartenant à l’Etat. Le service public de l’information est utilisé à foison pour ne relayer en majorité que les événements conduits par les autorités publiques de tous les rangs.

De façon systématique, tous les faits et gestes du gouvernement sont priorisés dans le relais de l’information. Lorsqu’il vous plait de vous informer sur la vie de la nation, seules sont présentées les actions posées par les responsables de services publics, actions favorables au pouvoir du changement.


Traitement « rigoureux » des faits

Les faits recueillis sur le terrain par les journalistes reporters ne sont jamais présentés à l’état brut aux auditeurs, téléspectateurs ou lecteurs. Bien sûr, ces faits subissent le nettoyage nécessaire avant leur publication ou diffusion. Ils sont traités de manière à les débarrasser de tout ce qui peut compromettre ou nuire à la cohésion sociale, ou encore constituer une menace à la paix et à l’unité nationale.

Ceci étant de règle. Mais ce qui est dénoncé ici, ce n’est pas cette pratique déontologique de gestion de l’information, mais le choix délibéré d’orienter et d’imprimer aux faits une allure qui concorde avec l’aspiration du pouvoir. C’est aussi l’effort consenti pour donner la forme et la couleur voulue à l’information. L’information dès lors, est taillée sur mesure. Tout ce qui est relaté au cours des journaux télévisés ou parlés, voire écrits (pour ceux qui émargent), n’est que le pâle reflet de la volonté exprimée au plus haut niveau. La contradiction n’est pas permise, du moins pas pour donner une autre version si ce n’est celle dite « officielle ». N’est-ce pas ce qu’a voulu déplorer publiquement le parti politique « L’Union fait la Nation » en allant rencontrer la HAAC (Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication) ?

En effet, ce parti politique réclame l’accès « équitable » aux médias publics dont il se sent lésé.

A y voir de près, on a comme l’impression que la gestion de l’information et surtout sa vulgarisation laisse à désirer. Par exemple à tout moment, la chaine nationale de télévision est envahie par le pouvoir qui fait passer et repasser (N) fois, des informations qui lui sont favorables. Cela ressemble à brûle pour point ce qu’il était convenu d’appeler au temps de la Révolution « le lavage de cerveau » qui est une méthode permettant d’obliger la population à n’écouter et voir que les « exploits » du gouvernement. A preuve, la conférence de presse tenue par les conseils du chef de l’Etat a été diffusée et re-re-rediffusée à en lasser le public.

Sans qu’on ait dit officiellement que les partis se réclamant de l’opposition sont interdits des antennes des organes publics, les complications à eux faites de même que les tracasseries auxquelles ils sont soumis sont de nature à les décourager de cette velléité. Leurs plaintes sont multiples et multiformes et personne ne fait vraiment attention à leurs déboires.

Les organes qui tentent de diversifier leurs sources d’information et de varier même les informations sont malheureusement dans le viseur de caciques du pouvoir. Peut-être que le chef n’est toujours pas au courant de ces choses-là qui ramènent la République loin dans le passé et qui donnent une mauvaise image du pays.

Un partenaire technique s’est désolé au cours d’une réunion, de la manière dont est gérée la télévision nationale, par exemple. Il ironisait en disant que le Bénin s’est transformé en pays où ne se déroulent que des séminaires, marches de soutien et autres séances laudatives.

La monophonie ambiante est révélatrice de la décadence communicationnelle dans laquelle s’empêtre malheureusement, notre pays, le Bénin.

Félix MAHOUGNON

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