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Art et Culture

Daagbo Hounon Hounan II : «ce n’est pas le Président Soglo qui a créé la fête nationale du Vodun»

Publié le mercredi 5 aout 2020  |  Infos Plus
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© aCotonou.com par DR
Sa Majesté Daagbo Hounon Hounan II, Chef spirituel suprême Vodoun Houindo, roi des mers et océans
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A l’occasion des 60 ans d’indépendance de l’ex-Dahomey, nous avons rencontré dans son palais à Ouidah, Sa Majesté Daagbo Hounon Hounan II, Chef spirituel suprême Vodoun Houindo. Entre autres questions, l’historique de la fête du 10 janvier à propos de laquelle il a fait une rectification.

Majesté Daagbo Hounon Hounan II : Pendant des siècles, les missionnaires n’ont pas pu dire la vérité aux gens et il a fallu le premier Symposium national sur le culte Vodun tenu du 28 mai au 4 juin 1991 pour dire «Plus jamais l’appellation ‘’fétiche’’». A partir de là, l’une des résolutions portait sur l’institution de la journée du Vodun le 10 janvier de chaque année. Beaucoup se plaisent à dire que c’est le Président Soglo qui l’a créée, ce n’est pas vrai. Les dignitaires Vodunon eux-mêmes ont pris cette décision, laquelle a été accompagnée par le Gouvernement. Evidemment, Soglo était au pouvoir en ce moment-là. Je répète bien que ce n’est pas le Président Soglo qui a créé la fête nationale du Vodun. Ce sont les dignitaires Vodunnon rassemblés du 28 mai au 4 juin 1991 à Ouidah, à la Maison de la culture qui avaient pris cette résolution et la demande a été envoyée au Gouvernement et a fait un ping pong entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale pendant près de cinq ans avant d’être adoptée. Dans la demande qui était partie c’est la ‘’fête nationale du Vodoun’’. Mais finalement ils sont revenus là-dessus pour dire qu’au nord, à l’est ou à l’ouest, on ne dit pas Vodun. C’est pourquoi le décret parle plutôt de ‘’la fête nationale des religions traditionnelles’’. Une fois acceptée, la décision devait être mise en application à partir du 10 janvier 1996, donc au cours des derniers mois du mandat du Président Soglo. On ne sait pour quelle raison, elle a été de nouveau bloquée. Mais Soglo a pris une ordonnance pour déclarer chômée et payée sur toute l’entendu du territoire national la journée du 10 janvier 1996. Ce n’est pas suffisant pour dire que Soglo a créé cette fête. Il a plutôt accompagné. Mais est-il fort louable de reconnaître que le Président Mathieu Kérékou était en amont et en aval de la Renaissance du Vodoun. Puisque c’est lui qui a souhaité le regroupement de cette classe. C’est lui qui a finalement signé le décret en août 1997. Et son application a commencé à partir du 1er janvier 1998. Toutefois la fête du 10 janvier se passait avant que la demande ne soit même transmise, que le gouvernement n’accompagne et que l’Assemblée nationale l’ait votée pour être promulguée par le Président Kérékou en 1997.

Telle que cette fête est aujourd’hui organisée, en êtes-vous satisfait ? Que proposeriez-vous pour qu’elle contribue efficacement à la valeur Vodun ?
La nature a fait toute chose bonne, c’est nous les hommes qui les compliquons par nos comportements. Quand la décision était prise pour accompagner, la fête était comme un pèlerinage à la plage de Ouidah, précisément à l’emplacement de la «Porte du non-retour», un lieu multiséculaire historique. Ce lieu n’a donc pas été choisi au hasard. Tous ceux qui sont au nord, venaient là à Ouidah. Mais avec la politisation à outrance de la chose traditionnelle, et chacun voulant avoir une bonne dose d’électorat dans son fief, on a commencé par parler de célébration tournante. «On doit commencer par fêter chez nous aussi». Ainsi a commencé l’émiettement de la fête nationale du Vodun. Alors qu’en principe, c’était un moment de remise en cause, de communion, de pensée et d’actions avec les ancêtres, parce qu’au départ, et même jusqu’à l’heure actuelle, le palais Dada Daagbo Hounon Hounan l’a toujours dédié à la diaspora noire. Depuis la Place Tchatcha jusqu’à la plage, au départ, on prenait des gens qui miment la maltraitance des esclaves. Certains jouaient le rôle d’esclaves et d’autres se mettaient dans la peau de colons. Ainsi jusqu’à la plage en passant par Zungbodji. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Or c’était pour aiguiser la conscience que l’esclavage est mauvais. Malgré que les gens l’aient aboli, il faut aller voir dans le fond de cette abolition, vivre ce souvenir douloureux. Il faut revenir à la normale. La normale, c’est sous forme de pèlerinage. C’est vrai qu’aujourd’hui, nous sommes au minimum 11 millions, et dans le fond plus de la moitié se trouvent dans la tradition. On ne peut pas demander à tous ces gens de venir à la plage le même jour. En différé, oui. Quand le 10 janvier passe, c’est en ce moment que d’autres l’organisent dans d’autres communes. Le bienfait est que tout le monde reconnaît aujourd’hui la religion traditionnelle, puisque le Vodun, c’est en même temps une religion, une culture, c’est notre spiritualité. Le Vodun n’est plus la fête du Bénin seul, mais une fête internationale. Les gens viennent d’un peu partout y assister parce qu’ils ont en partage le Vodun.

La rédaction
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