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Bonne gouvernance, 60 ans d’indépendance, et promotion de l’Excellence « Sous l’arbre à Palabres » à l’Evènement Précis: Le PDG de Manus Fran.C.E. Yannick Emmanuel Dossou se prononce

Publié le vendredi 28 aout 2020  |  L`événement Précis
Yannick
© aCotonou.com par DR
Yannick Emmanuel Dossou, Président directeur général de l’Institut Manus Fran.C.E
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Créé avant la Conférence nationale des forces vives de la nation de février 1990, l’Institut Manus Fran.C.E a fait des progrès dans plusieurs domaines en Afrique. Reçu dans la rubrique «Sous l’arbre à palabre» du quotidien L’Evénement Précis, le mardi 18 août dernier, son Président directeur général, Yannick Emmanuel Dossou, a levé un coin de voile sur les objectifs que vise son institut. Il s’agit selon lui, de contribuer à la lutte contre la tyrannie, à la préservation de la libre expression. Il s’investit également dans l’amélioration du cadre de vie des populations. Il commande régulièrement des études pour la recherche de solution au chômage des jeunes. Par ailleurs, l’institut Manus Fran.C.E, fait aussi de la prospective sociale, veille à la bonne gouvernance et la préservation de la démocratie au Bénin et dans plusieurs pays d’Afrique que sont : le Togo, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso, le Niger, le Gabon, le Cameroun et la Guinée Equatoriale etc. L’institut, à travers ses différentes initiatives, met en lumière les aspects relatifs à la culture, à l’économie, la science et la technologie. Pour Yannick Emmanuel Dossou, l’Afrique fait son chemin dans plusieurs domaines, malgré les fléaux connus comme la traite négrière et la colonisation. « Nous avons fait des progrès sur plusieurs plans. Ne pas le reconnaître, c’est faire preuve d’une mauvaise foi », a-t-il indiqué. Abordant la gouvernance de l’actuel chef de l’Etat béninois, le Président directeur général Yannick Emmanuel Dossou, a fait savoir que depuis l’accession à la magistrature suprême en 2016 de Talon, ce dernier a entrepris « certaines réformes, qu’aucun de ses successeurs ne saurait remettre en cause ». Il s’agit par exemple de la question de la digitalisation de l’administration publique et le projet asphaltage en cours. Toutefois, il a confié qu’il y a également des réformes qui ont connu un échec, mais il croit fermement que le Président Talon a la capacité de travailler, afin que le mal être béninois devienne le mieux-être que tous nous recherchons.

Et si on en parlait

Manus-Fran-C.E., qu’est-ce que c’est ?

Au départ l’Institut Manus-Fran.C.E. était une Ong créée sous la loi de 1901. Nous étions à la veille de la Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation de Février 1990 au Bénin. C’était l’une des premières Ong ou associations de la société civile à avoir déposé ses dossiers au lendemain de ces assises. Nous y avions pensé, pour parler des objectifs de Manus-Fran.C.E., depuis les mouvements de 1985. Nous étions au milieu des années 80 quand les salaires payés par le gouvernement marxiste-léniniste de l’époque, étaient devenus de la nivaquine. C’était par ces expressions là que l’on désignait les choses à l’époque. C’était tellement amer que le peuple béninois, surtout la jeunesse qu’on constituait en tant que collégiens avec nos aînés étudiants à l’époque, avait suffisamment soif de la liberté, la liberté d’expression, la liberté d’aller et de venir, la liberté de penser et de dire à haute et intelligible voix ce que nous pensions du système qui était en vogue à l’époque. Et donc avec le soulèvement de cette jeunesse en 1985, nous avions perdu quelques hommes dont AKATCHA Parfait. Son nom demeure dans les mémoires collectives de nous tous de cette époque-là; parce qu’il était tombé sur le champ de bataille. Et donc depuis ces incidents-là, parce que pour moi, un mort, c’était déjà trop, nous nous sommes lancés dans un combat démocratique, dans un combat pour retrouver la liberté d’expression, la liberté de penser, le droit de parler et de s’exprimer, qui est un droit inné. Nous venons au monde avec ce droit. Et nul ne saurait nous l’arracher sous aucun prétexte. Je disais donc que c’est à partir de ces incidents que nous avons commencé à penser à un creuset qui nous permettrait de prendre la parole, de nous exprimer dans les foras, sur la place publique. Et petitement, l’idée a fait son petit bonhomme de chemin jusqu’en 1988. Mais à cette époque, il n’était pas permis d’enregistrer une association ou toute autre organisation. Nous avons toutefois continué notre combat jusqu’à la veille de la conférence nationale. J’avais pris part aux préparatifs, parce que je faisais partie de plusieurs mouvements d’action catholique, de scouts, de la coordination des jeunes de l’archidiocèse de Cotonou et autres. C’est au nom de ces mouvements que nous étions quelques jeunes à avoir eu la possibilité, à peine quatre, dont l’aîné Alain ADIHOU, de prendre part à ces assises pour y représenter la jeunesse catholique. Nous avons préparé cette conférence nationale nuitamment des fois. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire ici. Il fallait commencer certaines réunions à 01heure du matin. Et il fallait vous arranger pour vous retrouver sur les lieux de cette réunion de la manière la plus discrète qui soit. Je dis tout cela pour que vous compreniez que ces exercices-là et ces participations n’ont fait que consolider en nous l’idée de la création de l’Ong Manus-Fran.C.E. , qui finalement a pu être enregistrée au ministère de l’intérieur, en juillet 1991. Elle a été créée pour contribuer à la lutte contre la tyrannie, au développement de la libre expression des Béninoises et des Béninois devant n’importe quel pouvoir qu’on avait en face. Elle avait été créée également pour prendre en considération et s’investir dans l’amélioration des conditions de vie et d’études des jeunes que nous étions, jeunes élèves, jeunes étudiants. Egalement, l’Ong a été créée pour s’investir dans le domaine de la prospective sociale et la bonne gouvernance. Manus-Fran.C.E. est passée d’une Ong à sa création à un Institut, quelques années plus tard.

Pourquoi un Institut par la suite ?

Institut, parce que nos activités avaient commencé par prendre des dimensions importantes. Je me rappelle comme si c’était hier, en 1992 déjà, avec le président d’honneur, Hubert MAGA, nous avions été invités par le président Houphouët pour discuter avec la jeunesse ivoirienne. Nous avions été invités pour présenter une communication parce que le président Houphouët a été toujours admiratif du comportement de la jeunesse béninoise. Les Béninois brillent beaucoup plus à l’extérieur qu’à l’intérieur. C’est une problématique qui devrait préoccuper vous et moi de savoir pourquoi c’est ainsi et de trouver des solutions adéquates pour y remédier. Et donc à partir de cette communication à laquelle nous avions été invités à Abidjan, je crois que j’avais devant moi plus de 5000 étudiants à l’époque où j’avais pris la parole pour présenter ce que je suis en train de vous présenter aujourd’hui, à savoir comment la jeunesse doit se prendre en charge et ne pas tout attendre de l’Etat providentiel. Et très rapidement, ce colloque a commencé par prendre de l’ampleur. Nous avions alors estimé que l’Ong dans sa mouture ne suffisait plus pour aller rechercher des financements pour des activités intellectuelles et scientifiques et qu’il nous fallait alors dans le cadre d’un Institut de recherche et de développement, redimensionner nos objectifs et trouver un creuset plus adéquat pour mener des activités à la fois pédagogiques, scientifiques, intellectuelles, à savoir des séminaires de formation, des voyages d’études, etc. Voilà pourquoi nous sommes passés à la création de l’Institut Manus-Fran.C.E.

Beaucoup se demandent aussi pourquoi le nom Fran.C.E. parait dans la dénomination ?

Vous vous êtes posé une question pertinente. Mais vous auriez pu vous intéresser à l’orthographe du mot France. En fait c’est Fran.C.E. Ce qui sonne c’est le mot France et malheureusement, cela fait penser au pays France. Retenez donc une fois pour toutes que Manus-Fran.C.E. n’a rien à voir avec le pays, France. Rien du tout alors, même si aujourd’hui, la direction générale et la coordination générale sont basées en France. Ce nom Manus-Fran.C.E., qui est en trois parties est la devise de notre Institut. « Franc » qui veut dire tout ce que nous menons comme activité doit se faire avec franchise. C’est-à-dire dans la loyauté, la foi et le patriotisme. Je vais bien exagérer en disant même le nationalisme. Le « C » définit la coopération et le « E » signifie entraide. Entreprendre toute coopération et entraide dans la franchise. Et « Manus » c’est les mains en latin.

Quels sont les pays que vous couvrez ?

Aujourd’hui, nous couvrons beaucoup de pays. Nous avons des représentations nationales au Bénin, au Togo, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Burkina Faso, au Niger. En Afrique centrale, nous avons le Cameroun et la Guinée Equatoriale. Chaque représentation a aussi en charge les autres pays qui ne sont pas encore couverts par des directions nationales autonomes. Et donc, le Bénin qui était le siège originel est devenu aussi une direction nationale tandis que le siège a été transféré à Paris en France.

Vous qui organisez la « Grande Nuit de l’Indépendance », qu’est-ce que vous constatez comme évolution ou régression depuis 60 ans que le Bénin est indépendant ?

On va commencer par nous intéresser à la Grande Nuit de l’Indépendance, et plus tard les Trophées « Cauri national ou international » de l’Excellence, du Mérite et de l’Intégration. Disons que la Grande nuit de l’indépendance a commencé dès 1991. Nous en sommes à notre 29ème édition, avec la dernière édition que nous avons eue le 31 juillet dernier à l’Hôtel AZALAÏ à Cotonou, sous le parrainage du Ministre de la Communication et de la Poste, Maître Alain OROUNLA. La Grande Nuit de l’Indépendance a été créée pour rassembler. Elle se veut le prolongement du consensus que nous avons connu à la Conférence Nationale et qui a permis à notre pays de refonder la République en 1990, de créer les fondamentaux et de choisir notre option politique et économique et devrait désormais gouverner les rapports entre citoyens et puis, entre les citoyens et les gouvernants, etc. Ça a été très élaboré pour ceux d’entre nous à l’époque, jeunes ou vieux qui avons suivi cette Conférence. Feu Monseigneur Isidore de SOUZA qui avait présidé les destinées de cette conférence aurait pu être tué. Je vais vous raconter une petite anecdote où en pleine conférence, Monseigneur de SOUZA avait été invité par le Président KEREKOU, parce qu’il y avait une question à trancher. Les conférenciers ne s’entendaient pas. Qu’il vous souvienne que cette conférence nationale était composée à la fois des membres du parti de la Révolution populaire du Bénin, du Comité central, le conseil exécutif national, les membres de l’Assemblée nationale révolutionnaire, les membres du syndicat unique (UNSTB), puisque c’est le parti qui dirigeait l’Etat, etc. Mais ajouté à tous les mécontents, les torturés de l’époque, en plus de ceux qui avaient été condamnés à l’exil. Des gens ont été condamnés à mort comme les Gratien Pognon, le Président Emile Derlin ZINSOU et bien d’autres. Tout ce beau monde s’était retrouvé à la Conférence nationale dans un esprit un peu de méfiance, malgré la loi d’amnistie qui avait été prise pour permettre à ce que tout le monde rentre pour parler du pays. Donc le consensus n’était d’acquis d’avance. Il y avait ceux qui pendant 17 ans étaient les manitous de ce système à qui on voudrait arracher ce droit de ne plus continuer à martyriser le peuple. Je me rappelle d’une expression du Général Martin Dohou AZONHIHO qui disait en fon : « yéwabo nan kon gan mion é nan vè hou déssou » (« Si c’est pour nous limoger de nos postes ou de notre position, ce sera très difficile »). Ça c’était prononcé à la Conférence par Azonhiho. Et qui dit Martin Dohou AZONHIHO à l’époque, pour ceux qui ont à peu près mon âge, c’était terrifiant comme nom. Et pourtant, c’est un homme complètement affable. Monseigneur avait été invité donc par le Président KEREKOU et tel que ça avait été élaboré, d’après les confidences que nous avions reçues de Monseigneur et ensuite d’un certain nombre de témoins, ils étaient deux, et sur les deux il y a un qui est décédé déjà, mais le second est encore vivant, devant témoin il nous l’avait rappelé il n’y a pas si longtemps que ça. Ce soir-là, en quittant KEREKOU pour rejoindre la conférence nationale, Monseigneur de SOUZA devrait être achevé. Et donc KEREKOU qui a eu une longue conversation avec Monseigneur de SOUZA ce soir là, pendant que les conférenciers attendaient, l’avait raccompagné à sa sortie. En le raccompagnant, il lui avait lui-même ouvert la portière de la voiture et avait donné son dos. Déjà tout le dispositif a été mis en déroute par le président KEREKOU pour préserver la vie du prélat. Et ceci avait été fait avec son propre véhicule pour préserver la même vie de ce prélat jusqu’à l’hôtel PLM Alédjo. Vous comprenez un peu pourquoi ceux qui ont eu la grâce de participer à la re-création des fondements de notre République à la conférence nationale, doivent être suffisamment jaloux de la liberté d’expression, de la démocratie et de tous les autres fondamentaux de la République. Ça n’a pas été facile. Maintenant, après la Conférence nationale, est-ce que nous devrions nous arrêter là ? Manus-Fran.C.E. s’est dit non. Créons un creuset qui va, ne serait-ce qu’une fois l’an, permettre à tous ces acteurs-là où qu’ils soient, chacun dans le service de la République, de se retrouver pour faire un peu le bilan non seulement des acquis de la Conférence année par année, mais aussi du parcours que nous avons fait depuis l’accession de notre pays à la souveraineté internationale en 1960, jusqu’à l’an X où nous sommes. Voilà comment la Grande Nuit de l’Indépendance fût conçue et créée, et rassemblait tous les anciens présidents de la République, de l’Assemblée nationale, les membres du gouvernement, ceux des partis politiques soutenant l’action du gouvernement et ceux de l’opposition, les diplomates en poste au Bénin, les jeunes, les syndicats, la société civile, etc. Ça a toujours été depuis 1991, une soirée de grande solidarité nationale où quelque soit ce qui les oppose sur les plans politique, économique, culturel et autres, ils se retrouvent pour parler. La preuve, le 31 juillet dernier, qui pouvait penser que la jeune Député Sèdami FAGLA se retrouverait sur le même plateau qu’un membre de la Résistance, je veux nommer l’ancienne Député Amissétou AFFO DJOBO ? Elles étaient sur le même plateau et ont pu parler de notre pays et de son développement. Quelque chose qu’on n’a plus vu depuis longtemps dans notre pays. Quand on a abordé la thématique de l’économie, vous avez vu également des gens de l’opposition échanger avec ceux qui soutiennent l’action du gouvernement en place. Donc voilà un peu le concept, la vision et la philosophie de la Grande Nuit de l’Indépendance. Plus tard, il fallait trouver un moyen d’amener les jeunes à comprendre que rien de bon, de grand et de durable ne peut s’obtenir dans la facilité. Aujourd’hui, notre jeunesse n’a pas la patience de comprendre que la vie est un long escalier qu’il faut franchir étape par étape. Aujourd’hui, on veut tout brûler. On veut avaler 5 à 10 marches sur les escaliers, peu importent les casses. Mais non, on ne développe pas un pays de cette façon, on ne se construit pas soi-même individuellement comme un château de cartes, on ne rentre pas dans la prospective, dans la construction de l’avenir d’un pays en procédant ainsi. Ce n’est pas possible. Ça finira toujours par s’écrouler. Et donc, il fallait trouver quelque chose pour permettre à cette jeunesse-là de retrouver les grands repères, des exemples d’abnégation, de travail bien fait dans l’endurance, des gens qui dans leur domaine de compétence ont excellé et qui ne recherchent le succès que par le travail bien fait, qui ne recherchent le développement de ce pays que par le respect des deniers publics, de la population qui les a mandatés à ce service. C’est ainsi qu’en 1999 encore avec le Président Hubert MAGA, premier président de notre pays, nous avons conçu les Trophées Cauri qui ont pour mission de s’investir dans la culture et la promotion de l’excellence, projeter sous les feux de la rampe, au regard de cette jeunesse, les meilleurs parmi nous qui s’investissent dans leurs domaines de compétence pour contribuer ainsi au développement et à la construction de notre pays.

Comment se fait la sélection des différents lauréats ?

Avant de revenir sur les critères de sélection, je dois vous dire ma satisfaction morale personnelle de ce qu’en 29 années, le parcours de la Grande Nuit de l’Indépendance en tant que concept, est devenu un moyen et un espace où toutes les énergies et les intelligences de ce pays se retrouvent pour penser Nation et développement dans la diversité, dans la différence des approches etc. Satisfaction morale parce que tout ceci a pu permettre de dégager beaucoup de meilleurs parmi nous qui continuent de servir d’exemple à cette jeunesse. Savez-vous que la Grande Nuit de l’indépendance et les Trophées Cauri ont contribué à leur façon à ce que beaucoup de cadres compétents qui n’étaient pas du tout connus, soient mis en lumière et promus à de hauts postes de responsabilité ? Et je crois qu’ils ont donné chacun, le meilleur d’eux-mêmes, en termes de contribution au développement de ce pays, en termes de progrès social, économique, culturel et j’en passe. Je reviens maintenant à votre question. Je crois, sans risque de me tromper, sans fausse modestie, c’est le seul Prix aujourd’hui au Bénin voire même sur le continent dont les critères de sélection sont les plus draconiens, les plus exigeants, égalitaires, justes et transparents. Le procédé qui permet de choisir les lauréats est extrêmement exigeant. Dans un premier temps, il y a la direction générale exécutive de l’Institut qui nomme en son sein, une commission ad’hoc pour identifier des nominés, pas des lauréats. Pour appuyer cette commission, il est créé un comité national ou international ad’hoc chargé d’identifier et de proposer dans chaque catégorie mise en compétition, des nominés aux trophées Cauri national ou international de l’excellence, du mérite et de l’intégration. Lorsque ces deux commissions et comités finissent leur travail, ils sont dissouts systématiquement. Après avoir dégagé les nominés, la direction exécutive reprend le relai pour écrire à chaque nominé, l’informant de ce qu’il vient d’être nominé par le comité national ou international selon le cas, chargé de l’identification et de la proposition des nominés aux trophées Cauri. La seconde étape, c’est de demander aux nominés de constituer les dossiers selon les critères de sélection de chaque catégorie mise en compétition, et les envoyer à un jury qui doit se pencher sur chaque dossier. C’est un peu comme à la présentation d’une thèse de doctorat sauf qu’ici, c’est assez rigoureux et transparent pour que personne ne puisse, à l’arrivée, se plaindre de la manière dont un lauréat a été choisi. Les trophées Cauri ont eu leur première édition en 2000 et jusqu’à ce jour, personne ne s’est plaint. Même moi, je ne connais pas les noms des lauréats jusqu’au jour de l’émission, pas plus que le PCA. C’est le jour de l’émission que chacun découvre qu’il a été lauréat de telle catégorie et c’est ainsi que le trophée est attribué.

Est-ce que selon vous, l’Afrique et le Bénin ont réellement évolué dans les domaines de la science et de la technologie ?

Je ne suis pas de ceux qui pensent que l’Afrique n’évolue pas. Je crois que l’Afrique fait son petit bonhomme de chemin avec ses hésitations, ses doutes, ses craintes et qu’elle a une histoire qui passe par la traite négrière jusqu’à la colonisation. C’est un lourd fardeau à porter. Nous avons eu des maîtres en la matière qui ont été aidés par nous-mêmes. C’est les Africains qui ont aidé à vendre les Africains, ce qu’il ne faut pas oublier. A partir de l’histoire de la traite négrière et de la colonisation qui ont duré 400 ans, nous sommes parvenus à l’indépendance pour certains, un peu plus tôt comme le Libéria en 1847, la Guinée en 1958, et à partir des années 60 pour le reste dont le Bénin, le Niger, le Gabon, le Tchad, la Côte d’Ivoire, etc. Mais, dire qu’il n’y a pas eu de progrès sur le plan politique, économique, culturel, c’est faire preuve d’une certaine mauvaise foi. Si vous prenez la photographie de Cotonou, vous verrez que la zone de Ganhi en 1960 par exemple, n’était plus pareille en 1970, celle de 1980 n’était plus pareille en 1990, en 2000, en 2020. Tout évolue ne serait-ce qu’en matière d’infrastructure qu’on peut ranger dans le domaine économique et social. Sur le plan économique, il y a eu des avancées, même si nous n’en avons pas fait assez comme certains pays asiatiques qui, eux, en 1960, étaient tous au même niveau de sous-développement que le Bénin. Je veux nommer la Chine, le Singapour, le Vietnam et bien d’autres. Quand nous étions au cours primaire et même au secondaire, on nous offrait des montres en plastique qui venaient du Japon et qu’on appelait des camelotes. Nous sommes champions à critiquer les autres, à nous foutre d’eux tandis que nous sommes confortablement installés dans notre incapacité à réfléchir par nous-mêmes. On ne réfléchit pas assez parce que nous n’avons pas su développer les gênes de la pensée qui consiste à voir l’action, le pays, et non l’individu. Nous nous auto-centrons sur notre individualité. L’Africain, notamment le Béninois pense à comment faire pour sortir son épingle du jeu et non comment faire pour que tout le monde sorte son épingle du jeu. C’est ce à quoi nous allons travailler. En clair, nous ne savons pas nous mettre ensemble pour avancer.

Pensez-vous que cette mentalité n’a pas évolué en 60 ans ?

Après 60 années, j’ai encore de la peine à dire que cette mentalité a évolué dans le sens positif. Si je prends le domaine culturel, depuis 1960, je n’ai pas le sentiment qu’en Afrique, nous ayons trouvé les bonnes personnes à la tête des ministères de la culture. En un mot, je dis que nous n’avons pas encore eu un ministre de la culture. Sous le président KEREKOU, un universitaire avait été nommé ministre de la culture et l’anecdote raconte qu’il s’etait mis à pleurer. Quand ses amis lui ont demandé ce qui n’allait pas, il aurait répondu qu’il ira gérer les danses au ministère de la culture. Bien qu’étant universitaire, celui-là n’avait rien compris de ce qu’est la culture. La culture d’un pays est la première richesse, le premier intrant du développement. Quand vous l’avez perdue, sabotée, reléguée au second plan, je ne pense pas que tout ce que vous faites après soit suffisamment ancré, solide, enraciné pour préserver les générations à venir d’un éternel recommencement. La Chine et l’Inde sont restées dans leurs cultures pour se développer. On parle en chinois, on réfléchit en chinois, on conçoit en chinois. Quand un ministère de la culture se résume à faire la promotion des artistes, toutes catégories confondues, on se rend compte qu’ils n’ont pas encore compris ce que c’est que la culture. Je ne dis pas qu’il faille abandonner la promotion des artistes, loin de là. Comment expliquez-vous la désaffection des jeunes des travaux de recherches, de la lecture, de la recherche à travers les écrits et les livres, lorsqu’on n’a jamais doté la première ville de notre pays d’une bibliothèque aussi grande et riche en vue de permettre aux jeunes de s’intéresser à la culture. Je n’ai connu que le centre culturel français qui est devenu l’Institut français qui est à côté de la présidence. Mais, il y avait un autre à Maro-militaire à l’immeuble SOGLO, qu’ils ont fermé. J’étais secrétaire à l’organisation du mouvement de la jeunesse catholique de la paroisse Saint Michel de Cotonou, dans les années 80 jusqu’au milieu des années 90. Quand nous avions eu vent de ce que le centre culturel français voulait fermer la bibliothèque de Maro-militaire, moi, m’occupant de la culture et de la coordination des jeunes, j’avais pris l’initiative d’une correspondance en direction de l’ambassadeur de France pour dire que nous étions intéressés à récupérer les bouquins dès la fermeture de la bibliothèque si ce n’était pas destiné à d’autres. C’était une initiative personnelle que j’avais prise. Je finis donc mon développement pour revenir à votre pan de question pour dire que, quand on a fait le diagnostic que je viens de faire dans le domaine culturel, vous comprenez dès lors pourquoi l’institut Manus-Fran.C.E. s’est toujours investi fondamentalement dans ce secteur là pour montrer à nos décideurs et dirigeants que c’est un secteur qu’il ne faut pas négliger si nous voulons revêtir tout ce que nous faisons en termes de développement d’un caractère d’irréversibilité. On ne saurait le faire sans tenir compte de notre culture. On ne peut pas continuer à copier intégralement les autres en oubliant que nous avons une tradition, en oubliant que nous avons une culture qu’il faut promouvoir et qu’il faut mettre au service non seulement du développement du Bénin, mais aussi au service du développement de notre Continent.
Quant à ce qui concerne le retour des œuvres d’art qui nous ont été volées, dérobées, la plupart sont sacrées. Quand on dit qu’on nous a pris le trône de Béhanzin, le trône de Glèlè…vous savez qu’un trône au Bénin, on ne le fait pas fabriquer par un artisan quelconque pour le déposer dans un salon. Sa conception, sa fabrication répondent à des rituels qui constituent non seulement une tradition, mais aussi des forces spirituelles composant l’âme d’un peuple, d’une Nation. Être chrétien aujourd’hui ne peut pas nous déconnecter de cela. Au contraire, nous devons faire en sorte que le christianisme prenne corps dans notre culture. Donc le retour de ces œuvres naturellement constitue une très belle initiative de nos dirigeants. Mais, il se pose un problème de conservation. Pour certains d’entre vous qui avez eu la chance de visiter plusieurs musées en France, notamment le musée du Quai Branly où séjournent la plupart de ces œuvres d’art dont nous parlons, vous avez pu constater les conditions dans lesquelles ces œuvres sont conservées et protégées. Avons-nous pris en amont des dispositions pour qu’une fois rentrées, ces œuvres ne se sentent pas délaissées, que ces œuvres ne se retrouvent pas comblées de poussière ou ne se promènent pas non seulement dans des endroits qui ne leur garantissent pas le sens du sacré, mais ce qu’elles constituent comme patrimoine culturel, une richesse énorme à protéger aussi bien pour les générations présentes que futures ? Là, c’est encore une autre problématique à déceler. En gros, il est indéniable que si ce n’est pas aujourd’hui, tôt ou tard, ces œuvres devraient revenir. Parce que les mentalités évoluent. Les jeunes aujourd’hui ne réfléchissent plus comme nos aînés d’hier. Les opinions publiques nationales sont de plus en plus révoltées. Elles veulent prendre leur destin en main et prennent même de court certains dirigeants.
On a vu ce qui s’est passé il y a environ 5 ou 6 ans au Burkina Faso. On a vu en Tunisie le printemps arabe etc. C’est tout un ensemble. Un jeune ministre italien avait pris fait et cause pour les Africains il n’y a pas si longtemps que ça en ce qui concerne le franc CFA. Qui pouvait penser il y a 10 ans ou 15 ans que des occidentaux peuvent se soulever contre des occidentaux pour dire :« Rendez à l’Afrique ce que vous lui avez pris » ? Et si vous allez fouiller un peu, le président Chirac avait dit de rendre à l’Afrique ce que l’Europe, notamment la France lui a pris. C’est autant de choses que nous devons prendre en considération pour mieux élaborer notre stratégie de retour de tout ce qui nous a été pris, pas uniquement les objets d’art mais également bien d’autres richesses.

Bientôt 30 ans qu’existe l’Institut Manus-Fran.C.E. Quelles sont les perspectives pour les années à venir au regard du parcours, des nombreuses personnalités distinguées et au regard aussi de votre impact ?

L’on ne peut pas parler de soi-même. Mais l’exercice auquel vous m’avez livré exige de moi que je puisse vous dire ce que je peux et dois vous dire. Le reste, je crois que ce sont les observateurs avisés qui peuvent faire le bilan. Disons qu’en termes de perspectives, nous voyons un avenir prometteur et reluisant. Dans la mesure où nous avons su avec le concours à la fois des équipes successives qui nous ont accompagné depuis 30 ans, des institutions qu’elles soient nationales ou internationales qui nous ont appuyé, que nous avons semé des graines d’un développement des activités et des objectifs que nous nous sommes fixés dès le départ et qui sont en train d’être réalisés méthodiquement, structurellement, patiemment mais, avec beaucoup de détachement et de travail. Je crois que les perspectives demeurent encore bonnes dans la mesure où, ce qui a commencé, nous continuons à l’amplifier. Et la période que nous traversons nous motive en ce sens qu’elle nous montre que nos peuples, notre pays, notre continent ont besoin davantage de culture et de promotion de l’excellence dans tous les domaines de la vie. La recherche scientifique et technique a été l’un de nos chevaux de bataille. Et donc nous ne saurions développer un pays sans passer par une bonne dotation en moyens et matériels de nos scientifiques pour leur permettre de faire de la recherche. Il n’y aurait pas eu de recherche en amont que nous ne pourrions pas bénéficier de l’air que le brasseur qui tourne là brasse, ni le climatiseur, ni le poste téléviseur, ni la digitalisation qui est en vogue et à laquelle nous sommes tous appelés de façon incontournable à participer aujourd’hui. Donc je crois que nous nous investissons assez pour que tout cela au bout du rouleau soit bien apprécié et continue d’impacter notre jeunesse sur le continent et particulièrement au Bénin, et aussi l’économie de notre pays. C’est une lutte de longue haleine. Une lutte de développement ne s’arrête pas. Si cela s’arrêtait, je crois que les grands pays dont nous parlons (les États Unis, la France, l’Allemagne, le Japon, la Chine, etc.) se seraient arrêtés en se disant : « nous sommes déjà développés. Puisque nous le sommes, il ne reste plus rien à faire. » Non. Tant que l’homme respire, il travaille pour améliorer ses conditions de vie. Parce que chaque jour, l’homme meurt, chaque jour l’homme naît. Et donc, le développement est un travail incessant jusqu’au jour où peut-être le monde cesserait d’exister.

Est-ce que vous pensez que le régime actuel est dans la dynamique de vous permettre de mener vos activités à bon port?

Est-ce que le régime actuel nous appuie ou pas, à vrai dire, on n’a jamais fait la démarche; simplement parce que dès le début de ce régime, nous avons vu les ambitions qu’il a affichées et constaté qu’il avait très peu de temps pour nous écouter. Puisqu’il a invité tout le monde à se serrer les coudes en vue d’un développement plus rapide. Nous avons vu que des réformes avaient commencé tous azimuts dans tous les secteurs. Et donc, nous nous sommes donnés également le temps de l’observation. Ce qu’il faut noter et qui est très important, c’est que le premier responsable de ce régime en l’occurrence le président TALON, a été, est et demeure un grand admirateur non seulement de l’institut Manus-Fran.C.E. mais également de ses activités depuis bien des années. Puisqu’il a été pendant longtemps parmi les soutiens financiers et moraux de notre institut. Mais en terme d’appui, je crois que oui, bien que nous n’ayons pas fait la démarche, dès que nous avons posé des actes qui nécessitent que le gouvernement TALON nous vienne en appui, nous n’avons pas manqué de l’avoir. Puisque le ministre de la communication a été dépêché le 31 juillet dernier pour parrainer la Nuit de l’indépendance. Il pouvait dire : « Nous ne sommes pas intéressés. » auquel cas le ministre pouvait dire non. C’est la preuve que ce gouvernement soutient les actions et activités qui rentrent donc dans le cadre de la culture et de la promotion de l’excellence.

Plusieurs réalisations sont à l’actif du président TALON. Mais des Béninois continuent de se plaindre de leur mieux-être….

Je vais être franc avec vous. Puisque vous avez été franc avec moi. Vous avez dit que vous vous plaignez aussi de votre mieux-être. Ça veut dire que vous avez observé malgré les grands chantiers qui sont ouverts et qui évoluent cahin-caha pour le bonheur des Béninois et des Béninoises, qu’il y a un malaise. Le malaise du mieux-être, le malaise du bien-être.
J’ai dit déjà à d’autres occasions que je n’ai pas encore vu celui qui succèderait au président Talon et qui s’amuserait à mettre un terme à un certain nombre de réformes qu’il a engagées. Pas toutes. Mais un certain nombre. Pas toutes parce que nul n’est parfait. Ceux qui l’ont précédé ont eu à faire des réformes, ont eu à apporter leurs contributions depuis 1960 successivement à la construction et au développement de notre pays. Adulé ou décrié, chacun a fait ce qu’il a pu. Et chacun continue de faire ce qu’il peut. C’est dans cette dynamique et dans cette logique que je m’inscris en constatant comme vous, que beaucoup de grandes réformes ont été engagées et bien engagées au point où, aucun successeur de TALON ne saurait remettre en cause ces réformes. Je donne deux ou trois exemples. Le premier, c’est la digitalisation de l’administration. Comment peut-on à l’ère du développement du numérique, pendant qu’un gouvernement a lancé la digitalisation de notre administration, revenir en arrière pour dire qu’on va la remettre en cause ? Pensez-vous qu’on peut y arriver ? Ça va être difficile pour celui-là. La digitalisation n’a pas que pour mission la modernisation de l’administration, mais elle ambitionne également de lutter considérablement contre la corruption. Nous avons cherché dans ce pays les moyens par lesquels nous devons réduire ou endiguer complètement le fléau de la corruption. La digitalisation nous en offre aujourd’hui une opportunité. Si je ne viens pas négocier un marché, si on n’a plus besoin de se voir en tête à tête pour parler d’un marché et c’est en envoyant mes dossiers sur un site que cela doit être apprécié… Vous ne voyez pas que tous ces fonds qui aliment la retro-commission et qui étaient dilapidés, pouvaient servir plutôt à autre chose qui s’appellerait aussi développement ? Autres bonnes réformes, nous pouvons parler de l’asphaltage ou pavage. L’essentiel ici, est la qualité qui est imprimée à la fabrication de ces ouvrages aujourd’hui. On le fait non seulement sur le chemin que doivent prendre les véhicules mais on pouvait aller jusqu’à la lisière des clôtures des maisons. Dans certains pays, il est difficile de trouver du sable mais lorsqu’on arrive à en trouver il se présente comme un objet de décoration mais ici des fortunes sont dépensées ne serait-ce que par la ville de Cotonou. Mais les mairies dépensent des millions pour désensabler les routes. Le président TALON a choisi de faire l’asphaltage, il a bien fait et il faut le lui reconnaitre à lui et son gouvernement.

Quels sont vos souhaits et vos rêves pour le Bénin dans les 60 prochaines années ?

Je souhaiterais que dans les 60 prochaines années on puisse dire : « Voilà ce que le Bénin a pu réaliser pendant 60 ans comparativement aux soixante dernières années. » Pour les 60 prochaines années, nous devons multiplier par cinq ou par dix les efforts que les générations successives jusqu’à nous ont investi dans le développement. Nous devons travailler à ce que chaque année qui passera à partir de 2020 puisse être meilleure à 60 et plus jusqu’en 2020 de sorte que nos petits enfants en regardant nos efforts, en contemplant les livres d’histoire puissent apprécier les prouesses réalisées par les aînées.

Avec les tentatives de coup d’États au Mali et autres, est ce que vous pensez que l’Afrique de demain sera un continent de conflits de ce genre?

Je suis viscéralement contre les interventions militaires. Aux antipodes de cela, vous comprendrez dès lors que je suis un produit fini de la démocratie, de la liberté et des droits de l’homme. Quand souvent les coups d’États interviennent sur le continent, les dirigeants déchus courent tous souvent vers l’hexagone. Parce qu’ils estiment qu’ils sont plus protégés ainsi que leurs droits et que même pour les livrer à la justice des pays qu’ils ont eu à gouverner, cela serait difficile. Mais pourquoi n’avoir pas travaillé en amont quand ils en avaient la capacité pour que leur propre pays soit un pays des droits de l’homme, de liberté d’expression ? Je suis contre le coup d’État mais je suis également contre les dirigeants qui ne imposent des systèmes dictatoriaux à leur peuple, et se fichent complètement des souffrances de ce peuple.
Il faut qu’on se mobilise pour révéler ce que l’Institut Manus-Fran.C.E. a commencé depuis les années 91. Et vous constaterez que la manière de s’opposer à un gouvernement varie d’un pays à un autre. Dans les pays émergents, ce n’est pas de la même manière que cela se passe ; mais l’Afrique en la matière n’a pas de leçon à donner au reste du monde. Nous devons apprendre à nous mettre ensemble et à penser nation. Nous fondre, et nous sacrifier nous-mêmes pour que la volonté populaire puisse trouver une place, afin que ceux qui ne sont pas d’accord avec un système puissent trouver absolument un espace d’expression. « Loin de me léser, mon frère, ta différence m’enrichit. », disait Antoine de Saint EXUPERY. On ne peut pas opter pour la démocratie et se comporter comme si nous étions dans un autre système. Le cas du Mali, j’en ai discuté longuement il y a 48 heures avec de hautes personnalités au Niger. Certains retournant dans leur pays ont pris le même avion que moi jusqu’à Cotonou, c’était avant hier. Il est à souhaiter que les uns et les autres prennent exemple sur ce qui a pu conduire à des situations extrêmes de ce genre et les corrigent chez eux afin que cela ne fasse pas tâche d’huile dans les autres pays.

Carte d’identité: Juriste et Manager d’entreprise

Né le 12 décembre 1966 à Cotonou, Yannick Emmanuel DOSSOU a fait ses études primaires à l’Ecole catholique Saint Michel. Il y obtient son Cefeb en 1979. Il suit ses cours du secondaire de la 6ème en première au Collège Père Aupiais, puis au CEG Akpakpa Centre. Son BEPC, ill’obtient en 1984 dans son premier collègue, ensuite le Baccalauréat série L au CEG Dantokpa doublé du diplôme de CAPA (Capacité en droit et Sciences Economiques). A l’université, il étudie le droit. « J’ai fait le droit. Et comme je craignais que les Mathématiques me fassent encore échouer une deuxième fois, en Terminale, j’avais anticipé. Après les résultats de la terminale, ils avaient lancé un examen à l’université qu’ils appelaient Eseu et puis Capa. Et cela vous donnait droit à une formation professionnelle et à partir de là, vous pouviez postuler au poste d’huissier à l’époque. Et donc avant d’avoir le BAC, l’année suivante j’étais déjà à l’université », renseigne-t-il. Au bout de trois années d’études, il s’est envolé pour la France pour y poursuivre ses études en droit à l’Université Marne-la Vallée Paris 12ème devenue l’Université de Créteil. C’est là qu’il a fini ses études avec une Maîtrise en droit en 2001. Par la suite, il s’inscrit à l’Institut de Formation supérieur Osmose pour étudier la création, la gestion des entreprises et la communication où il a décroché son Diplôme supérieur. Il est donc à la fois un Juriste et un gestionnaire d’entreprise et communicateur. Ayant une grande aversion pour la fonction publique, Yannick Emmanuel DOSSOU était déjà chef d’entreprise en classe de première. Il faisait en effet la location des verres, fourchettes, et des plats, entre autres et organisait des activités culturelles à but lucratif. Aujourd’hui chef d’entreprises, il dirige une société de négoce International basée à Londres puis Métro Multiservices International, Métro CommunicationS, Directeur Associé de ADS Partners, puis ASC Group qui est le holding qui regroupe l’ensemble de ses activités.

Intimité: Attaché à son foyer

Marié et père d’enfants, Yannick Emmanuel DOSSOU aime manger dowèvi en monyo ou fait avec un peu d’amanvivè, avec akassa, ou de la pâte chaude. Il boit beaucoup d’eau, mais a un penchant pour les sucreries et fait beaucoup de sport. Il doit la stabilité de son foyer à sa foi en Dieu qui donne à sa vie son véritable sens selon ses confidences.

LA REDACTION
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