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Talon à l’heure du bilan: l’ambition démesurée de 2016 muée en projection

Publié le mercredi 30 decembre 2020  |  Matin libre
Célébration
© Présidence par DR
Célébration du 60è anniversaire de l`indépendance du Bénin
Cotonou, le 1er août 2020. Le président de la République, Patrice Talon et les Béninois, ont célébré le 60è anniversaire du Bénin dans la sobriété en raison de la pandémie de la covid-19
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Comme annoncé, le chef de l’Etat était hier, mardi 29 décembre 2020, devant le Représentation nationale pour se prêter à l’exercice du traditionnel discours sur l’état de la Nation, comme le veut l’article 72 de la Constitution à chaque fin d’année. Pour ce dernier discours du quinquennat qui intervient après une tournée de reddition de compte, Patrice Talon ne s’est pas embarrassé de chiffres. Deux à quatre phrases ont suffi pour faire le point dans chaque secteur. La plupart des prouesses ayant déjà fait objet de médiatisation puis relayée lors de la tournée qui a conduit le chef de l’Etat dans une soixantaine de villes, Patrice Talon n’a plus jugé opportun de donner des détails. Des grandes lignes, on note une satisfaction du chantre de la Rupture dans des domaines comme l’accès à l’eau potable, la sécurité des Béninois, l’unité nationale, etc. Mais le chef de l’Etat n’a pas fait que peindre en rose les cinq ans de gestion du pourvoir d’Etat. Dans plusieurs domaines, il y a des bémols. Et quand on se réfère à l’engagement du départ, matérialisé dans le Programme d’actions du gouvernement, on a l’impression que dans les domaines comme l’électricité, l’éducation, l’emploi et autres, c’est maintenant que les bases sont en train d’être jetées. Or, Patrice Talon a dit qu’en 5 ans on peut faire le job, on peut faire le miracle. Mais globalement, à bien le suivre, dans certains domaines, les Béninois doivent patienter une décennie ou deux encore. Un contraste, comparé à ce qui était dit. Dès lors, puisque le Pag était fait pour être réalisé de 2016 à 2021, ceux qui l’avaient qualifié d’ambition démesurée n’ont-ils pas aujourd’hui raison ?

Des aveux d’échecs

Dans le secteur éducatif, le chef de l’Etat a reconnu que la situation demeure globalement préoccupante. Et, il n’a pas tort, vu le manque criard d’enseignants dans les établissements d’enseignement publics, plus de trois mois après la reprise des classes. « Même si le taux de scolarisation de nos enfants paraît de plus en plus satisfaisant, la couverture de nos besoins en infrastructures et surtout en enseignements demeure insuffisante à tous les niveaux », a laissé entendre le chef de l’Etat. Mais les problèmes de l’Education se ne résument pas au manque d’enseignants. Patrice Talon est allé plus loin. « Mais notre faiblesse la plus préoccupante dans ce secteur vital pour notre présent et surtout pour notre avenir, est d’ordre structurel. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, notre système éducatif forme la plupart de nos enfants au chômage et n’offre pas à notre économie la main-d’œuvre qualifiée dont elle a besoin pour se développer et créer de la richesse ». Ici, Patrice Talon fait certainement allusion à ce qu’il avait déjà appelé bavardage et qui, selon lui, est la cause du chômage ambiant des jeunes diplômés. Comme solution, il propose d’y remédier en remplaçant la majorité des établissements secondaires et universitaires actuels par des collèges, des lycées et des écoles supérieures techniques et professionnels. La réforme, a-t-il dit, est déjà engagée. Cela qui suppose qu’il aura fallu 5 années pour faire le diagnostic et engager la réforme. Or, dans le Pag, les solutions à apporter à la problématique de l’éducation figurent en annexe 5 du pilier 2. On y lit les actions à mener pour améliorer les performances de l’éducation. La première est de reconstruire le système éducatif en phase avec les ambitions économiques. Il faudra ensuite dynamiser le Conseil national de l’Education (organe installé seulement en janvier 2020 dont on ne mesure pas jusqu’à ce jour l’impact sur les problèmes du secteur), créer la Cité internationale de l’innovation et du savoir. Quand on suit le chef de l’Etat, toutes ces actions démarrent à peine, à 5 mois de la fin du quinquennat.
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