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Art et Culture

Concert :Céline Banza à Cotonou : les charmes du prix découverte RFI 2019

Publié le mercredi 10 mars 2021  |  banouto.info
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© aCotonou.com par DR
Institut Français de Cotonou
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Prix découverte Rfi 2019, la Congolaise Céline Banza s’est produite pour la première fois à l’Institut français de Cotonou, samedi 27 février. La chanteuse s’est révélée au public béninois avec une musique d’inspiration locale chargée d’émotion et de sensibilité.

Prix découverte Rfi 2019, la Congolaise Céline Banza s’est produite pour la première fois à l’Institut français de Cotonou, samedi 27 février. La chanteuse s’est révélée au public béninois avec une musique d’inspiration locale chargée d’émotion et de sensibilité.
« On va chanter, on va danser, on va rigoler ». Quand Céline Banza dit ça après 5 minutes d’instrumentale et d’intro relaxante, elle n’avertit pas le public cotonois qu’elle l’emportait dans des ballades. D’un artiste congolais comme elle, " chanter, danser et rigoler " fait tout de suite penser à un spectacle de ndombolo avec de drôles paroles et une chorégraphie toute aussi amusante qu’athlétique. Mais, avec la lauréate du Prix découverte Rfi 2019 en concert à l’Institut français du Bénin à Cotonou samedi 27 février, c’est toute une autre couleur de la RD Congo, ce pays riche non seulement de son sous-sol mais aussi de sa musique.
Sensibilité, émotion et sensation sont les maîtres mots pour résumer les charmes de cette jeune artiste qu’il est un délice d’écouter. Dès l’entame de son concert, le public s’en délecte. A part sa voix et la musique acoustiquement soignée de son orchestre, on pourrait entendre des vols de mouches. C’est le calme d’un public attentionné, capté et montant d’un ciel à un autre avec son artiste. Sur des airs de blues à la sauce congolaise, Céline Banza coule des ballades en langue locale et donne des frissons. On retrouve une forte dose de mélancolie dans ses compositions.

Les histoires que chantent Céline Banza sont tirées de son vécu ou de ce qu’elle voit dans les rues et un peu partout au Congo. Sur « Songo te he » (notre amour), le 4è titre de la soirée, l’artiste raconte une histoire de rupture douloureuse, la sienne. « Avant de commencer cette tournée en 2020, j’ai eu des moments d’émotions très très forts. Mon ex m’a quittée. Notre histoire a été belle », apprend la chanteuse. Lorsqu’elle livre une part de sa vie intime en musique, c’est aussi pour inspirer, pour montrer qu’il faut prendre les épreuves de la vie sportivement et avancer.  « Comme il a décidé de s’en aller, il n’a qu’à partir », s’est-elle résolue dans son cas. Céline a de la sensibilité musicale mais aussi humaniste. Ce double degré de sensibilité se dégage dans son titre « Sur le pavé » qui relate la vie des enfants de rue au Congo. Plus qu’une chanson, c’est une peinture musicale de réalité attristante, d’un drame devenu quotidien au point de ne plus trop émouvoir une société qui s’en accommode.
Céline, c’est aussi une détermination à réussir dans l’art contre vents et marrées. A part son feu-père qu’il lui a offert une petite guitare jalousement gardée depuis son enfance, dans sa famille, les personnes qui l’ont soutenu dans le cocon familial sur la voie de la musique sont comptables du bout des doigts.  Aujourd’hui en pleine ascension, elle a composé une chanson pour son père. Et lorsqu’elle le chante sur scène, c’est une source d’inspiration et d’appelle à la persévérance dans les projets auxquels l’on croit quelles que soient les difficultés.
Venu l’écouter, le public cotonois avait surtout à cœur de l’entendre sur la chanson qui lui a valu le prix découverte Rfi 2019. Chanté en langue Ngbandi parlée dans le nord de la RDC, Tere mbi, le titre du sacre de novembre 2019 parle du corps de la femme. Un titre engagé, une chanson mélancolique de révolte sur laquelle, seules les notes de guitare accompagnent les paroles.
A l’origine, la chanson est composée pour une pièce de théâtre intitulée « trois femmes en colère » dans laquelle Céline a aussi joué. « Tere mbi, explique-t-elle, parle du corps de la femme comme limite où les hommes s’arrêtent et comme limite ou les femmes elles-mêmes ont du mal à dépasser et à mettre en mouvement ».
Elle s’inspire de la situation dans l’est de la RDC en guerre depuis au moins 20 ans avec son cortège de femmes et de filles violées. L’artiste relève que la femme victime est aussi celle qui s’auto censure sans se rendre compte de ce qu’elle est.

En plus des émotions et la sensibilité qu’elle dégage, amenée par un orchestre de trois musiciens, un batteur et deux guitaristes, Céline Banza qui joue aussi de la guitare, sait également donner de la sensation et pousser à la danse frénétique. Avec des notes de rock et de ndombolo raffiné, elle entrecoupe les instants de sensualité, de sensibilité avec du show pour donner de la sensation à son public. C’est d’ailleurs en dansant debout comme le dit le morceau Zingo, que le concert s’est achevé avec Céline Banza heureuse pour sa première à Cotonou et le public émerveillé d’avoir découvert une artiste talentueuse qui porte en elle le reflet d’un certain Lokua Kanza.
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