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Le Matinal N° 4250 du 17/12/2013

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Gaston Zossou sur Océan Fm dimanche dernier : « Nous avons décidé de résister, de ne pas laisser la peur en héritage à nos enfants»
Publié le mardi 17 decembre 2013   |  Le Matinal


Gaston
© Autre presse par DR
Gaston Zossou, Ancien ministre de la communication et membre du mouvement "Alternative citoyenne"


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Gaston Zossou était le dimanche 15 décembre 2013 sur l’émission « Cartes sur table » d’Océan Fm. Il s’est prononcé sur les sujets de l’actualité économique et socio-politique nationale. L’ancien ministre de Mathieu Kérékou est resté égale à lui-même : opposant bon teint du régime en place. Lire l’interview.

Quelle analyse faites-vous, Monsieur le Ministre, de l’agression subie par le président de l’Ong Alcrer ?
Je pense qu’il n’est sage de se prononcer en profondeur sur cet incident grave. Il n’est pas sage de faire des affirmations formelles sur les mobiles et surtout sur les auteurs de cet acte criminel. En revanche, il ne peut pas être interdit aux uns et aux autres de se rendre compte du contexte dans lequel cette agression sur une personne connue dont la position dans la société est aussi connue. Il ne nous sera pas reproché de placer l’incident dans son contexte.

Le contexte, quel est-il ? Nous sommes dans un contexte de violence politique naissante. Je me souviens, il y a quelques mois, une réunion de l’Union fait la Nation au Chant d’oiseau a été attaquée par une meute de personnes violentes qui criaient à la gloire du Chef de l’Etat, qui sont parvenus à chasser les occupants des locaux et à les poursuivre dans la rue. J’avais dit quelques jours après que c’était déjà les embryons d’un peloton d’exécution, les embryons des milices privées. On ne fait aucun tort à qui que ce soit en le soupçonnant de ce qu’il professe de sa propre bouche. Un des jeunes sbires de l’Etat Fcbe a pu dire « les opposants, nous allons les pendre et les jeter à la mer.

» Ces propos ont été relayés par la Radio nationale. Ces propos n’ont pas été réprimandés. Cela voudrait dire que le contexte, la pratique et le discours nous autorisent à orienter librement le soupçon. Nos soupçons sont des postures de notre esprit et non des accusations franches, directes et irrévocables. Attendons donc ce que dira la Police, mais déjà chacun peut bouger en son esprit par rapport au contexte.

Ce nouvel épisode Assogba vient-il en rajouter à votre peur ?

Je n’utiliserai jamais par la grâce de Dieu le mot peur pour ce qui me concerne. Les glandes qui secrètent la peur dans le corps de l’homme, chez moi se sont atrophiées et sont brûlées depuis longtemps. Je fais partie des personnes qui sont en mesure de mettre leur carcasse en balance avec un idéal. J’agis pour ce que je crois, je parle pour ce que je crois, j’avance dans l’action pour ce qui est ma conviction et je ne crains rien. Sauf décret divin, nous atteindrons notre but qui n’est pas bien compliqué. Nous voulons tout simplement le retour dans notre pays des droits élémentaires du citoyen. La liberté d’avoir sa position politique, la liberté de s’exprimer et la liberté de manifester. Et personne ne pourra introduire la peur dans nos consciences. Quand nous avons peur, nous faisons quoi ? On fuit ces lieux-ci. Et quand on va fuir, où irons-nous ? (…) Nous avons le devoir de camper et de livrer bataille.
On a appris que vous êtes sur vos gardes et vos mouvements seraient contrôlés.
Il est évident qu’il n’y a aucun honneur, qu’il n’y a pas de bravoure à se laisser tuer par les crapules, des voyous. Il n’est pas sensé de s’exposer. Il y a aujourd’hui au Bénin ceux qui savent qu’ils ne doivent pas sortir après 20 heures.

La menace est réelle puisqu’elle est manifestée sur des personnes. Il n’est pas aisé de dire que ce n’est destiné qu’aux autres. Il y a violence ciblée sur des personnes qui ont une posture politique ou même une posture naturelle. Il y a quelques mois, le gouvernement en tout état de lucidité s’est engagé dans une lutte contre l’essence de contrebande. Mais cette lutte qui a coûté la vie à une vingtaine de nos citoyens s’est limitée dans une région du pays. Et la plupart des victimes ont été tuées de dos. Les cinq paysans qui ont été fusillés à Ouèrè il y a quelques années, dont on n’arrive pas à parler parce qu’on a fait dessus l’omerta, ils l’ont été de dos. Il s’agit d’histoire récente. Il s’agit de faits d’actualité. Quand la situation est celle-là, on a des raisons d’être prudent mais jamais la prudence ne sera muée en crainte devant l’oppresseur, devant le dictateur et ses serviteurs.
Nous avons célébré le 10 décembre dernier, la Journée mondiale des droits de l’homme. Faîtes nous une comparaison critique sur la situation des droits de l’homme entre le régime de Kérékou et celui de Yayi Boni.

Nous allons toujours faire les comparaisons avec beaucoup de modestie. Ce ne serait pas sage de dire que le passé était glorieux et que le temps présent est catastrophique. Il s’agit plutôt de mentionner des faits. Quand on parle de libertés et de droits de l’homme, à quoi cela doit-il se mesurer ? C’est déjà à la liberté d’expression, l’accès équitable des citoyens aux organes de presse publics. Quand j’ai été fait ministre de la Communication, il y a un peu plus d’une dizaine d’années, ce sont les fonctionnaires du secteur qui m’ont expliqué que la Radio et la Télévision nationales, la Nation et l’Abp ne sont pas des organes gouvernementaux mais des organes d’Etat c’est-à-dire à mettre équitablement au service du gouvernement de l’opposition politique et de la Société civile.

Quand j’ai reçu cette leçon et que je l’ai internalisée, je l’ai appliquée loyalement. Je n’ai jamais orienté la plume ou le micro des fonctionnaires de l’Ortb. La conséquence était que moi, je prenais mes treize minutes hebdomadaires de point de presse du gouvernement, signé du gouvernement à côté duquel on pouvait aussi placer des paroles contradictoires. Le résultat, c’est que « Reporters sans frontières » nous classait premier ou deuxième en matière de liberté de la presse en ces années-là sous la conduite d’un militaire. Mais aujourd’hui nous avons décroché depuis de plusieurs dizaines de rang sous le règne des docteurs. Ironie du sort, ironie amère. Quand on parle des libertés, c’est que dans le pays, on peut avoir une posture politique différente de celle de ceux qui dirigent, de ne pas être victime de tracasserie. Aujourd’hui, nous avons des personnes ciblées, nous avons même des exilés politiques à partir du Bénin.

Le juge Houssou est un exilé politique et il est traité comme tel par les pays les plus organisés. Les hommes d’affaires qui ont des difficultés contractuelles avec l’Etat et qui sont victimes de persécution sont de mon point de vue des exilés politiques. Et pour toujours avoir le point de vue des autres, on a émis contre ces hommes des mandats d’arrêt. On a examiné leur situation sur de longs mois. Et on décide qu’il n’est pas sage de retourner les hommes d’affaires présumés fautifs à leur pays. Ça ne peut être que pour deux raisons. Les juges français ont douté fondamentalement de la véracité des accusations mais surtout, et c’est le plus important, le juge français s’est dit : « si je renvoie ses enfants à leur propre père, je pourrais peut-être prendre le risque de répondre du mal qui le sera fait. Je les garde donc ». Au-delà de ce que nous disons, il y a ce que dit la Communauté internationale, le regard indépendant qui est porté sur nous et qui prouve qu’aujourd’hui, nous sommes véritablement en train de perdre tous les acquis démocratiques et d’entrer dans une ère de dictature et d’arbitraire.

Le régime Kérékou, visiblement était donc meilleur à celui de Yayi Boni.

Je ne répondrai pas dans une démarche manichéenne. Je m’accrocherai toujours à la réalité. Nous venons d’être déchus du Millenium challenge account. Il s’agit de quelques centaines de milliards de francs qui nous sont octroyés par les Etats-Unis.

Il ne s’agit pas de prêt mais de don. Notre choix par cette structure a été obtenu sous Mathieu Kérékou, lui militaire a décroché pour le pays un privilège majeur, que les docteurs n’ont pas pu conserver pour le pays. C’est très important. Il s’agit de se rendre compte de ce que les uns ont pu par le discours, par leurs comportements, sont parvenus à se faire élire. Aujourd’hui, nous sommes dirigés par un concentré de docteurs en Economie, de gens de procédure, de banquiers centraux. Et on dit que ce qui nous a été donné sous les militaires, nous a été arraché parce que c’est la catastrophe. Il faut comprendre que c’est sérieux.

Mais c’est juste un ajournement de quelques mois.

Un ajournement sur ce genre de choses n’est pas bon signe. Le simple fait que l’on se questionne sur l’éventualité de vous laisser ce que vous avez déjà ou de vous l’arracher, c’est déjà l’amorce de la descente aux enfers parce qu’on le veuille ou non, ce sont les Etats-Unis qui ont parlé. Personne n’ignore leur force. Quand ils disent que pour mauvaise gouvernance, déficit démocratique, la sueur du citoyen américain ne pourra plus aller dans cette direction-là, c’est un message qui est donné à d’autres institutions multilatérales et qui pourraient nous priver de ce privilège-là.

Quand nous savons que notre pays est supposé marcher sur deux jambes, le coton et le port ; dans sa vocation d’Etat transit, notre pays a le port comme premier instrument et qu’une bonne partie de l’ argent du Millenium challenge account est porté sur le Port et qu’on nous l’arrache, pendant que la première jambe est atrophiée, le coton, on se permet de prendre le risque majeur sur la deuxième jambe, le port. Et c’est cela qu’il faut dénoncer avec force mais toujours en étant ancré au factuel. Et par rapport à ce qu’il y a de douloureux dans la vérité, nous avons refusé de nous taire. Nous nous exprimons et nous attendons les initiatives loyales de ceux que nous avons en face.

Vous défendez le régime de Kérékou, Monsieur le Ministre. Mais les internautes vous reprochent d’être mêlé à une affaire de corruption, l’affaire Titan. Qu’est-ce que vous avez à dire pour clore définitivement ce débat ?
Je ne peux pas convaincre ceux que j’appelle les préposés à l’intoxication sur le net. Des jeunes gens qui sont payés pour dire des insanités, des bêtises sur des gens. Ils font leur devoir.

Ils veulent comprendre
Je parle justement à ceux qui veulent comprendre. Le jour où on me donnera le privilège de parler de cette affaire, j’en parlerai. Mais attention. Il y a un minimum, un basic. Retenez que l’affaire titan existe comme affaire parce que des personnes se sont mises en travers de l’entreprise américaine pour dire, arrêter des avenants, cessez de grignoter du terrain par rapport au partenariat que nous avons ensemble.

Les Américains disent : « nous voulons plus » et les personnes du côté de l’Etat béninois, de l’Office des postes et télécommunication et leur hiérarchie ont dit : « arrêtez ». Quand ça se passe bien entre le corrompu et le corrupteur, il n’y a pas scandale. C’est quand justement, il y a résistance qu’il y a brouille et qu’il y a scandale. Mais le plus important, c’est ceci. Je voudrais que cela soit retenu. Les braves gens de Titan sont arrivés au Bénin en février 1996. Gaston Zossou a été fait ministre des télécommunications en juin 1999. Plus de 3 années après. Là-dessus, ce que j’ai géré personnellement, c’est le contentieux entre deux entités. Nous allons nous séparer parce qu’il y a mésintelligence, nous allons évaluer les dettes croisées, les apurer et chacun prend son chemin. C’est ce que moi j’ai géré.

Et là-dessus, je répète que la Commission que j’ai mise en place, que j’ai fait présider par un cadre, a défendu les intérêts de l’Office des postes et télécommunications, franc par franc, bec et ongles. La Commission que j’ai mise en place, que j’ai fait présider par un cadre de mon choix a défendu notre intendance franc par franc, dollar par dollar, contre l’entreprise américaine. Mais le plus important, c’est qu’il s’agit quand même d’un dossier qui est passé devant les tribunaux ou des jugements ont été portés. Ce qui s’est passé au Bénin, c’est qu’il y a eu cet audit parce que Gaston Zossou l’a demandé au ministre des finances. Bien sûr.

Quand cette affaire a commencé à ne pas plus paraître claire, j’ai intégré ce qu’on appelle la Divi (La direction de l’inspection et de la vérification interne). C’est une structure sous ma tutelle. Je suis monté de grade, j’ai par écrit suivi des lettres de rappel au ministre des finances, de m’envoyer un contrôleur accrédité et compétent, vérifier la gestion de l’entreprise sous ma tutelle. Si on vous montre un jour un rapport ici au Bénin, et dans l’introduction, il n’est pas écrit que c’est Gaston Zossou ministre de tutelle qui n’a pas demandé le contrôle, l’audit de l’affaire Titan, il a été falsifié. Parce qu’il est impossible que dans l’introduction on ne dise pas qui a demandé le contrôle. Ce n’est pas quelqu’un d’autre, c’est moi.

Et cela n’a pas été fait verbalement, c’est par écrit. La réalité n’a pas été immédiate, elle a été suivie de lettre de rappel de ma part. Pour ce qui s’est passé aux Etats Unis d’Amérique, ce sont ces personnes qui ont corrompu un fonctionnaire béninois qui ayant été coincés par leur propre justice se sont confessés pour ne payer que des amendes.

Et les minutes des greffes des tribunaux de San Diego ont des déclarations disant qu’on a posé tel acte contraire à la loi du Bénin, sont sur internet et traduites en Français pour les non anglophones. Il faut aller sur le net le lire calmement d’un bout à l’autre en faisant attention à la chronologie et vous vous rendez compte que tout le monde n’est pas corrompu, toutes les vielles du village ne sont pas sorcières. Je ne parle pas de Gaston Zossou. Des personnes et des personnes ont servi loyalement ce pays.

Et ces personnes-là ont une douleur particulièrement forte quand elles observent la voracité dont nous sommes témoins aujourd’hui, car c’est de cela qu’il s’agit. Quand ces personnes sont arrivées au pouvoir, souvenez-vous. Souvenez-vous qu’ils ont coulé des litres de sueur dans une marche contre la corruption. Souvenez vous qu’elles ont juré leur dieu qu’elles feront des audits et qu’elles les publieraient. Souvenez-vous que leurs communicateurs nous ont désignés à la vindicte populaire. Mais qu’en est-il sorti ? Du vent, du vent, rien que du vent.

Qu’est-ce qui a pu arriver ? Pourquoi on n’a pas depuis bientôt huit ans, des résultats des audits au Bénin sur notre gestion ? Pourquoi on se tait quand on a dit je le ferai et j’en publierai les résultats. Vous savez ce qui s’est passé ? De deux choses, l’une. Ou bien, ils n’ont rien trouvé à dire, ou bien la violence avec laquelle eux-mêmes volaient les a distraits du vœu qu’ils ont fait de poursuivre les autres. Rien du tout et huit années se sont écoulées. Et aujourd’hui c’est à eux que nous demandons de répondre. Dans ce pays, il n’y a pas que les insensés, comment des personnes s’installent pour avoir accès à l’épargne public, à l’insu du gouvernement, pendant 4 années, impactent des dizaines de milliers de nos concitoyens à l’insu du gouvernement. Des personnes qu’on a vues avec eux, à leurs lieux de travail.

Des personnes à qui, ils ont rendu visite. Des personnes qui ont été gardées par la Police et la Gendarmerie, nationale, je parle des hommes de Icc service et vous devez les reconnaître. C’est-à-dire qu’aux yeux des économistes qui nous dirigent, les responsables de Icc service et consort avaient plus de légitimité que les Directeur général d’Ecobank, de la Boa, et des autres banques connues. Et attention, qu’on ne dise pas qu’on ne savait pas. Si on dit qu’on ne savait pas, le diable va jouir, Satan va jouir, parce que ce serait hypocrisie portée à son point culminant.

A un moment donné, quand un Préfet en l’occurrence celui de l’Ouémé a reçu des instructions de veiller particulièrement sur ces personnes là, quand on a pris tant de soin d’un bébé, on ne le dit pas après qu’on ne le connaît pas. Cela ne se comprend pas. Ce n’est pas parce qu’aujourd’hui, l’enfant est devenu malade, pâle, qu’on ne reconnaît pas. Quand c’est le sien on dit c’est le mien et on assume.

Vous êtes membres de l’Union fait la nation. Cette semaine l’Union est montée au créneau et a décidé de retirer sa revendication du dialogue politique national à Yayi Boni. Pourquoi cela ?
Non parce qu’on dialogue au moins à deux. Quand vous avez face à vous une personne qui ne veut pas parler, qui dit, ils sont petits, je vais leur régler leur compte, il ne dialogue pas.
Yayi Boni vous a plusieurs fois transmis des courriers qui vont dans le sens du dialogue.
Merci beaucoup. Merci beaucoup.

Je ne suis pas en train de parler de ce qui se dit pour masquer les choses. Je parle de ce qui se fait et se dit de plus fort, qui couvre les petits maquillages qu’on fait de temps en temps pour nous faire dormir. Il faut regarder les choses en face. Quand une personne prend une position forte. Président de la République. Garant de ce que la République est, dit, ‘les miens et les autres’’, on n’a pas devant soi quelqu’un avec qui il faut dialoguer. Quand il dit les miens et les autres, ce n’est pas seulement pour les démarquer. C’est parce qu’il dit pour faire en sorte que les deux s’affrontent. Je dis que le 1er août 2012, le Président de la République a dit ‘’je ferai venir les miens du Bénin profond et avec les autres ils vont s’affronter avec les autres.

C’est lui qui a dit quelques jours après, dans les champs de coton, ‘’je vous enverrai des camions pour interpeller les autres’’. Quand on parle de camion, quand on parle d’affrontement, on doit savoir ce dont on parle. Et fort heureusement, il ne s’agit de rien de secret. Il s’agit d’émission relayée sur 4 télévisions, sur des radions, il s’agit de journal, il s’agit de documents que nous avons sur le net aussi. Personne ne peut nier cela. A quoi voulons-nous jouer ce matin.

Que cela n’a pas été dit ou n’a pas ce sens là ? Il l’a dit et il faut le reconnaître à son actif. Des jeunes gens qui aujourd’hui considèrent une place dans la fonction publique, comme un grade, comme la meilleure chose qu’ils pourraient avoir savant que selon leur religion ou leur ethnie, ils ont plus ou moins de chance de l’obtenir. Eux ils le savent. De jeunes gens qui vivent aujourd’hui la résonnance de leur nom de famille comme un handicap social, le savent.

Si quelqu’un joue à ne pas le savoir, qu’il joue à ne pas le savoir. Mais les victimes, les désespérés, les discriminés, les affamés, le savent. Ceux qui se réveillent le matin et voient une journée vide le savent. Ceux qui n’ont pas deux repas par jour le savent. Ils savent qu’ils sont discriminés sur la base de leur région. Puisque le concours frauduleux aurait été validé. Pourquoi quand on parle on ne recule pas, parce que les autres aussi disent que ce n’est pas bien. C’est cela aussi le dialogue. Le vrai dialogue c’est quand vous écoutez et que vous réagissez. Quand vous faites parler l’autre, et vous faites exactement ce que vous avez dans la tête, et c’est souvent d’insanité, d’injustice et d’abus, il n’y a pas possibilité de dialogue. Le dialogue se fait sur un capital important qui est la bonne foi, la bonne volonté de deux parties.

Donc selon vous, Yayi Boni est sourd au dialogue
Je regrette qu’il y ait une grosse et grosse difficulté à dialoguer avec le gouvernement actuel. Ils ne veulent pas le dialogue. Ils ne veulent pas du dialogue. Comment vous voulez qu’on dialogue seul ? On ne dialogue pas seul.

Vous vous retirez du dialogue. Qu’est-ce que l’Union fait la Nation entend faire maintenant ?
Nous proposons une nouvelle assise nationale.

Est-ce une nouvelle conférence nationale ?
Que le mot ne vous effraie pas. Quand ça ne va pas, quand les maires dépassent le terme de leur mandat, quand les petits, puisque nous sommes dans ce contexte-là, peuvent passer le terme de leur mandat constitutionnel, on nous met dans la tête l’inadmissible. On est en train de rogner sur notre dignité de citoyen, on est en train de rogner sur notre bon sens, on est en train de faire de nous ce que l’on veut. Nous avons décidé de résister, de ne pas laisser la peur en héritable à nos enfants. Nous avons décidé de leur dire plutôt qu’on fait le combat de son temps. Nous faisons de la politique. Elle se fait visiblement par la parole, les manifestations, les prises de position.

On n’a pas d’autres moyens. Nous n’avons pas la culture de la violence directe. Nous avons la culture d’un besoin d’exprimer nos convictions et nos sentiments.
On vous reproche d’être absents sur les grands terrains. Vous vous contentez de quelques communiqués publiés dans la presse tout simplement. Par exemple, la Lépi.
La Liste électorale permanente informatisée, parlons-en.

C’est un outil de fraude connu de tous. L’outil qui a permis d’élire le Président de la République n’a pas pu renouveler le mandat des maires. Il était pour lui bon, et il n’était plus bon pour les autres. Cette élection organisée depuis bientôt trois ans dont personne ne peut nous indiquer le taux de participation n’en est pas une. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation de fait. Lorsqu’on est dans une situation de fait, on recherche des voies pour raccorder une légalité. La légalité est la loi des parties, c’est le contrat social par excellence. Aujourd’hui, la Lépi. Je ne croirai jamais à la correction de la Lépi. On nous fait croire que pour sa correction totale, il faut attendre 2017. On dit qu’il faut y toucher. Les personnes chargées pour y toucher, nous les connaissons. Vous avez le devoir en tant citoyens de faire attention à ce qui se passe d’essentiel dans notre pays. Tout le monde a écouté la cassette.

On a fait une réunion politique au cours de laquelle il est dit qu’il faut conserver le Pouvoir pour une région au détriment d’une autre. Quand c’est ces personnes qui sont chargées de corriger la Lépi, nous n’y croyons pas. Pour nous, la Lépi, c’est un poison. Si j’ai vu quelqu’un en consommer et il est tombé mort, je ne consommerai pas après lui, parce que les gens auraient dit qu’on a travaillé et enlevé le poison. Que cela ait coûté 40 ou 50 milliards, ce n’est pas parce que le poison a coûté cher qu’il faut le boire absolument pour la rentabilisation. Toutes ces choses seront tirées au clair un jour. On saurait qui a fait quoi. Les questions que nous évoquons et celles que vous évoquez aussi si c’était nécessaire, tout sera tiré au clair. La vérité triomphera. Un pays ne se laisse pas mourir, une Nation ne se laisse pas mourir. Elle aspire au bonheur.

Sur le terrain, l’Union fait la Nation entend se rallier à cette proposition du front citoyen pour l’organisation des assises nationales. Quelles sont les actions concrètes de l’Union fait la Nation sur le terrain politique aujour-d’hui ?
Je sais qu’en ce moment, j’ai le privilège de parler à un grand nombre de citoyens. Il leur revient de m’écouter de façon responsable et critique. S’ils se rendaient compte que je dis la vérité et justifient que l’on réagisse, ils réagiront. Le combat politique est celui-là. On n’a pas vocation de placer des bombes ou d’attaquer des personnes. Nous prions pour que Satan ne triomphe pas de ce qu’il y a de nous d’humain. Encore, faudra-t-il qu’on nous laisse parler. L’Ortb, pourquoi c’est devenu la chose privée d’une famille politique ? A l’Ortb aujourd’hui, on y entend d’une seule cloche. N’y-a-t-il pas de malsain ? On fait croire aux citoyens que la vérité est unique. On est grand dans le fond.

Nous sommes fatigués par toutes ces bêtises.
L’Union fait la Nation a assigné Stéphane Todomè et Wabi Boukari en justice. Est-ce que vous pensez avoir un accès équitable aux médias publics en les assignant ?
Vous ne pensez pas qu’il vaut mieux que nous empruntions les voies légales. C’est ce que nous sommes en train de faire. J’espère qu’on va leur intimer l’ordre de donner à l’Ortb sa vraie vocation : l’organe d’Etat et non organe gouvernemental, puisque des démarches ont été faites en direction de la Haac et la Haac s’est avouée vaincue. Je peux punir une radio privée, mais l’Ortb non. Nous nous disons qu’il faut saisir la justice. Nous occupons le terrain qu’on nous a laissé avec pour intention de tendre nos actions.

Vous êtes stratégiques ?
Bien sûr. Vous pensez que les personnes qui sont à l’Union fait la Nation sont à leur début ? Non. A l’Union fait la Nation, il y a de très jeunes personnes et des hommes qui ont de métier.
Nous sommes pratiquement à la porte de 2016. Aucune candidature ne se dégage au sein de l’Union fait la Nation.

On ne peut pas réunir ce nombre et être absent à cette échéance majeure. Si nous ne sommes pas arrivés à dire voilà le cheval, on est obligé de nous attendre. Tout ce que je sais, on existe individuellement, avant de se fondre dans un groupe. J’espère que ce qui reste de l’Union est homogène dans sa posture politique, aussi bien au Parlement que dans ses prises de position. On ne fait pas de demi-mesure. Nous avons pris une position claire. Je dis qu’il n’est pas bien que vous n’êtes pas en mesure de conserver la lutte que d’autres ont menée avant vous. Un proverbe de chez nous dit : « Si tu es l’enfant d’une maison, si tu n’es pas en mesure de relever le nom de la maison, tu n’es pas autorisé à le rabaisser ». Aujourd’hui, ils le rabaissent.

Toujours, parlons de l’Union fait la Nation. Est-ce que vous optez toujours pour la candidature unique ?
Une candidature est certainement un effort de faire convergence, d’entente et d’harmonisation des points de vue. Nous sommes dans cet effort-là. Le couronnement de cet effort par un succès, le choix d’un candidat unique est encore devant nous. Nous sommes dans cet effort.
D’aucuns estiment que l’Un n’est pas un regroupement politique bien assis. Dites-nous quelles sont les relations de l’Union fait la Nation avec la Renaissance ou avec le Parti du renouveau démocratique de Me Adrien Houngbédji ?
L’Union fait la Nation est une maison ouverte. Quand elle est ouverte, on peut y entrer et on peut en sortir. Nous sommes ouverts à tous les Béninois de Cotonou jusqu’à Karimama. A chaque moment, on peut se rendre compte de qui y est et de qui n’y est pas. Et nous faisons le combat. La politique, c’est vrai, on dit que c’est le nombre, mais ce n’est pas non plus du remplissage. Vaut mieux être seul que d’être mal accompagné. C’est pourquoi, c’est une maison ouverte, ouverte pour qu’on y entre, ouverte hélas, pour qu’on en sorte.

Si la Rb et le Prd revenaient, ça veut dire que la maison est toujours ouverte ?
Il faut qu’on se comprenne. Je dis : c’est ouvert pour toujours. Qui sommes-nous pour dire que nous sommes suffisamment forts pour se passer des autres ? Qui sommes-nous pour dire que les autres sont trop sales pour ne pas venir ici ? Nous sommes ouverts. Nous sommes mêmes à la quête de personnes qui se conjoindraient à notre mouvement ayant bien à l’esprit, l’essentiel de notre pensée politique. Notre pensée politique est qu’on ne laisse pas notre pays dans la posture dans laquelle il se trouve aujourd’hui. Là-dessus, on ne fait pas de demi-mesure et qu’on n’est pas assis entre deux chaises. Il a dit : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi… ».

On veut que de manière franche et volontaire, on vienne à nous dans un creuset où l’on se forme à la politique et à l’action citoyenne où les aînés passent de façon généreuse le témoin aux cadets pour bâtir notre pays. On ne dira pas que c’est impossible. Qu’on cesse de nous dire que nous sommes un pays pauvre sans ressources.

Il y a eu la création d’un nouveau groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Comment l’avez-vous accueilli ? Est-ce que vos marges de manœuvres ne sont pas réduites ? Quelle est la posture politique de ce groupe parlementaire ?

Pour ce que nous savons, ce groupe parlementaire est opposé à l’Etat-Fcbe. Ça fait bien. On n’a rien contre. Ce qui nous dérange, c’est ceux qui s’associent au mal. Ceux qui sont opposés au mal, d’office leur action va dans le même sens que la nôtre. Nous bénissons ce qu’ils sont en train de bâtir. Il est évident que ceux qui vont dans le même sens se rencontreront.

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