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Le Matinal N° 4254 du 23/12/2013

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Façon de voir: Le soutien de la corde au pendu !
Publié le lundi 23 decembre 2013   |  Le Matinal


Ouverture
© AFP par SEYLLOU
Ouverture de la 17ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d`Etat et de Gouvernement de l`UEMOA
Jeudi 24 octobre 2013. Dakar. Plusieurs chefs d`Etats sont arrivés à Dakar où ils prendront part à la 17ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d`Etat et de Gouvernement de l`UEMOA et au sommet extraordinaire de la CEDEAO.Photo : Boni Yayi, président du BENIN


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La semaine dernière a été très riche en évènements. Après la gifle des députés au « Dieu auto proclamé » des Béninois, le pouvoir n’a trouvé d’autres solutions que de répliquer à travers des tracts. Formidable. D’habitude, dans les régimes dictatoriaux comme celui du Bénin, c’est l’opposition qui s’adonne à ce genre de bassesse et de lâcheté. C’est si facile d’écrire un tract et de s’adonner à des injures, calomnies et autres. Mais comme le régime Yayi a perdu toute forme de dignité, le seul recours de ses partisans, c’est de faire des tracts et de publier sur le net. Bref…

Le pendu et la corde. Ou plus précisément le soutien de la corde au pendu. L’image est cruelle. Lorsqu’un individu se pend, la corde soutient le corps jusqu’à sa découverte. C’est un soutien inconditionnel. La corde, bien qu’ayant été l’instrument de la mise à mort, est obligée de soutenir sa victime jusqu’à la délivrance du corps. Un soutien ferme.

C’est exactement ce qui se passe autour de Yayi Boni. Ou plus précisément ce qui se passe dans son cercle familial qui a pris d’assaut le pouvoir d’Etat. Enfants, sœurs et frères, cousins, cousines, neveux, nièces sont désorientés par la tournure des évènements. Ils paniquent. Et dans ce cas, ils s’enfoncent davantage dans le bourbier qu’ils ont fabriqué de leurs propres mains. Ils sont tombés dans une sorte de sable mouvant et chacun de leur geste les enfonce encore plus. Les derniers soubresauts de mourants.

La semaine dernière donc, le clan Yayi s’est retrouvé à Parakou. Familles, parents et alliés. Objectifs : montrer que Yayi maîtrise encore le nord. Fidèles à leurs habitudes, ils ont menacé tous les cadres de Parakou avec comme injonction de se rendre dans cette ville pour une déclaration de soutien. Tous les leaders de cette localité ont été menacés. « Faites sortir vos militants ou alors, on vous considérera comme nos ennemis ».

Ainsi, quelques tondus ont été rassemblés. La chanson est connue depuis 2006. A coup de billets de banque, des politiciens sans aucune envergure prennent le micro, racontent leur vie. « Soutien indéfectible à Yayi Boni lui-même, ses actions, son pouvoir et obéissance totale à sa famille ». Rideaux. A la fin, chacun passe chercher ses billets. Le samedi dernier à Parakou, les quelques spectateurs inconscients des enjeux ont été priés de patienter. A la fin un individu, cousin du Président leur demande de s’aligner. Chacun a eu droit à mille francs plus un tee-shirt. Ce qui déclencha la colère des femmes du marché qui venaient de faire plus de cinq heures à attendre les organisateurs.

Il faut dire que le clan Yayi n’a plus la main légère comme avant. Le clan a compris que c’est la fin du régime. Il ne veut plus faire des dépenses exorbitantes. Chacun calcule. Même lorsque le Président donne de l’argent pour marcher, on empoche les 99% et on partage le reste aux pseudo-militants. Il faut faire des économies avant 2016. Le bateau coule. Il faut sauver sa tête.

Yayi s’en est rendu compte. L’argent destiné aux députés a pris d’autres circuits. Il a été rassuré par ses parents de la Présidence que le budget passerait comme une lettre à la poste. Walou ! Ils ont échoué. Pour rassurer le Président et pour lui montrer qu’ils travaillent, ils ont débarqué à Parakou. Ils ont rassemblé des individus pour faire croire au Président qu’il est encore très populaire. Zéro !

Ce clan, ces partisans qui font semblant de soutenir le Président sont la « Corde » et le président le « Pendu ». Leur soutien, c’est celui de la corde au pendu. L’instrument de la mort du pendu, c’est la corde. Mais jusqu’au dernier moment, c’est cette même corde qui tenait suspendu, le corps du pendu.

Ce n’est pas une obligation. Puisque la corde, à tout moment, peut rompre. Comme les parents du Président peuvent le laisser tomber. Ou même qu’ils sont déjà en train de le laisser tomber. Donc, après avoir causé la chute vertigineuse du Président, ses parents et son clan, devenus riches, très riches, sont en train de le laisser tomber.
Comme cet ancien Maire de Tchaourou qui a déclaré : « Yayi n’a eu que ce qu’il mérite. Il ira en prison ».

Charles Toko

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