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Retro 2021/Santé: Covid-19 : Entre restrictions et mesures radicales

Publié le vendredi 31 decembre 2021  |  Matin libre
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© aCotonou.com par Didier ASSOGBA
Journée nationale de la médecine traditionnelle: Le Gouvernement réaffirme son soutien aux acteurs de la pharmacopée
Abomey-Calavi, le 17 juin 2021.Le Ministre de la Santé Benjamin Hounkpatin a procédé le au lancement des activités marquant la 20e édition de la Journée nationale de la médecine traditionnelle.
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Le gouvernement béninois a fait face à d’importants défis en 2021 dans plusieurs secteurs dont celui de la santé avec la pandémie de la Covid-19 qui sévit toujours. Si de grands paliers ont été franchis, de grands fossés demeurent. Et ceci, malgré une certaine assurance affichée à travers les réformes et des mesures à la limite, jugées radicales. Retour sur quelques faits marquants de l’année…

Santé : La Covid-19 sévit, la barque tangue mais…

Le principal défi sanitaire depuis bientôt trois ans reste et demeure la pandémie du Covid-19. De l’installation du cordon sanitaire au dépistage systématique des acteurs de certains secteurs ciblés sans oublier le renforcement des mesures de prévention dont l’interdiction de transport en commun des manifestations sportives et culturelles, l’année 2021 a été marquée par l’administration des premières doses de vaccin anti-Covid-19 au Bénin.

Pendant que l’avènement du vaccin anti-Covid-19 est salué de par le monde avec des doses déjà acquises par plusieurs pays même africains, le Bénin a pris du temps avant d’évoquer les dispositions prises pour en acquérir. Le Bénin serait dans une dynamique prudente en raison des rumeurs autour desdits vaccins, selon des observateurs. « Nous sommes attentifs à ce qui se passe dans le monde entier, mais nous sommes très circonspects par rapport à ces innovations que nous ne maîtrisons pas…Nous observons les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé avec les principes de précaution, de prudence et de prévention qui sont les nôtres et qui nous obligent à regarder de plus près ce qui est proposé aujourd’hui sur le marché » avait confié le ministre Alain Orounla, porte-parole du gouvernement à l’époque. Mais le Bénin finira par se décider

Ainsi, grâce aux premières doses de vaccin acquises dans le cadre du mécanisme Covax, le gouvernement a procédé au lancement officiel de la campagne nationale de vaccination lundi, 29 mars 2021. Une campagne qui a débuté avec 144.000 doses sur les 792.000 doses à recevoir dans le cadre de Covax. D’importantes quantités de doses d’autres vaccins seront réceptionnées par les autorités sanitaires mais la réticence des populations n’arrange pas les choses. La faible couverture vaccinale inquiète et le gouvernement prend une mesure forte et radicale, selon certains : la vaccination obligatoire. « En vue d’assurer la sécurité sanitaire des agents de santé et des professionnels impliqués dans l’offre de soins, ainsi que celle des patients qu’ils sont amenés à soigner ; sachant par ailleurs que la covid-19 les expose particulièrement à des niveaux de risque jamais atteints auparavant, le Conseil a décidé de rendre obligatoire la vaccination contre la covid-19 pour le personnel médical, paramédical, pharmacien, aide-soignant de même que pour le personnel administratif des formations sanitaires publiques et privées, comme pour le personnel des officines pharmaceutiques », indique le compte-rendu du Conseil des ministres du mercredi 1er septembre 2021.

En Octobre 2021, le gouvernement a décidé de conditionner l’accès aux services publics, y compris dans les collectivités territoriales, à la présentation d’une preuve de vaccination ou d’un test PCR datant de moins de 48 heures. Pour les autorités béninoises, c’est l’atteinte d’une couverture vaccinale satisfaisante contre la Covid-19 qui permettra la reprise des activités économiques et le retour progressif à une vie normale.

Cependant, la faible couverture vaccinale demeure une évidence. Mardi, 16 novembre 2021, le gouvernement lance deux mois de campagne accélérée de vaccination. L’objectif étant d’assurer une immunité collective à la population en générale. Une initiative en réponse à la faible couverture malgré la disponibilité des vaccins et le déploiement de la vaccination. Faut-il le rappeler, à la date du 07 novembre 2021, 347.270 personnes ont bénéficié d’une première dose de vaccins et 265.501, complètement vaccinées. Soit un total de 3,64% de la population. » Avec cette campagne intensive qui démarre, les vaccins sont désormais disponibles dans toutes les communes et dans tous les arrondissements de notre pays afin d’assurer l’équité de l’offre vaccinale à tous les Béninois âgés de 12 ans et plus de se faire vacciner“, avait lancé le ministre Abdoulaye Bio Tchané.

Et la campagne a été fructueuse. De 3,4% le 07 novembre, la couverture vaccinale est passée à 12,9% à la date du 21 décembre 2021, selon les chiffres annoncés dans un communiqué par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms). Selon l’OMS, 1.561.336 doses de vaccins contre le Covid-19 ont été administrées, dont 1.199.635 personnes sont complètement vaccinées à la date du 21 décembre 2021 sur l’ensemble du territoire, soit un taux de 9,9% de la population. Et dans son discours sur l’état de la Nation, le Président de la République a estimé que la situation n’est pas désespérée avant d’insister sur la nécessité pour les populations de se faire vacciner.

Tests Covid-19 : La ruse avec la décision de l’Uemoa

Pendant que la quasi-totalité des pays s’aligne sur la décision d’harmonisation du coût des tests Covid-19 dans l’espace Uemoa, le Bénin semble le seul pays à la traîne. Selon la décision en vigueur depuis mai 2021, le prix des tests Pcr passe à 25 000FCFA et “la validité des tests sera désormais de cinq jours pour les voyageurs de l’espace Uemoa à partir de la date du prélèvement de l’échantillon à l’entrée et au départ des aéroports de l’espace Uemoa. Le Burkina Faso, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Niger et le Mali se sont engagés à reconnaître mutuellement les résultats des tests Covid issus des laboratoires habilités dans leurs pays“. Il a fallu attendre le 11 octobre 2021 seulement pour que le gouvernement annonce la baisse des coûts des tests Covid-19 pour les voyageurs à l’arrivée et au départ de l’aéroport de Cotonou. Ainsi, les voyageurs au départ et à destination de Cotonou devront donc payer la somme de 25.000 Fcfa au lieu de 50.000 Fcfa précédemment perçue pour le service standard (résultat entre 48 et 72h) et la somme de 50.000 FCFA pour le service VIP (résultat en 24h) contre 75.000Fcfa précédemment perçue. Si le communiqué laisse planer le doute car ne précisant pas une conformité avec la décision de l’Uemoa, le constat est que le test revient plutôt à 25500Fcfa et 51 000fcfa pour l’option Vip.

Chose curieuse, le gouvernement béninois semble plutôt contourner la décision de l’Uemoa. Car, le Bénin ne reconnaît toujours pas les tests réalisés dans les pays de l’espace Uemoa. Peu importe si la durée de validité est dans le délai. Tout voyageur qui atterrit à l’aéroport de Cotonou est donc soumis à un test obligatoire. Heureusement, à travers un communiqué en date du 23 décembre 2021, il est annoncé que le test Covid-19 n’est plus obligatoire à l’arrivée à l’aéroport de Cotonou. « Le gouvernement du Bénin porte à l’attention des voyageurs, des acteurs du secteur du transport et de la population qu’un test PCR datant de moins de 48 heures est dorénavant exigé à tout voyageur à l’arrivée à Cotonou. De même, la présentation d’un test PCR datant de moins de cinq jours est exigée à tout voyageur au départ de Cotonou tout en tenant compte des exigences des pays de destination» renseigne le communiqué signé du ministre de la santé, Benjamin Hounkpatin. Alors que la décision de l’Uemoa exige la reconnaissance de la validité de cinq jours pour les tests Covid-19 réalisés dans l’espace Uemoa, le Bénin ne reconnaît qu’un test valide de moins de 48 heures. Le Bénin s’est-il véritablement conformé à la décision de l’Uemoa portant harmonisation du coût des tests Covid-19 ? La question reste toute posée.

A.B
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