Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Benin    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article



 Titrologie



Le Matinal N° 4256 du 26/12/2013

Voir la Titrologie

  Sondage



 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles



Comment

Politique

Après son discours sur l’état de la Nation en 2012:Yayi Boni n’a pas tenu parole
Publié le vendredi 27 decembre 2013   |  Le Matinal


Sommet
© aBamako.com par DR
Sommet de l`UA: les chefs d`Etat et de gouvernement du continent planchent sur des questions d`actualité comme la crise malienne
Samedi 14 Juillet 2012. Addis-Abeba (Ethiopie). Le Président de la République de Cote d`Ivoire, SEM. Alassane Ouattara à la réunion des chefs d`Etat et de gouvernement du Conseil de Paix et de Sécurité. Photo : Yayi Boni


 Vos outils




Le 28 décembre 2012, dans son discours sur l’état de la Nation le président de la République Yayi Boni a pris l’engagement de travailler pour atteindre une croissance d’au moins 6% au cours de l’année qui tire à sa fin. A côté de cela, il a énuméré les chantiers qu’il compte réaliser pour mettre le pays au travail et en confiance. Un an après, la question qu’il faut se poser, c’est de savoir s’il a tenu ses promesses.

L’image du Bénin de 2012 comparée à celle de 2013 révèle un état de santé de plus en plus inquiétant. En effet la récente image du pays est un peu plus décevante qu’il y a un an. De l’avis de beaucoup de politologues, le président de la République peine à mettre le pays sur les rails d’un développement économique, harmonieux et vertueux. Yayi Boni lui-même doit avoir une idée vraie sur le Bénin, qui au-delà de son bilan globalement négatif est marqué par la séquence des crises et un grand désenchantement. Parce que le président de la République est champion toute catégorie confondue des promesses sans lendemain. Voici quelques extraits de son discours sur l’état de la Nation l’année dernière. Après on fera le bilan. « J’ai proposé à la Nation béninoise pour l’année 2013, une croissance d’au moins 6%, je dis bien une croissance inclusive d’au moins 6%, générée par un regain d’activités de nous tous et au profit de nous tous pour soulager la souffrance de cette jeunesse écrasée par un chômage accablant… ». S’exprimant ainsi le 28 décembre 2012, l’un des éléments de la vision du Chef de l’Etat pour 2013, c’est de remettre tout le pays au travail afin de lui assurer un taux de croissance d’au moins 6%. Un an après, nombreux sont ceux qui portent un regard sévère et critique sur son bilan. Tout au long de l’année qui touche à sa fin, le Bénin a aligné des contreperformances présentant une situation chaotique, conséquence des réformes inappropriées.

L’or blanc : l’échec

Le Chef de l’Etat a mis plusieurs secteurs d’activités en difficulté, découpant des filières en lambeaux. La crise du coton est l’une des meilleures preuves de la désarticulation du tissu économique du pays. A force de vouloir se substituer aux professionnels de la filière, Yayi Boni a conduit l’or blanc au bord du gouffre. Alors qu’on devrait y tirer d’importantes ressources pour soutenir l’économie nationale et espérer un accroissement du taux de croissance, c’est plus tôt d’une économie déjà moribonde qu’on tire les moyens pour les injecter dans la filière. Parce que le gouvernement sait qu’il a échoué, mais s’emploie à faire des choix inopérants. Aujourd’hui toutes les réformes entreprises dans le secteur ont plus créé de problèmes que de solutions. Au titre de la campagne cotonnière qui s’est achevée, le gouvernement est incapable de payer intégralement les acteurs. Les égreneurs et les transporteurs réclament encore 12 milliards FCfa. Le ministre de l’Economie et des finances Jonas Gbian, reconnait une telle ardoise, mais il n’a pas les moyens de l’effacer. Dans ces conditions, le succès de la campagne cotonnière 2013-2014 qui vient d’être lancée est hypothéqué.

Lutte contre le kpayo : la mauvaise option

Le Chef de l’Etat, hache en main charcute les secteurs d’activités. Sa lutte implacable contre la vente de l’essence « kpayo », assombrit un peu plus ce tableau. Nous sommes tous préoccupés par les défis environnementaux, mais consternés par la politique du gouvernement dans ce domaine. Comment prétendre supprimer la source de revenus de la frange la plus démunie sans avoir créer les conditions de réinsertion des acteurs ? C’est chercher à assassiner cette couche, lorsque le gouvernement intervient avec force et férocité, violentant, tuant, cassant et détruisant tout sur son passage. Ces différentes actions menées contre les populations dans certaines régions ont appauvri les familles, endeuillé d’autres et divisé des couples. A chaque saison, le bilan est désastreux, comme c’est le cas en 2013. Comment lutter contre ce produit de l’informel, sachant que tout le pays vit de l’informel, y compris les Institutions de la République. L’économie locale repose sur le secteur informel qui contribue non seulement à la production locale, mais aussi alimente le petit commerce. Tous concourent à la réduction de la pauvreté et du chômage. La lute du Chef de l’Etat contre le « kpayo » sans avoir résolu le problème de réinsertion est contre-productive pour sa vision de remettre le pays au travail afin d’atteindre 6% de taux de croissance. Selon les prévisions de l’Uemoa, le taux de croissance du Bénin pour 2013, devrait se situer entre 4 et 4,5%, le plus faible d’ailleurs de la sous-région. Il y a une nette différence entre le taux annoncé par l’Institution sous-régionale et celui promis par Yayi Boni quand il prononçait son discours le 28 décembre 2012. Si des facteurs externes, notamment la rareté des ressources des partenaires au développement à cause de la crise financière internationale, expliquent les contreperformances de l’économie béninoise, il y a eu des facteurs internes qui y ont davantage contribué. En dehors de la faible productivité agricole, notamment dans le domaine de l’or blanc, et de la mauvaise politique choisie par le gouvernement dans plusieurs secteurs d’activités, exemple le « kpayo », il faut évoquer les questions liées à la fiscalité, au rapport tendu entre le Chef de l’Etat et les opérateurs économiques, à la fronde syndicale, à l’absence de la cohésion nationale, à l’échec de la lutte contre la corruption, au manque de dialogue avec la classe politique, à la crise au niveau du secteur de la justice, pour ne citer que celles-là. De toute façon, il s’agit des questions que Yayi Boni a largement évoquées dans son discours du 28 décembre 2012 sur l’état de la Nation. Reste que les engagements pris par le président de la République n’ont pas été traduits en actes concrets.

Des promesses sans lendemain

« Le Bénin de 2013 sera un Bénin au travail, un Bénin du travail. Le Bénin au travail pour intensifier et amplifier les réformes dans tous les secteurs vitaux de notre économie pour accroître la productivité globale. Le Bénin au travail pour promouvoir l’agriculture et l’agro-industrie….Une telle ambition suppose une cohésion et un dialogue permanent avec tous les acteurs de la vie nationale, notamment la classe politique, les opérateurs économiques à qui je renouvelle toute ma confiance, les organisations syndicales et toutes les autres composantes de la Société civile et les organisations non gouvernementales… ». Quand il tenait ces propos en décembre 2012, la situation n’était pas encore très critique comme c’est le cas aujourd’hui. L’aggravation de la situation est le résultat de ce qu’il faut comprendre comme étant un discours creux et sans conviction que Yayi Boni avait prononcé. On a vu le temps passé, mais on n’a pas vu des initiatives qui montrent le président de la République soucieux de concrétiser ses promesses. Les phrases prononcées pour rassurer les opérateurs économiques, la Société civile, la classe politique et la jeunesse ne sont que de vains mots. Elles ont bien au contraire été transformées en des actes et des propos qui véhiculent la désunion, le régionalisme, l’exclusion, le harcèlement et réaffirment le penchant du régime à tuer les initiatives privées, à créer à la fois plusieurs foyers de tension. Pourtant en soutenant le Bénin qui travaille, il pousse largement le pays vers le chaos et à la perte de ses valeurs.

Fidèle Nanga

 Commentaires