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Bénin – Magistrats poursuivis pour extorsion de fonds: le dossier renvoyé au 2 Février

Publié le lundi 16 janvier 2023  |  beninwebtv.com
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© Autre presse par DR
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Poursuivis par la justice dans une affaire de tentative d’extorsion de fonds, le procès des quatre magistrats ouvert jeudi 12 Janvier a été renvoyé au 02 Février 2023.

Les quatre magistrats poursuivis pour tentative d’extorsion de fonds, d’abus de fonction et tentative de corruption ne sont pas encore fixés sur leur sort. Ouvert le jeudi 12 Janvier, leur procès a été renvoyé au 2 Février.

Selon le quotidien Le Potentiel qui a rapporté l’information, l’un des magistrats aurait été sollicité par une dame dont le mari est en prison. Malheureusement, les choses ne se seraient pas déroulées comme convenu. La dame a donc décidé de se plaindre à la police. C’est ainsi que les magistrats et une intermédiaire ont été interpellés et gardés à vue à la Brigade économique et financière.

Présentés ensuite au procureur de la république près la cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, deux magistrats ont été déposés en prison et les deux autres placés sous convocation.

A l’audience du 12 Janvier, le ministère public a requis le renvoi du dossier en instruction car les faits reprochés aux magistrats sont de nature criminelle. Il a été demandé également à la Cour de se déclarer incompétente.

Poursuivie dans le dossier au même titre que les magistrats, une dame qui a servi d’intermédiaire entre les deux parties s’est évanouie lors du procès devant la CRIET et fut transportée d’urgence à l’hôpital pour les soins.

Quelques jours après l’interpellation des quatre magistrats, le procureur Elomn Mario Metonou est monté au créneau pour éclairer l’opinion sur le dossier. Lire ci-dessous les précisions apportées par le procureur spécial de la CRIET sur le dossier.

Les clarifications du procureur
Des informations persistantes font état de ce que les juridictions béninoises sont quotidiennement prises d’assaut par des individus qui, se prévalant de leur proximité plus ou moins avérée avec certains magistrats, servent d’intermédiaires ou se font remettre des sommes d’argent par des justiciables ou leurs parents contre la promesse de faire triompher leurs causes devant nos cours et tribunaux.

Le parquet spécial près la CRIET a déjà initié des poursuites contre des personnes impliquées dans ce genre de trafics. Certaines ont été condamnées à de lourdes peines, d’autres sont dans l’attente de leur jugement.

C’est dans ce contexte que le 07 décembre 2022, le Garde des Sceaux a reçu la plainte d’une justiciable relative à des faits présumés de tentative d’extorsion de fonds en lien avec une procédure judiciaire en cours.

L’intéressée y expose que son époux poursuivi comme elle-même en flagrant délit, par devant le tribunal de première instance de première classe de Cotonou, est détenu depuis le 21 novembre 2022 pour des faits d’abus de confiance portant sur la somme de 84 000 000 FCFA.

Dans cet établissement pénitentiaire, son époux a été approché par un autre détenu qui lui a fait la promesse de mettre à contribution son réseau dans le milieu judiciaire pour lui obtenir une remise en liberté dès la première évocation de son dossier à l’audience du 07 décembre 2022.

Dans cette optique, ce dernier a fait appel à une intermédiaire qui s’est rendue à la prison civile de Cotonou. L’intermédiaire a exigé le versement d’une somme de FCFA 250 000 destinée à organiser un déjeuner au profit des magistrats en charge de la procédure. Elle devait profiter de ce déjeuner pour négocier la libération.

Mise à part cette somme, le détenu devait lui verser quatre millions de FCFA à remettre aux magistrats pour sceller l’affaire.

La somme de 250 000 FCFA a été effectivement versée.

Par contre, sur les quatre millions de FCFA exigés pour les magistrats, le détenu n’a pu réunir qu’un million. En recevant cette somme, l’intermédiaire aurait manifesté son mécontentement et aurait indiqué que le dossier serait renvoyé jusqu’au paiement intégral.

Advenu le jour du procès, la demande de mise en liberté provisoire formulée par le détenu a été rejetée et l’audience a été renvoyée au 11 janvier 2023 en vue du désintéressement de la victime des faits présumés d’abus de confiance.

Percevant dans le rejet de la demande de mise en liberté provisoire de son époux et le renvoi de la cause, une mesure de représailles, la plaignante a dénoncé les faits au Garde des Sceaux, lequel a chargé l’un de ses collaborateurs, magistrat, de lui faire un rapport sur la procédure en vue de la saisine éventuelle de l’Inspection des services judiciaires.

Ce collaborateur, après avoir pris connaissance du dossier aurait suggéré à la plaignante de mobiliser afin d’obtenir la libération de son époux, la somme de CFA 60 000 000 décomposée comme suit :

– 53.000.000 pour désintéresser la victime ;

– et 7.000.000 pour ses collègues en charge de la procédure.

Vu la gravité de ces faits et leur récurrence, nous avons ouvert une enquête qui a mis en cause quatre magistrats dont il s’avère que trois sont des proches de l’intermédiaire.

Présentés à notre parquet au terme de l’enquête, l’intermédiaire ainsi que le détenu l’ayant mis en contact avec l’époux de la plaignante ont été placés sous mandat de dépôt en même temps que deux magistrats. Les deux autres magistrats sont poursuivis sans mandat. Il est à préciser que les chefs de poursuite sont l’abus de fonction, la tentative de corruption d’agent public et l’escroquerie.

Ces infractions sont sévèrement punies par la législation béninoise. Les peines varient entre cinq et vingt ans de réclusion criminelle. En présence de circonstances aggravantes ces faits sont punis de la réclusion criminelle à perpétuité.

L’audience prévue au 12 janvier 2023, permettra de fixer le niveau de responsabilité des uns et des autres.

Le parquet spécial réaffirme sa détermination à poursuivre, sans relâche le fléau de la corruption dans notre pays, y compris dans le secteur de la justice.

C’est le lieu de rappeler à tous les usagers de nos cours et tribunaux qu’ils n’ont besoin d’aucun intermédiaire, à l’exception des professionnels de droit spécialement habilités, pour faire triompher leur cause devant la justice béninoise.
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