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Art et Culture

Gobi, chef orchestre de black santiago: « nous sommes restés fidèles a notre style musical »

Publié le vendredi 9 juin 2023  |  Fraternité
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© Autre presse par Dr
Art et Culture : Une fresque murale
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Black Santiago créé en 1964 au Ghana par Feu Ignace de Souza est un orchestre du Bénin reconnu pour ses spécialités musicales qui sont la salsa et l’Afrobeat. Après 60 années d’existence, l’orchestre fait toujours son petit bonhomme de chemin sous le leadership de Gobi. Dans cet entretien, il raconte le parcours de l’orchestre et dévoile ses projets.

Parlez-nous un peu de l’histoire de Black Santiago.
L’histoire de l’orchestre remonte à l’époque où les Black Santiago étaient au sommet de leur art. D’abord, ils ont eu l’idée de donner le nom de ‘’les noirs de Santiago’’, c’est-à-dire les noirs qui portent les Santiags. Il y a aussi une ville de Cuba qui s’appelle Santiago. Ils en ont déduit qu’ils sont les noirs de Santiago, d’où le nom ‘’Black Santiago’’. Après, ils sont restés au Ghana jusqu’à ce que le chef d’orchestre Ignace de Souza ait racheté le groupe dans lequel il jouait et en soit devenu le propriétaire. Mais avec les rapatriements, ils sont revenus au Bénin. Puis après, ils sont partis au Nigéria pour jouer pendant quelques temps. Il faut signaler qu’ils ont beaucoup voyagé. Le chef d’orchestre d’alors était un grand trompettiste et saxophoniste très connu en Afrique de l’Ouest. Il jouait en Côte d’Ivoire et un peu partout. Il était l’ami de Fela Kuti qui venait aussi l’écouter souvent au Bénin. C’est pour ces raisons qu’il revendique le rythme Afrobeat. Fela Kuti qui venait travailler avec lui, a repris ce rythme au Nigéria. Mais la preuve, son premier morceau en Afrobeat a été enregistré en 1966 alors que celui de Fela Kuti a été enregistré en 1968. Il faut signaler que Ignace de Souza a toujours revendiqué qu’il était le créateur de l’Afrobeat. Moi je suis arrivé dans le groupe en 1983. Cela fait 40 ans que je suis dans l’orchestre. J’y suis entré quand l’opportunité m’a été offerte. J’étais élève en classe de Terminale. Je continuais encore mes études mais j’étais déjà musicien professionnel. C’est ainsi que je suis entré dans Black Santiago et j’y suis jusqu’aujourd’hui. Le 16 février 1988, on a eu un accident lorsqu’on allait en tournée dans le nord. Le bus a fait des tonneaux et le chef d’orchestre est décédé. Il y avait eu 3 morts. En plus du chef d’orchestre, il y a eu Miguélito père et Eric Medrid. Nous étions aussi dans le bus. Bayo a pris le relai et a dirigé l’orchestre pendant 28 ans et j’étais toujours son adjoint. Lui aussi est parti des suites d’une courte maladie et j’ai pris le relai. On ne veut pas laisser l’orchestre Black Santiago disparaître. J’ai continué avec les musiciens mais maintenant, je recrute des jeunes pour mettre encore du sang neuf dans l’orchestre. L’orchestre est resté fidèle à son style musical notamment l’Afrobeat.

Quels sont les projets de l’orchestre ?
Actuellement, nous avons beaucoup de projets. C’est peut-être la chance que j’ai eue. Sinon, il faut reconnaître que l’orchestre Black Santiago n’a jamais traversé l’océan pour aller en Europe depuis le temps de Ignace de Souza jusqu’à Agonglo Bayo. Mais quand j’ai pris l’orchestre, on a pu voyager. On était au Quai Branly. C’est nous qui avons accompagné le retour des objets d’arts. Pendant qu’on y était, il y avait la semaine culturelle à Paris et nous avons été sélectionnés parmi ceux qui devraient l’animer. Du coup, on a eu beaucoup d’opportunités. La directrice de Canal+ nous a contactés. D’autres ont eu l’idée d’écrire le scénario sur Black Santiago et nous avons pu tourner une série de 8 épisodes qui est en cours actuellement et le nom de la série qui va sortir le 27 juin prochain, c’est ’’Black Santiago Club’’. Elle sera diffusée sur Canal+Première. C’est vrai qu’il y a eu un peu de fiction mais c’est inspiré de la vie de l’orchestre. Elle a été tournée à Cotonou et c’est une belle expérience pour nous. Car, c’est pour la première fois qu’on tourne un film et nous espérons que cela va continuer. On a encore d’autres projets comme celui d’aller au Canada et aux États-Unis. Par ailleurs, il faut noter qu’en France, on a eu la chance de rencontrer Florent Mazzoleni qui avait écrit un livre sur Black Santiago. On l’appelle souvent le spécialiste de la musique africaine et il avait une compilation des morceaux de Ignace de Souza…

Combien d’albums sont à l’actif du groupe jusqu’à ce jour ?
Au temps de Ignace de Souza, Black Santiago a eu 15 albums, 3 au temps de Bayo et 4 albums avec moi. Ce qui fait 22 albums depuis 60 ans.

Votre mot de la fin
Le 24 juin prochain, on met le feu à l’Institut français du Bénin. Tout le public est invité.
Propos recueillis par Fidégnon HOUEDOHOUN
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