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Cherté des produits agricoles : La subvention des intrants a montré ses limites

Publié le vendredi 21 juin 2024  |  Matin libre
Bénin/Agriculture:
© Autre presse par dr
Bénin/Agriculture: Acquisition d’équipements agricoles au profit de la SoNaMA
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Les producteurs contraints de vendre à perte

Il faut agir sur les prix des produits agricoles

Tout coûte cher au Bénin, aussi bien les produits manufacturés importés que les produits agricoles comme le maïs, le haricot, les tubercules et leurs dérivés, etc. Aux dires du ministre de l’agriculture et d’autres thuriféraires du régime de la Rupture, à l’instar de Orden Alladatin, le gouvernement de Patrice Talon a anticipé sur la cherté des produits agricoles qui frappe de plein fouet les consommateurs.

La mesure évoquée pour justifier cette anticipation, c’est la subvention des intrants agricoles. A la campagne agricole 2022-2023, le Conseil des ministres du mercredi 20 avril 2022 a décidé de subventionner les prix des pesticides et engrais à travers un appui de 31,5 milliards FCFA. Ainsi, l’engrais, toutes catégories confondues, a été cédé à 280 FCFA/kg, soit 14 000 FCFA le sac de 50 kg. Pour la campagne 2023-2024, 30 milliards FCFA de subvention ont été débloqués. Pour celle 2024-2025 en cours, le gouvernement subventionne les engrais agricoles à hauteur de 24,4 milliards FCFA en vue d’assurer la sécurité alimentaire aux Béninois. Ainsi, l’engrais NPK, toutes catégories, est cédé à 340 FCFA le kilo, soit 17 000 FCFA le sac de 50 Kg. A priori, toutes ces subventions, sur trois campagnes successives, devraient amoindrir le prix d’achat des produits agricoles au consommateur final. Mais que constate-on à l’arrivée ? ça crie partout.

Conséquences sur les producteurs
La politique des prix du gouvernement de la Rupture, qui limite la subvention aux intrants agricoles, a de nombreuses conséquences sur la vie économique et sociale des Béninois. La subvention des intrants va directement dans la poche des entreprises importatrices. Elle ne touche pas les produits agricoles. Lesquels produits agricoles concernent pourtant la grande masse, les producteurs et les consommateurs. L’option faite par le gouvernement de ne pas subventionner directement les produits agricoles, comme cela est fait ailleurs, notamment au Sénégal, suivie de l’interdiction de sortie des produits agricoles créent d’énormes manques à gagner aux producteurs. Ils sont contraints de vendre à perte. A écouter les producteurs, ils auraient préféré acheter les intrants à leur prix réel et être libres de vendre leurs produits où ils veulent à des meilleurs prix.

Du deux poids, deux mesures
En subventionnant les intrants agricoles, le gouvernement protège les commerçants importateurs d’intrants, en leur évitant de vendre à perte. Mais quid des producteurs ? Autant le gouvernement protège les sociétés importatrices d’engrais, autant il devrait protéger les producteurs agricoles et leur éviter de vendre à perte les produits cultivés au prix de dur labeur, sous le soleil et la pluie et en contractant des prêts bancaires afin d’élargie les superficies cultivables. On sent une politique de deux poids, deux mesures.

Il faut changer d’approche
En optant pour la subvention des intrants agricoles, le gouvernement de la Rupture prétend lutter contre la flambée des prix des produits agricoles. Mais au finish, on constate que les prix des produits vivriers n’ont pas baissé, bien au contraire. La subvention des intrants agricoles n’est donc pas la solution à la cherté de la vie. Le gouvernement devrait donc en tirer les leçons et opter désormais pour une subvention directe accordée aux prix des produits agricoles. Les pays comme le Sénégal et le Burkina-Faso ont déjà essayé cette approche et les consommateurs et agriculteurs s’en portent mieux.

M.M
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