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La Nation N° 5910 du 23/1/2014

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fronde sociale: De la nécessité de désamorcer la fronde sociale
Publié le vendredi 24 janvier 2014   |  La Nation


Les
© 24 heures au Bénin par DR
Les étudiants et élèves l’école normale supérieure de Porto-Novo sensibilisés sur les méfaits de l’utilisation abusive des armes


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Les syndicalistes durcissent davantage le ton : la grève prend de l’ampleur passant de 48 heures à 72 heures et bientôt à 96 heures, le gouvernement n’entend pas céder aux revendications des travailleurs et les usagers de l’administration publique souffrent. La grogne sociale enclenchée par les centrales et confédérations syndicales depuis trois semaines se fait de plus en plus assourdissante et interpelle chacun des protagonistes de la crise.

Par Claude Urbain PLAGBETO


Des enseignants grévistes jusqu’au-boutistes et des écoliers et élèves abandonnés à eux-mêmes dans la plupart des établissements scolaires pendant plusieurs jours par semaine; des agents de santé subitement insensibles ignorant leurs patients qui meurent; des agents du secteur de la justice intraitables depuis plusieurs semaines; avec des usagers aux abois, un secteur des finances peu motivé au travail…

La grève générale lancée par les centrales et confédérations syndicales n’a pas embrasé encore, fort heureusement, tout l’appareil administratif du pays. Cependant, les déboires pour les usagers restent énormes. Il est à craindre que la menace faite par le gouvernement de procéder à des défalcations sur les salaires qui ont connu de ce fait un retard pour ce mois de janvier et autres manœuvres discrètes pour casser le mouvement des travailleurs grévistes, au lieu de les dissuader, ne fassent que raviver la flamme de la discorde entre syndicats et gouvernement.

Chaque protagoniste de la crise sociale reste campé sur sa position et si rien n’est fait, la fronde sociale risque de s’enraciner dans le pays.

Que les syndicats veuillent protester après la bavure policière sanglante du 27 décembre 2013 pour réclamer la sauvegarde des libertés démocratiques acquises au prix de hautes luttes, ils sont indubitablement dans leur rôle. Si les syndicalistes ne haussent pas le ton après ces incidents malheureux, qu’adviendrait-il de la sécurité et de la liberté de s’exprimer et de manifester? C’est en ce sens que la grève des centrales et confédérations syndicales s’avère légitime, même si l’on s’accorde que le salut du pays n’est nullement dans une cessation sectorielle encore moins une paralysie totale de l’administration.
Que le gouvernement, de son côté, n’entende pas relever de leurs fonctions des commanditaires présumés de la bastonnade, estimant que force doit rester à la discipline et pense plutôt sévir suivant la logique « qui n’a pas travaillé n’a pas droit au salaire », il est certainement aussi dans son droit de faire « respecter » l’autorité de l’Etat.
Si le gouvernement accédait à la demande des syndicalistes en limogeant le préfet Placide Azandé et le commissaire central Pierre Coovi Agossadou alors que leur « faute » professionnelle n’est pas établie, du moins pour le moment, ne vont-ils pas demander bientôt la tête du président de la République lui-même ?

A qui profite le bras-de-fer ?

Ni les syndicalistes ni les gouvernants ne peuvent bomber le torse alors que les souffrances du peuple déjà meurtri par la cherté de la vie et la morosité économique, s’accentuent davantage du fait de leur incompréhension et de l’indisponibilité des services administratifs. D’où la nécessité de désamorcer « la bombe » et éviter que cette fronde sociale n’embrase davantage le pays. Tout compte fait, l’un des camps en lice devra se départir de son égo. Et dans la situation actuelle, le gouvernement est loin d’être en position de force.

Les arrestations pour incitation à la grève n’arrangent rien à l’affaire. Bien au contraire ! De plus, les grévistes sont persuadés que les sous qui leur seront défalqués seront remboursés tôt ou tard et ce, conformément aux dispositions de l’article 25 de la loi n°2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin qui stipulent : « Les grèves ayant pour motifs la violation des libertés fondamentales et des droits syndicaux universellement reconnus ou le non-paiement des droits acquis par les travailleurs, ne donnent lieu à aucune réduction de salaire ou de traitement… ». L’Exécutif devra écouter d’une oreille plus attentive les doléances des travailleurs et négocier avec eux d’un ton plus conciliant....

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