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Adjinakou N° 2380 du 6/2/2014

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Négociations avec les syndicats / Le gouvernement échoue une fois encore
Publié le mercredi 12 fevrier 2014   |  Adjinakou




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(Les anciens chefs d’Etat peuvent-ils sauver la paix ?)

Les négociations entre le gouvernement et les centrales syndicales sont à nouveau reportées. Les partenaires sociaux ont simplement rejeté le moratoire de trois mois sollicité par le gouvernement pour donner suite aux grandes revendications. Curieusement, depuis le début de cette crise généralisée, les anciens présidents de la République sont restés muets alors que leur apport aurait pu aider au dénouement de la crise. Comment peut-on interpréter le silence de Zinsou, Soglo et Kérékou ?

La troisième rencontre entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales s’est tenue ce 10 février 2014 à Cotonou. Les deux parties n’ont pu trouver une porte de sortie à la tension sociale qui prévaut au Bénin. Face aux revendications des travailleurs, le gouvernement a exigé des responsables syndicaux, un moratoire de trois mois afin de procéder à la rétrocession des salaires illégalement et arbitrairement défalqués ce mois de janvier 2014, le limogeage du préfet de l’Atlantique et le commissaire de la ville de Cotonou. Face aux refus des représentants des travailleurs, les négociations ont purement et simplement été reportées à une date ultérieure. Selon les observateurs, le gouvernement n’est pas à prendre au sérieux lorsqu’il exige trois mois pour régler les problèmes alors même que des limogeages se font par message défilant sur les chaînes de télévision de la place. Les
défalcations ont été faites en cinq jours environ, pourquoi alors attendre trois mois pour satisfaire les travailleurs concernés ? Les responsables syndicaux ont donc opposé une fin de non recevoir. Ainsi, les mouvements de débrayages se poursuivent, mais sans l’opération ‘’hôpitaux morts’’ déclenchée par les praticiens hospitaliers puisque cette motion a été suspendue pour permettre de sauver des vies humaines. Le cri de cœur des populations semble avoir été entendu à ce niveau.

Anciens présidents muets

Depuis l’éclatement de cette crise, aucun ancien chef d’Etat de la République du Bénin n’a encore apporté sa touche particulière à sa résolution. Dr Emile Derlin Zinsou, Général Mathieu Kérékou, et Nicéphore Soglo demeurent tous observateurs dans la crise qui perdure. Ils attendent en effet, les réactions d’où quelles viennent, qui pourraient les interpeller. La population béninoise tarde à leur faire appel, eux dont l’apport en matière de résolution de crise est toujours utile pour le dégèle d’une situation conflictuelle. L’actuel président de la République, Boni Yayi, n’a jamais sollicité les conseils de ses ainés depuis le début de la brouille alors que leur implication dans la résolution a toujours été bénéfique pour la nation et les portes de sorties de crise peinent toujours à être trouvées.

…Pourtant ils ont toujours été là

Le samedi 26 octobre 2013, les anciens présidents Dr Emile Derlin Zinsou et Nicéphore Dieudonné Soglo se sont rendus chez le Général Mathieu Kérékou pour une longue concertation. Au terme des échanges, les trois hommes ont décidé de rencontrer Boni Yayi afin, entre autres, de lui montrer la gravité de la situation politique et sociale du pays. Deux points ont fait l’objet de leurs échanges. Il s’agit de la révision de la Constitution et les dossiers de supposées tentatives d’empoisonnement et de coup d’Etat. Pour ce qui est du premier, les anciens présidents de la République, compte tenu de la crise politique observée depuis un moment, ont eu l’intention d’exhorter le président Boni Yayi à revoir sa stratégie, à défaut de classer ce dossier qui a entraîné une crise politique qui ne fait que s’aggraver. Le premier jour de l’année 2012, Boni Yayi était chez Mathieu Kérékou pour quelques conseils. Quelques jours après le premier tour de la présidentielle du 13 mars 2011 qui a consacré le fameux K.O de Boni Yayi, Nicéphore Soglo s’est rendu chez le Général Mathieu Kérékou pour partager avec ce dernier ses craintes sur la crise politique naissante après ce premier tour de la présidentielle. Même si Boni Yayi a reçu les félicitations du président Emile Derlin Zinsou, les craintes des anciens présidents étaient légitimes. A une semaine de la tenue du premier tour de la présidentielle le 13 mars 2011, Mathieu Kérékou absent des écrans pendant des mois, a fait une brève apparition dans un discours pour inviter les protagonistes à la retenue afin que le scrutin se déroule dans la paix et la transparence. Quant à Nicéphore Soglo, il avait déjà fait preuve d’une remarquable disponibilité aux côtés d’Emile Derlin Zinsou pour aider l’opposition dont il a été un membre influent et la mouvance à trouver le consensus avant d’aller aux élections. En 2008 et 2010, Boni Yayi a effectué la même démarche en se rendant chez ses prédécesseurs puis en les invitants au Palais de la République. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si l’actuel chef de l’Etat est un bon élève en matière de gouvernance politique et économique après toutes ces contributions de ses prédécesseurs ? Les anciens chefs d’Etats sont-ils fatigués de jouer aux sapeurs-pompiers

Marc Gbaguidi

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