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Négociations avec les syndicalistes : Et si les caisses vides ont affaibli Yayi ?
Publié le lundi 17 fevrier 2014   |  adjinakou


Ouverture
© AFP par SEYLLOU
Ouverture de la 17ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d`Etat et de Gouvernement de l`UEMOA
Jeudi 24 octobre 2013. Dakar. Plusieurs chefs d`Etats sont arrivés à Dakar où ils prendront part à la 17ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d`Etat et de Gouvernement de l`UEMOA et au sommet extraordinaire de la CEDEAO.Photo : Boni Yayi, président du BENIN


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Après deux tentatives de la relance du dialogue social au Bénin, le gouvernement sera encore face aux syndicalistes ce lundi 17 février 2014. Sauf que les médiateurs n’ont pas les moyens de leur mission. En effet, le Conseil des ministres s’est penché les vendredi 14 et samedi 15 février derniers sur la grève générale dans le pays, mais sans pouvoir parvenir à trouver des approches pertinentes pour la sortie de crise. En face, les centrales et confédérations syndicales se sont réunies ce même weekend pour non seulement faire le point de leur lutte, mais aussi pour faire des mises en garde à l’Exécutif. A voir les préalables fixés par ces syndicalistes et la légèreté dont fait preuve le gouvernement à travers le relevé du conseil des ministres, affaibli par la tension, on a de bonnes raisons de craindre un nouvel échec des négociations.



Après les échecs successifs des négociations avec les syndicalistes lors des rencontres des 03 et 10 février derniers, le gouvernement va, une fois encore, tenter de dissuader les responsables syndicaux. Une rencontre au cours de laquelle il s’agira pour le gouvernement de faire savoir à ses partenaires sociaux la suite qu’il entend donner aux préalables fixés par ceux-ci pour l’ouverture du dialogue social. Mais déjà, des observateurs prédisent que la rencontre de ce 17 février 2014 n’accouchera que d’une souris puisque le gouvernement ne semble pas plus avoir les moyens pour faire des concessions.

Indifférence et mise en garde

Aussi bien du côté de l’Exécutif que des partenaires sociaux, la crise actuelle fut au centre des préoccupations. Réunis en conseil des ministres les vendredi 14 et samedi 15 février 2014, les membres du gouvernement ont suivi une communication du Ministre du Travail, de la Fonction publique, de la Réforme administrative et institutionnelle chargé du Dialogue social sur le point des négociations en cours entre le Gouvernement et les centrales et confédérations syndicales en vue d’apaiser la tension sociale engendrée par les grèves. Sauf qu’après lecture du relevé du conseil des ministres, on se laisse convaincre de la légèreté avec laquelle le gouvernement traite la grogne sociale dans le pays.

« Le Conseil des Ministres a instruit la délégation gouvernementale de poursuivre les discussions avec patience et sérénité avec les centrales et confédérations syndicales dès le lundi 17 février 2014, en vue d’aboutir à des solutions qui prennent en compte les intérêts des populations », peut-on lire dans ledit relevé. Quand on sait que lors de la dernière rencontre, c’est le moratoire demandé par le gouvernement et rejeté par les syndicalistes qui a opposé les deux parties, l’on se demande bien quelle sont les approches du gouvernement pour l’évolution du dialogue ce jour.

Par ailleurs, les responsables syndicaux se sont réunis pour faire le point du mouvement de grève. Une occasion au cours de laquelle ces derniers se sont montrés plus menaçants surtout avec l’annonce d’une saisine de la Cour constitutionnelle au sujet de la légalité de la grève des travailleurs. Apres la sortie de ce samedi15 février 2014, on est en droit de dire que les syndicalistes sont toujours sur pieds de guerre.

Une crise spéciale


A bien y voir, la crise sociale ambiante dans le pays est toute spéciale. Il devient donc opportun d’évaluer les rapports de forces en présence entre le gouvernement et les syndicats. Alors que l’Exécutif multiplie ses actions pour étouffer le mouvement des syndicalistes, les travailleurs se montrent plus que jamais soudés et engagés pour l’atteinte de leurs objectifs. De l’avis des analystes, cette forte adhésion des travailleurs s’explique non seulement par les atteintes répétées et flagrantes aux libertés syndicales, mais aussi et surtout les défalcations a priori abusives et sans mesures, opérées sur les salaires des grévistes et non-grévistes. Mieux le soutien affiché de bien d’acteurs de la société civile et des hommes politiques notamment de l’opposition ne sont pas du genre à favoriser le coup de force du gouvernement.
Issues incertaines…

La décrispation du climat social au Bénin préoccupe aujourd’hui toutes les forces vives de la nation. Même si la position figée des deux camps ne laisse présager d’une issue heureuse pour la crise, deux hypothèses peuvent être envisagées. Soit le gouvernement choisit de rester dans sa position actuelle jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle ne se prononce sur la légalité de la grève des travailleurs tel que annoncé. Dans ce cas l’impasse restera de mise et risque fort de prendre des proportions inquiétantes si les travailleurs étaient désavoués par les sages de la Cour. Soit le gouvernement commence par satisfaire les revendications les plus urgentes des travailleurs afin d’arrêter la saignée. Autant cette option consacrera la victoire des syndicalistes sur l’Exécutif, autant elle matérialisera la preuve de la sagesse des membres du gouvernement au service de l’intérêt général du pays.

Toutefois, la capacité du gouvernement à rétrocéder les sommes défalquées aux salaires des grévistes reste une question majeure.

Sinon, in fine, doit-on croire les observateurs qui affirment que l’Etat est en cessation de paiement ?


Vitali Boton

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