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Débat sur la restitution des défalcations lors de la 5ème journée des négociations avec les syndicats : Le gouvernement pose des conditions
Publié le vendredi 28 fevrier 2014   |  L`événement Précis


Laurent
© Autre presse par DR
Laurent Metognon, Secrétaire Général de Fédération des Syndicats des Travailleurs des Finances


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La rétrocession des défalcations de février dépend de la reprise du travail

Nouvel échec des négociations entre le gouvernement, les centrales et confédérations syndicales en grève depuis le 07 janvier 2014. C’est ce qu’il faut retenir de la 5ème rencontre entre les différentes parties en lutte. Et pour preuve, hier, jeudi 27 février, elles n’ont pas pu s’accorder pour la reprise des activités dans le secteur public paralysé, il y a bientôt deux mois. Durant deux heures environs, les parties n’ont fait que discuter du préalable portant sur les défalcations du mois de février. Mais le refus catégorique du gouvernement de retourner les sous va bloquer les choses. A cet effet, les membres du gouvernement et le présidium vont sortir de la salle mettant un terme aux négociations et abandonnant les responsables syndicaux. Selon le point fait par le ministre de la Fonction publique, Martial Sounton à leur sortie, le gouvernement rétrocédera les sous à condition que les travailleurs reprennent le chemin des services dès lundi prochain. Cette proposition a été très tôt rejetée par les organisations syndicales qui ont, l’une après l’autre, donné leur point de vue sur la situation. Très attristés par cette volonté du gouvernement de maintenir la tension, ils restent néanmoins toujours déterminés à poursuivre les mouvements jusqu’à ce que satisfaction soit donnée à leurs revendications. Ceci, en dépit de leur main tendue.



Lire les différents propos à la fin du 5ème round



Ministre du travail et de la fonction publique, Martial SOUNTON

« Il n’y aura pas d’année blanche »

Qu’est-ce qu’il faut retenir de la 5ème rencontre ?

« ….Les défalcations qui ont été opérées sur les salaires du mois de janvier et de février concernent les jours de grève de janvier. Le gouvernement dit et réaffirme que dans le souci de l’apaisement du climat social, il faut renoncer aux défalcations concernant les jours de grève de février sur les mois à venir. Mais ils sont restés sur leur position pour dire qu’on doit finir de déblayer ce premier point. En réalité, le gouvernement continue de tendre la main aux organisations syndicales. Le gouvernement dit qu’en cas de divergence d’une loi de la république, on n’est pas obligé de camper sur notre position, étant donné qu’il y a des structures compétentes, des voies de recours qui peuvent nous départager. En attendant qu’on soit départagé, le gouvernement fait la concession sur les défalcations concernant les jours de grève du mois de février 2014 et souhaite que le travail reprenne et que les négociations se poursuivent.

Le spectre d’année blanche qui plane

Il n’y aura pas d’année blanche. Je sais que le sens patriotique de tous les Béninois doit jouer pour que l’intérêt de chacun soit mis de côté pour l’intérêt supérieur de la nation et que la question de la légalité de notre pays soit respectée. De ces deux points de vue, je ne vois pas comment nous irons à une année blanche. En tout cas, le gouvernement ne prêche pas pour une année blanche. Je crois aussi que les secrétaires généraux feront de leur mieux pour qu’il n’y ait pas d’année blanche. J’ai mes enfants qui sont ici au Bénin. Je n’ai aucun enfant à l’extérieur. Et donc, je suis concerné par cette question.

La question de la saisine de la justice

Il n’y aura pas d’impasse. Et je suis sûr que la presse contribuera à ce qu’il n’y ait pas d’impasse. Je suis sûr. Je rappelle que nous avons besoin du moratoire de trois mois qui n’est pas, à ce jour accepté, pour avancer ».



Paul ESSE IKO, SG/CSTB

« Que les masses des travailleurs et le peuple se mobilisent pour qu’on fasse respecter les textes de la république »

« Après ce dernier round de négociations, nous constatons que le gouvernement campe sur sa position. Il ne veut pas bouger et ne cesse de faire comme nous l’avons dit, du dilatoire. C’est à croire que les revendications que nous avons posées tournent uniquement autour de la question des défalcations. Cette question a pour but, bien sûr de faire respecter la loi de l’assemblée sur le droit de grève. Mais il reste la question de la suspension du préfet et du commissaire central. Cette revendication est plus importante que la prunelle de nos yeux. Ensuite, il reste bien sûr le problème de l’annulation du concours frauduleux. A la fin du débat, on constate que le gouvernement fait du sur place. Et il ne reste qu’une seule chose. Que les masses des travailleurs et le peuple se mobilisent sur le terrain pour qu’on fasse respecter les textes de la république ».



Dieudonné LOKOSSOU, SG/CSA-Bénin

« On n’a jamais reçu une lettre nous disant que cette grève est illégale »

« Nous assistons à une situation d’enlisement progressif. Et c’est le gouvernement qui n’est pas dans la posture de négocier et de bien négocier. Depuis le 07 janvier 2014 que nous avons lancé ce mouvement, il a fallu le 4ème round pour qu’on nous sorte brutalement que c’est une grève illégale. Lorsque la grève est illégale, le gouvernement le notifie par écrit aux syndicalistes. Jusqu’ici, on n’a jamais reçu une lettre, nous disant que cette grève est illégale. A supposer même que la grève soit illégale, pourquoi alors accepter de payer un mois de défalcation. Cela veut dire qu’il n’y a pas de cohérence. Donc, je voudrais seulement faire savoir que si l’année est blanchie, c’est du fait du gouvernement qui vient faire croire qu’on négocie. Nous avons donc le texte sur l’exercice du droit de grève chez nous qu’ils ont lu en diagonale et appliquent sauvagement les défalcations. Je voudrais lancer un appel aux travailleurs pour qu’ils ne soient pas déçus et qu’ils s’apprêtent à poursuivre la grève. Car, nous apprenons que le gouvernement a un plan B. C’est ce qui fait qu’il poursuit avec la surenchère. Ceci, parce que si le gouvernement était responsable, on ne serait pas à cette étape. Si la population doit s’en prendre à quelqu’un, c’est au gouvernement qui est en faillite ».



Pascal TODJINOU, SG/CGTB



« S’il y a troubles demain, il faut l’imputer au gouvernement »

« Il faut que cela soit clair dans toutes les têtes. S’il y a troubles demain, il faut que cela soit imputé au gouvernement parce que les organisations syndicales ont suffisamment fait de concessions à ce gouvernement qui campe toujours sur sa position. De deux, le gouvernement n’a rien offert. En réalité, il fait le prélèvement de janvier et février et vient dire qu’il donne le mois de février si on ne continue pas la grève. Or, nous sommes en grève. Cela veut dire que le gouvernement est dans la logique du pire. Et que le peuple béninois soit largement informé de ce, qu’aujourd’hui, c’est le gouvernement qui porte la responsabilité. C’est pourquoi, quand nous sommes venus, nous avons demandé le point de vue du gouvernement sur la restitution des prélèvements sur salaires au titre de 2014. C’est sur cela seul qu’on est resté. Par voie de conséquence, on continue la grève jusqu’à satisfaction des revendications. N’ayons jamais peur. Même si le gouvernement d’aujourd’hui ne restitue pas, le prochain remboursera ».



Noël CHADARE, SG/COSI

« Le gouvernement n’a pas fait le pas qu’il faut pour la sortie de crise »

« Nous venons de faire le constat de l’échec des négociations. Le gouvernement n’a pas bougé d’un iota. Lundi dernier, il avait dit qu’il irait se concerter. Aujourd’hui, on pensait qu’il avait quelque chose à proposer. Mais, on a été surpris que le gouvernement vienne marteler sa position de lundi dernier. La grève se poursuivra tant que le gouvernement n’aura pas fait la concession pour une sortie de crise. On prend les parents d’élèves et le peuple à témoin…. Le gouvernement n’a pas fait le pas qu’il faut pour la sortie de crise ».



Christophe DOVONON, SG/CSPIB

« L’Etat est en cessation de payement »

« C’est une incapacité de l’équipe gouvernementale de manager malgré la bonne volonté des syndicalistes que nous sommes. L’ambiance du lundi n’a rien de comparable avec ce qu’on a vu aujourd’hui. Je crois que le plan B du gouvernement est de rester sur sa position pour nous faire peur. C’est maitre Joseph Djogbénou qui nous a informés que l’Etat est en cessation de payement. Et c’est ce qu’ils sont en train de nous démontrer. Car, la grève est universelle et reconnue de tous. Il sera seul, demain, pour les conséquences. Ce serait dommage pour les enfants, les prisonniers, les malades. Ce que le gouvernement n’a pas compris, c’est qu’il ne sait pas ceux qui rentreront demain dans la lutte ».



Laurent METONGNON, SG/FESYNTRA-FINANCES

« Poursuivons le mouvement pour maintenir le droit de grève »

« Le gouvernement dit avoir fait des efforts. Il faut que le peuple arrive quand même à comprendre les efforts qu’il a faits. Ce que le gouvernement a fait, est qu’il estime avoir offert comme cadeau. La défalcation du mois de février ne sera versée qu’à condition que les grèves ne se poursuivent pas. Donc, c’est un ultimatum lancé aux travailleurs, alors que les défalcations ont été bel et bien faites sur le salaire de février. L’autre effort qu’a fait le gouvernement est que, par rapport aux résultats des concours frauduleux, une commission est mise en place et il nous a cité ceux qui composent cette commission. Ensuite, par rapport au limogeage du préfet et de son bras exécutant, le commissaire central de Cotonou, l’effort est que l’arrêté de 2012 a été rapporté. Le dernier effort qui a rapport au Smig, le CNT s’est déjà réuni et la décision a été que l’augmentation du Smig n’a pas été accordée. Sur les sept (07) points, voilà les efforts que le gouvernement a faits. Le septième point est celui du point indiciaire ; les 1.25 aux enseignants et également aux autres qui n’ont pas perçu complètement. Là, le gouvernement nous renvoie à la commission nationale. Donc, voilà alors les efforts que le gouvernement pense avoir fait. Pour ceux qui nous écoutent, c’est le gouvernement qui ne veut pas de la décrispation. Les travailleurs n’ont qu’à en prendre acte. Car, nous avons rejeté en bloc tout ce que le gouvernement pense avoir fait comme effort. La mobilisation permanente des travailleurs arrivera à briser le plan B du gouvernement et fera poursuivre le mouvement pour maintenir le droit de grève, arracher les libertés ».

Propos recueillis par Emmanuel GBETO

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