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Le Matinal N° 4326 du 7/4/2014

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Dossier découverte de drogue au Port de Cotonou : La Police, seule fautive ?
Publié le mardi 8 avril 2014   |  Le Matinal


Le
© Autre presse par DR
Le port de Cotonou


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Les décisions prises mardi dernier en conseil des ministres au sujet de l’affaire relative au stockage de drogue au Port autonome de Cotonou suscitent remous et frisent l’injustice.


A quoi joue le gouvernement Yayi ? Dans cette affaire de stockage de drogue au port, il a décidé de sanctionner des fonctionnaires de la Police. Il se dessine à l’horizon un acte qui tend à sacrifier des agents de police (pas forcément innocents) qui ne sont que des exécutants. Au port autonome de Cotonou, le dépotage d’un container se fait en présence de plusieurs agents de diverses provenances notamment la douane, la Direction générale du port, les services de sécurité (police et gendarmerie), la Présidence de la République à travers la Dsld etc. D’autres secteurs notamment la santé, le conditionnement interviennent dans la même chaîne. Ce qui signifie que, s’il y a un produit prohibé ou suspect dans un container, tous ces services sont concernés. Personne n’a besoin de faire de rapport à son prochain. Chaque service représenté adressé une fiche de constat à son responsable supérieur. Et donc, la découverte de cette quantité de drogue au port a été sue et connue de tous ces acteurs. Et autant qu’ils sont, ils ont obligation de garder un œil sur le container incriminé jusqu’à sa destination. Cette drogue est-elle sortie ou pas ? Tous ces services sont en mesure de le savoir, car leur travail ne s’arrête pas au dépotage. Pour les services de sécurité, ils ont grand devoir de ne pas perdre de vue un container, s’il est indexé. Donc, la drogue n’a pas séjourné au port pendant tout ce temps à l’insu de toute la chaîne intervenant sur la plateforme portuaire. Maintenant, supposons que les agents détachés au port par ces différents services ont eu la mauvaise foi de ne plus suivre la suite du dossier et ne maîtrisaient plus là où se trouvait drogue. Leurs responsables hiérarchiques à qui ils avaient sans doute adressé des fiches de constat ne devraient-ils pas les interpeller ? Le commissariat spécial du port a du informer, à l’époque ses responsables hiérarchiques de la découverte d’une telle quantité de drogue au port. Quel est ce Dg Police nationale qui, pendant des mois, a oublié de rappeler à l’ordre son subalterne pour mesures à prendre aux fins de finir avec les formalités ? Qui était patron de la gendarmerie ? Qui était le Dg des douanes ? Et à la Présidence, qui était le patron des services de renseignement au moment des faits ? Et les ministres de tutelles (Sécurité publique, intérieur, finances et santé) ? Pourquoi tous ces patrons n’avaient pas sanctionné leurs agents pour défaut de formalités à temps ? Qu’avaient-ils fait pour informer le peuple et pour que les instances compétentes réagissent ? Si le rapport Koussé a répondu à toutes ces questions, la liste de ceux qu’on doit sanctionner devait être plus longue. A vrai dire, un problème se pose. Soit c’est le rapport qui n’est pas allé en profondeur dans les enquêtes ou alors, c’est le gouvernement qui a choisi de punir ceux qui ont été instruit par la hiérarchie qui il veut. Ceux qu’on a indexés sont peut-être coupables, mais ils ne devaient pas être les seuls. Yayi Boni doit s’en prendre à ses collaborateurs directs, les Ministres concernés. Sacrifier ces agents de police seuls qui ne sont qu’aux ordres serait un grand péché, une grande injustice. Jusque-là, personne ne sait ce que révèle vraiment le rapport déposé par la Commission présidée par l’Inspecteur Jacques Alidou Koussé. C’est la décision du conseil des ministres qui a été rendu public et le rapport reste caché au public. On se rappelle que par le passé, dans des affaires qui arrangent le pouvoir, les rapports ont été mis à la portée du public. On en veut pour preuve les rapports d’audition dans les dossiers tentatives d’empoisonnement et de coup d’Etat. Tout récemment avec le magistrat Gbènamèto, le Pouvoir n’a pas caché le rapport. Pourquoi dans les dossiers concours frauduleux et stockage de drogue au port, on refuse de publier les rapports ? Cela sent du flou.

Les erreurs de départ

Il y a eu des erreurs de départ dans cette affaire. La faute est partie de la composition de la commission. Dans cette affaire, on ne devait pas mettre dans la commission les responsables des structures censées avoir rempli les formalités nécessaires pour sortir et incinérer la drogue stockée au port. Ces structures sont : la police nationale, la gendarmerie, la justice, la Présidence de la République etc… Mais dans la composition de cette commission, il y a l’Inspecteur général d’Etat, le Directeur général de la police nationale, le Directeur général de la gendarmerie nationale, le Procureur général, le Directeur des affaires civiles et pénales et le commandant de la garde Républicaine. Tout est là. Qui acceptera qu’on impute la responsabilité à sa structure ? Finalement, dans une affaire aussi sensible ce sont ces policiers qu’on veut livrer à la sanction.

Félicien Fangnon

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