Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Benin    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Art et Culture
Article



 Titrologie



Educ'Action N° 0036 du

Voir la Titrologie

  Sondage



 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles



Comment

Art et Culture

Vie des musées au Bénin : Ouidah, capitale de l’art contemporain de l’Afrique
Publié le mardi 8 avril 2014   |  Educ'Action


Inauguration
© aCotonou.com par DR
Inauguration du Musée d’art contemporain de Ouidah
Dimanche 10 Novembre 2013, Ouidah : La Fondation Zinsou inaugure le premier musée d’art contemporain en Afrique


 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier

La ville de Ouidah, au sud du Bénin jouit déjà d’une reconnaissance au triple plan historique, culturel et cultuel. Elle se distingue, à nouveau, en offrant au monde le premier musée d’art contemporain de l’Afrique. Ouvert le 11 novembre 2013, ce musée contient une centaine d’œuvres d’art, minutieusement réalisées par des artistes de talents comme les Maliens Malick Sidibé et Seydou Keita, le Béninois Romuald Hazoumé, l’Ethiopien Mickaël Bethe-Sélassié. En moins de quatre mois d’existence, il a enregistré 18.000 visiteurs.

A une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Cotonou, la capitale économique du Bénin, s’offre à la vue, une cité d’à peine 60.000 habitants, hautement historique pour son rôle d’avant-gardiste dans la traite et le commerce des esclaves, et culturellement merveilleux, abritant un musée d’histoire, un musée brésilien, une forêt sacrée et un temple de python. Ici c’est Ouidah, la célèbre ville. Depuis le 11 novembre 2013, elle accueille le 1er musée d’art contemporain de l’Afrique pour lequel le flux de visiteurs ne cesse de croître. « 18.000 visiteurs en moins de quatre mois d’existence », se réjouit Claude Akotomé, le responsable du musée.

Au cœur du musée

A l’entrée, au fond d’un couloir, se dresse la boutique du musée. Divers articles (sacs, livres, cahiers, stylos, objets d’art…) y sont présentés au goût du visiteur. En retrait, presqu’en face du café bar, une première salle d’exposition, puis une seconde. Elles offrent à voir les œuvres de Seydou Kéita et de Malick Sidibé, tous deux des photographes maliens d’une réputation extraordinaire. Solidement fixées contre les murs, ces œuvres photographiques d’une clarté accessible renvoient à des titres comme : « surprise party, 1969 », « devant les disques », « comme ça ». On comprend mieux alors les habitudes d’une certaine époque, le style vestimentaire qui n’est pas trop en déphasage avec la mode actuelle, les moyens de locomotion, etc. Presque au milieu d’une autre salle d’exposition à peine éclairée d’une lumière jaune, Kifouli Dossou, artiste sculpteur béninois, expose une œuvre de grandeur, près de deux mètres de taille. Il s’agit du masque Ekpa. ‘’Ekpa’’ qui signifie ‘’le chef des masques’’ en yoruba, une langue partagée par le Togo, le Bénin et le Nigéria.

A l’étage, à gauche, dans une salle plus large, gardée naturelle, dont les fenêtres en bois vernis s’ouvrent en bas sur de vieilles maisons au charme désuet, Romuald Hazoumé, dont les ‘’masques bidons’’ ont fait le tour de la plupart des prestigieux musées d’Europe et d’Amérique, s’expose. « Letè Meji », « Bouche cousue », « La panne », « Tyson », « Avion de terre », « Single airbag2 », « Twin airbags », « Kpayo oil », ce sont ses œuvres ; des photographies tirage couleur qui renseignent sur une pratique têtue en vogue au Bénin, le trafic illicite d’essence aux moyens de tricycles et des bidons de 50 voire 100 litres, transportés frauduleusement du voisin de l’est, le Nigéria. Aston, un récupérateur patenté, expose « catastrophe » au fond d’une coursive. 2.000 briquets, des pipettes, chaussures, pinces, bobines, tuyaux, stylos, crayons… recyclés par l’artiste béninois pour forger une œuvre expressive, projetant le Bénin à l’horizon 2050. Selon lui, « la catastrophe s’annonce un peu comme une prophétie ».

Richesses du musée

A en croire notre guide, la trentaine, qui a requis l’anonymat conformément aux instructions reçues, le musée d’art contemporain de Ouidah dispose de 14 salles d’exposition, contenant 90 œuvres d’art, appartenant à 14 artistes (plasticiens, photographes, sculpteurs, peintres) de renom au nombre desquels l’Ivoirien Frédéric Bruly-Bouabré, le Congolais Chéri Samba, l’Ethiopien Mickaël Bethe-Sélassié, les Maliens Malick Sidibé et Seydou Keita, le Camerouno-Nigérian Samuel Fosso et les Béninois Cyprien Tokoudagba et Romuald Hazoumé. « Cette collection d’œuvres acquise par la Fondation Zinsou a coûté des fortunes », a-t-il déclaré. Frédéric, touriste français, la cinquantaine, donne ses impressions à la fin de la visite du musée : « Je ne suis pas venu ici au hasard, je m’intéresse beaucoup à l’art contemporain, je connais déjà à Paris certains artistes africains qui exposent ici, donc je ne peux pas venir à Ouidah sans me rendre au musée de la Fondation Zinsou. Le bâtiment est remarquable, j’ai découvert ici des artistes africains que je ne connaissais pas, leurs œuvres sont de très grande qualité et renseignent parfaitement sur leur savoir faire, ça m’a beaucoup enrichi et je repars d’ici très satisfait ».

Oeuvre la catastropheClaude Akotomé, le responsable du musée, confie qu’une stratégie de partenariat en direction des écoles, situées non loin du musée, a été développée aux fins de permettre aux écoliers et apprenants de visiter gratuitement le musée et ainsi de créer en eux, la culture de l’art. « Les visiteurs étrangers nous viennent des quatre coins du monde », a-t-il dit, enthousiaste.

Marie-Cécile Zinsou, présidente de la Fondation Zinsou, interviewée dans les locaux de la Fondation, à Cotonou, déclare : « Le désir d’exposer des œuvres contemporaines dans le musée de Ouidah vise à montrer cette Afrique qui se développe. Notre mission est de partager les créations africaines en Afrique. Nous avons voulu faire quelque chose de local qui aura une résonnance à l’internationale et nous y sommes parvenus. »

Très imposant au quartier ‘’Fonslamè’’, derrière la basilique de Ouidah, le musée d’art contemporain occupe une vieille bâtisse restaurée de 600 m2, la villa Ajavon de type afro-brésilien, construite en 1922 par un puissant riche commerçant togolais, émigré au Bénin pour ses affaires. La Fondation Zinsou créée en 2005, très portée vers l’art, a compris qu’elle peut en faire un musée de type exceptionnel pour offrir au public et visiteurs étrangers le meilleur de l’art du temps présent, l’art contemporain. « Nous avons constaté que l’art contemporain fait défaut malgré la demande et lorsque l’occasion s’est offerte, nous l’avons saisie », a dit l’ardent défenseur de la culture, Marie-Cécile Zinsou, présidente de la Fondation, petite-nièce de Emile-Derlin Zinsou, l’un des premiers présidents du Bénin.

Le musée d’art contemporain de Ouidah qui rayonne déjà attend de vous recevoir.

Serge-David ZOUEME

 Commentaires