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Entretien avec Eugène Azatassou, Coordonnateur national des FCBE, sur les trois ans de Yayi II: « La refondation a souffert du non accompagnement de tous les Béninois à tous les niveaux »
Publié le vendredi 11 avril 2014   |  L`événement Précis


Eugène
© Autre presse par DR
Eugène Azatassou, Coordonateur FCBE


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Le Coordonnateur national des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE), Eugène Azatassou, se désole que tous les Béninois n’aient pas pu accompagner la refondation annoncée par le Chef de l’Etat, il y a trois ans, dans tous les compartiments et à tous les niveaux. Il dément également que l’an 3 de second quinquennat de Boni Yayi ait été célébré avec faste, comme l’ont décrié certains, mais plutôt dans la prière et dans la concentration. Le dialogue politique et l’avenir des FCBE après 2016 sont quelques-uns des autres sujets abordés dans cette interview par Eugène Azatassou.

Evènement Précis : Le président Boni Yayi vient de boucler les trois ans de son second quinquennat. Pensez-vous que la refondation qu’il avait annoncée en 2011 a vraiment été amorcée ?

Eugène Azatassou : Je voudrais d’abord rappeler qu’en 2006, le Dr Boni Yayi avait fait campagne sur le thème du changement et de l’émergence du Bénin. Après 5 ans, il a constaté qu’il était nécessaire, pour accélérer l’émergence du Bénin, que l’on fasse ce qu’il a appelé la refondation de la République. Cette refondation a consisté en un train de mesures qui transformeraient normalement le Bénin dans tous les compartiments et qui agiraient sur l’état d’esprit du Béninois pour en faire un homme apte au travail pour le développement. C’est de cela qu’il s’est agi. Maintenant, est-ce que cette refondation a été véritablement amorcée ? Bien entendu, les réformes ont été engagées, pratiquement sur tous les plans, économique, politique, social et culturel, non sans les résistances qu’on a constatées. Mais que cela soit au premier quinquennat ou au second, il manque l’essentiel, à savoir que lorsque quelqu’un a une vision de ce genre, il faudrait l’accompagnement de tous les Béninois dans tous les compartiments et à tous les niveaux. C’est cela qui fait hélas défaut. Il y en a qui se sont opposés aux réformes parce qu’ils n’ont pas compris, quand bien même ils sont de bonne foi. Mais, il y en a d’autres qui les combattent tout simplement parce que c’est le Dr Boni Yayi qui les a initiées. Pour eux, il ne faudrait donc pas que ce soit lui qui le fasse. Et cela est un problème parce que, tant qu’’il n’existera pas d’espace, ou un temps, ou quelque chose autour de quoi tous les Béninois s’uniront, c’est évident que le développement de ce pays aura du mal à se concrétiser.

En 2011, le président Boni Yayi avait aussi insisté sur la gouvernance politique, parlant justement de la refondation. Mais, à la célébration des trois ans, on a comme l’impression que le dialogue est complètement rompu dans le pays.

Le dialogue politique n’est pas rompu par le chef de l’Etat. Il fait l’effort d’associer toute la classe politique à la gestion du pays et au débat sur les grandes orientations nationales. Malgré le K.O. de 2011, vous avez suivi ce qu’on a appelé la main tendue. Certains y ont répondu, ont discuté et échangé avec le chef de l’Etat sur les grandes questions nationales. D’autres ont refusé carrément. Mais, en réalité le dialogue politique est comme les autres choses, à savoir que, pour que le chef de l’Etat réussisse, il faut qu’on s’y mette tous. Si certains agissent en francs tireurs, se mettent d’un côté pour compter les mauvais coups, les insuccès et se gargariser des échecs, c’est évident que nous avancerons difficilement. Mais si tout le monde s’y mettait, si tout le monde voulait certainement d’un dialogue politique, nous irons loin, car il s’agit du Bénin.

Il y a pourtant les opposants et les forces sociales qui proposent des assises nationales. Mais tout laisse croire que le gouvernement fait la sourde oreille.

Il faudrait que les forces qui proposent les assises nationales clarifient leur contenu et nous disent ce à quoi elles serviront réellement. Or, ce n’est pas le cas. Certains pensent d’ailleurs qu’il ne faudrait pas que le gouvernement y participe, contrairement à d’autres qui estiment que la participation de l’exécutif est incontournable. Je me demande aussi sur quoi l’on veut déboucher en parlant d’assises nationales. J’ai entendu certaines personnalités de la classe politique dire qu’on va prendre des décisions qui seront imposées au gouvernement. Est-ce une nouvelle conférence nationale des forces vives de la nation. Et si c’était le cas, pourquoi on exclurait une partie, et surtout ceux qui se chargeraient de mettre en application les décisions qui en seraient issues Tout cela est flou. Le gouvernement ne peut pas suivre ce dont il n’a aucune précision.

Est-ce que cela ne vous fait pas de la peine de voir célébrer avec tant de fastes les trois ans de Yayi II dans un Bénin en crise, où l’administration publique continue d’être paralysée, où les écoles sont fermées avec la menace d’une année blanche, où le délestage sévit, etc. ?

Je dois d’abord rectifier quelque chose. Les trois ans n’ont pas été célébrés avec faste, comme vous le dites, et comme l’ont dénoncé certains. Ils ont été célébrés dans la concentration et dans la prière, avec quelques spectacles à la fin, pour égayer les Béninois. Pour les trois ans du second quinquennat, le Dr Boni Yayi a convié l’ensemble du peuple béninois à des moments de réflexion et de concentration. Ce n’est pas parce qu’on a des problèmes qu’il ne faut pas réfléchir. La prière est une occasion de concentration et d’élévation pour voir quel bout tenir pour que les problèmes soient réglés. Vous avez vu, vous-mêmes, un moment comme la messe à l’Eglise St Michel de Cotonou et l’intervention de Mgr Antoine Ganyè. Est-ce que c’est parce qu’on n’a pas d’électricité et que les écoles sont fermées qu’il faut se priver de ce beau discours, de cet appel à la paix et à la cohésion nationale ?

Mais, apparemment, tous les syndicats d’enseignants n’ont pas entendu ce message, puisque bon nombre d’entre eux continuent la grève.

Ils poursuivent la grève parce que certains d’entre eux ont d’autres objectifs. Ils veulent déstabiliser l’Etat. Mais tous ceux-là sont aussi des Béninois et ont leur pratique et vision. Nous qui n’avons pas la même vision, allons leur opposer la nôtre de façon à ce que l’apaisement revienne.

Il reste désormais, deux ans au président Boni Yayi pour boucler son second quinquennat et ses dix ans de règne. Vous pensez qu’au cours de ces deux prochaines années, le Béninois pourra enfin retrouver l’espoir qu’il a tant nourri avec le président actuel ?

Le Béninois ne dit pas attendre l’espoir. Il ne doit pas attendre de retrouver quelque chose. Il y a une ligne qui est tracée par le Dr Boni Yayi, à savoir que la démocratie doit s’enraciner et l’Etat de droit doit se renforcer. Mais tout cela doit se compléter par le développement et cela ne peut se faire que par le travail de tous. Le Béninois a à se jeter à corps perdu dans la production pour que le Bénin se développe. C’est au bout de cela que se trouve l’espoir.

Le président Boni Yayi s’en va en 2016. Le devenir des FCBE ne va-t-il pas s’arrêter là ?

Nous travaillons à ce que cela puisse se poursuivre sans à-coups.

Propos recueillis par Christian TCHANOU

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