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Le Matinal N° 4330 du 11/4/2014

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Confiscation des libertés démocratiques par le Pouvoir : Comment les syndicalistes ont fait reculer Yayi
Publié le vendredi 11 avril 2014   |  Le Matinal


Ouverture
© AFP par SEYLLOU
Ouverture de la 17ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d`Etat et de Gouvernement de l`UEMOA
Jeudi 24 octobre 2013. Dakar. Plusieurs chefs d`Etats sont arrivés à Dakar où ils prendront part à la 17ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d`Etat et de Gouvernement de l`UEMOA et au sommet extraordinaire de la CEDEAO.Photo : Boni Yayi, président du BENIN


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Les Centrales et Confédérations syndicales ont fait douter le régime en place et son chef à travers les récents mouvements de grève. Le Chef de l’Etat est désormais convaincu qu’il a un contre poids de taille désormais et qu’il ne peut plus se jouer comme il l’a fait jusque-là.

Dans un passé récent, le Président Yayi Boni se croyait plus haut. Ceci l’a amené à voir tout le monde tout petit de son piédestal. Voué à un respect hors norme, il a amplifié les excès. Les dégâts étaient sans appel. Les répressions, les violations des libertés et les intimidations de toutes sortes se sont enchaînées.

De 2010 à 2013, toutes manifestations contre le Pouvoir en place étaient strictement interdites ou réprimées. La Police faisant usage excessif de la force. C’est dans cette optique que la marche des travailleurs a été sévèrement réprimée par la Police nationale, le 27 décembre 2013 à la Bourse du travail à Cotonou.

Quelle a été la suite ? Le régime qui croyait intimider tous les Béninois a été surpris de voir les travailleurs se mobiliser comme un seul homme. Les défalcations sur salaires, au lieu de les démobiliser, ont au contraire galvanisé les mouvements de grève déclenchés, le 07 janvier 2014. Comme dans les années 80, les travailleurs étaient intenables et indomptables. Descendus de leur piédestal, le Chef de l’Etat et ses ministres ont été obligés de commencer par négocier avec leur vis-à-vis. Qui pourrait l’imaginer quand on sait que le dialogue social était enterré depuis des lustres ? Ainsi, par la mobilisation, les syndicalistes ont arraché au gouvernement la rétrocession des défalcations sur salaire et la reconquête des libertés syndicales.

La preuve est qu’au lendemain de la barbarie du 27 décembre 2013, des marches de protestation dirigées contre le Pouvoir en place ont été autorisées, quand bien même la question du limogeage du Préfet de l’Atlantique/Littoral, Placide Azandé et du commissaire central de Cotonou, Pierre Agossadou, est encore restée sans suites. En sommes la lutte syndicale a payé puisqu’elle a permis d’arracher des acquis et de remettre le gouvernement dans sa coquille.

Des acquis

Désormais, le régime en place a certainement compris que le peuple béninois a de l’expérience en matière de lutte et que les intimidations de toutes natures ne peuvent le faire reculer sur ce terrain.

L’histoire récente du pays en dit long. Grâce à la mobilisation des travailleurs, le régime révolutionnaire du Général Mathieu Kérékou est tombé de son piédestal dans les années 80. Ceci a permis d’aller à la conférence nationale de février 1990 qui a abouti au renouveau démocratique. C’est dire qu’à travers les mouvements de grèves perlées, les syndicalistes béninois ont réussi à faire reculer le Président Yayi Boni et son gouvernement.

Toutefois, le bout du tunnel est encore loin, car les menaces sur la démocratie au Bénin sont toujours d’actualité. Les travailleurs ne doivent pas baisser la garde face aux manœuvres tendant à la révision opportuniste de la Constitution du 11 décembre 1990, la mauvaise gouvernance, la corruption et le clientélisme. Comme le dit l’autre : « Tant qu’il reste à faire, rien n’est fait ».

Jules Yaovi Maoussi

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