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Le Matinal N° 4347 du 9/5/2014

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Retour de la grève dans les Cours et Tribunaux : Yayi dans l’étau de la justice
Publié le mardi 13 mai 2014   |  Le Matinal


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© APA par Saliou Amah
Visite d`amitié et de travail du président Yayi Boni à Abidjan
Mardi 11 Mars 2014. Abidjan. Dans le cadre de la visite d`amitié et de travail, qu`il effectue en Côte d`Ivoire, le président béninois Yayi Boni a été reçu en audience par son homologue ivoirien Alassane Ouattara. Ph : Yayi Boni


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La grève menace à nouveau le secteur de la justice. Cette menace sera mise en exécution à compter du mardi 20 mai. C’est du moins la décision conjointe que viennent de prendre l’Unamab et le Syntrajab, deux regroupements syndicaux très actifs dans le secteur. Encore une fois, le pays subira les conséquences de cette paralysie. Yayi Boni aussi.

Ils accusent unanimement le chef de l’Etat, Yayi Boni de faire semblant dans la satisfaction des revendications, voire d’afficher une insensibilité notoire face aux problèmes brûlants. Le Syntrajab dénonce une absence totale de dialogue malgré les deux mois de moratoire sur les trois accordés à l’Exécutif. Quant à l’Unamab, elle relève de timides résultats, notamment sur la question de la restitution des défalcations illégalement opérées sur les salaires de janvier et de février 2014. Mais ces résultats sont loin de combler les attentes des Magistrats. Deux des trois revendications initiales exprimées par l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab) à savoir : la question de la correction des irrégularités contenues dans les nominations du 28 mai 2013 et celle relative à la mise en place d’un dispositif pour assurer la sécurité des juridictions et celle des magistrats n’ont pu être résolues par Yayi Boni et ses ministres. Cette liste des revendications s’est enrichie de six nouveaux points.(Cf la motion de grève conjointe).
Yayi et son penchant pour les bras de fer

Ça va se compliquer davantage pour ce gouvernement et son chef qui ont tendance à s’amuser avec le feu. Désormais, on peut se permettre de croire que le régime en place préfère le bras de fer à une solution apaisée. Il l’a démontré à maintes reprises dans sa manière de gérer les crises sociopolitiques et même les affaires internes. Ce n’est pas des exemples qui manquent. La longue grève qui a secoué l’Administration, le secteur de la santé, la Justice et l’Ecole béninoise est le fait du chef de l’Etat. Après avoir fait la sourde oreille aux nombreux appels l’invitant à rencontrer les représentants des travailleurs, laissant ainsi la situation pourrie et se dégrader, le 12 mars 2014, il initie une rencontre au Palais de la République pour échanger avec les secrétaires généraux des Centrales syndicales>

Cette rencontre n’a pas permis de solutionner les problèmes du monde des travailleurs. Face à ses nombreux échecs, le gouvernement s’emploie désormais à diviser les syndicats dont l’unité retrouvée au lendemain de la marche réprimée du 27 décembre 2013 a fini par voler en éclats. Mais quelles que soient les manœuvres déployées, les mêmes revendications sont toujours à l’ordre du jour. Un autre exemple. Dans le sillage de la crise sociale, alors que les négociations entre gouvernement et Centrales syndicales placées sous l’égide du président du Conseil économique et social (Ces) Nicolas Adagbè sont en cours, le Pouvoir Yayi invite le Front d’action des syndicats des trois ordres de l’enseignement à une autre table de discussion. Cette attitude n’est pas vue d’un bon œil par les Centrales syndicales. Pour l’exprimer, elles ont durci leur position tout en se gardant de jeter la pierre aux responsables du Front. Encore un exemple. Dans les affaires douteuses de tentatives d’empoisonnement et de coup d’Etat, le chef de l’Etat est resté de marbre face aux incessantes invites provenant des autorités religieuses et morales, des politiques soutenant ses actions et des citoyens à renoncer aux poursuites contre les accusés. Yayi Boni a refusé d’entendre toutes ces voix qui lui ont demandé d’accorder le pardon. Malgré les décisions de non-lieux prononcées par le juge d’instruction pour blanchir les mis en cause, le président de la République ne compte pas arrêter d’acculer les ennemis qu’il s’est fabriqués lui-même. La décision de cassation des non-lieux prise par la Chambre judiciaire de la Cour suprême en est la parfaite illustration. Yayi Boni a développé ses penchants pour des conflits, des litiges. C’est de cela qu’il s’agit avec les acteurs de la justice. Il préfère entretenir le bras de fer avec l’Unamab et le Syntrajab. Comme il l’a fait avec les autres regroupements syndicaux en pratiquant la politique de l’usure. Face à l’enlisement, les leaders syndicaux ont appelé leurs militants à reprendre le chemin de l’école et de l’Administration.
La fin de la trêve
Par contre, la situation semble inverse au niveau de la justice. Il n’y a pas de modérés ou d’opposants à la grève. Tous les acteurs de la justice sont d’accord qu’il est opportun de reprendre les hostilités. Au regard du contenu de la motion rendue publique par l’Unamab et le Syntrajab, le moment est encore venu d’observer un arrêt de travail de 72 heures à compter du mardi 20 mai 2014. Les deux regroupements exhortent les magistrats, auxiliaires et assimilés de justice, de même que les auditeurs, à la détermination en cette période où l’Exécutif tente d’opérer le même coup que ce qu’il a fait avec les Centrales syndicales : c’est-à-dire, parvenir à diviser pour fragiliser le mouvement syndical. L’Exécutif, belliqueux plus que quiconque a visiblement choisi d’affronter la colère du Syntrajab et l’exaspération de l’Unamab. Fidèle à ses habitudes de va-t-en guerre, manipulant ruse et mensonge, entretenant désinformation et psychose, le pouvoir en place n’a plus la confiance de ses partenaires sociaux. La duperie ayant pris le pas sur un dialogue franc et sincère, il ne lui reste qu’à subir les conséquences d’une justice régulièrement paralysée. Si tout le pays doit subir de plein fouet les conséquences de cette paralysie, ce n’est pas le chef de l’Etat qui s’en sortira sans séquelle. De nombreuses affaires pendantes devant les tribunaux dans lesquelles il est partie civile prendront encore plus de temps avant d’être vidées. De toutes les façons, même si l’on suit de près les affaires dites tentatives d’empoisonnement et de coup d’Etat renvoyées devant la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Cotonou, de même que le dossier Etat béninois contre la Sodéco, la Scp et Patrice Talon, qui connaîtra probablement sa première audience demain mercredi, personne n’est en mesure de dire le jour du verdict. Plus la grève durera, plus le suspens durera. Or, nos sources sont formelles, Yayi Boni parie sur un dénouement rapide. Mais il devra attendre.

Fidèle Nanga

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