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Le Matinal N° 4100 du 13/5/2013

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Gestion des affaires publiques au Bénin:Les leçons de bonne gouvernance de l’Union européenne à Yayi
Publié le lundi 13 mai 2013   |  Le Matinal




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La Chef de la délégation de l’Union européenne (Ue) au Bénin a une fois encore rappelé au président Yayi Boni les règles de bonne gouvernance auxquelles il s’est soumis à sa prise de pouvoir en 2006. En des termes voilés, l’ambassadrice Françoise Collet a exprimé sa pensée à l’occasion de la fête de l’Europe le 08 mai 2013 à Cotonou.

La gouvernance Yayi ne comble pas encore les attentes. C’est le moins qu’on puisse dire après les leçons données par la Chef de la délégation de l’Ue au président de la République et à son gouvernement. Après ses critiques de l’année dernière suite à des audiences répétées au Palais de la Marina, la Délégation de l’Ue au Bénin est revenue à la charge le 08 mai 2013. Elle ne semble toujours pas satisfaite des méthodes de gestion de l’Exécutif béninois. Les choses tanguent toujours et les partenaires au développement de l’Union, tels que l’Allemagne, la France, les Pays Bas n’entendent pas se taire et laisser faire. En effet, craignant d’être complice d’une telle situation, la mission diplomatique de l’Ue au Bénin a décidé une fois encore de tirer la sonnette d’alarme. En des termes détournés, Françoise Collet a dénoncé dans son discours à la soirée de la fête de l’Europe et en présence de certains membres du gouvernement, une gouvernance économique et politique problématique au Bénin. Dans des phrases expressives, Françoise Collet a tenté de rappeler aux dirigeants béninois le sens de la bonne gouvernance : « (…) nous ne participons pas au concours du plus beau donneur mais il me parait important de rappeler que 40 milliards de francs Cfa ont été effectivement déboursés à partir du seul budget européen pour le Bénin en 2012. En 2013, ce montant pourrait atteindre 53 milliards de francs Cfa si toutes les conditions que nous agréons mutuellement sont remplies. Ces conditions, vous le savez incluent la bonne gouvernance et à ce stade de mon discours, j’ai pensé qu’il était temps de procéder à un petit détour vers nos grands anciens et la sagesse universelle. Je ne sais si cela sera rassurant mais j’ai retrouvé chez le philosophe Ahmed Baba de Tombouctou décédé en 1627 des pensées qui m’ont parues toujours d’actualité telles que « les bons princes à l’âme noble et à l’esprit éclairé peuvent protéger et promouvoir les arts et les sciences », Ahmed Baba érige ainsi la tolérance politique et le sens du progrès scientifique et social, de la part des gouvernants, en critères de la gouvernance éclairée ». A y voir de près, l’ambassadrice européenne sans être explicite, serait en train d’inviter le gouvernement et son Chef à avoir un esprit éclairé pour mieux aborder les questions touchant au développement du pays. Actuellement, cela fait certainement défaut dans des secteurs donnés. En tant que partenaire technique et financier (Ptf) pour ne pas dire bailleur de fond, elle détient sans doute des exemples. En tout cas, l’année dernière les points soulevés par l’Union européenne concernaient surtout le volet économique notamment la situation au Port autonome de Cotonou avec le dossier Pvi (Programme de vérification des importations) Nouvelle génération suspendu par le gouvernement.

Mieux…

Françoise Collet a poussé un peu loin ses constats : « (…) Jean de la Fontaine me parait aussi une source inépuisable d’inspiration pour nous tous. Dans sa fable « Le lion et le rat » où le lion, en raison de sa magnanimité antérieure, sortira vivant du filet grâce aux petites dents du rat, la morale est la suivante « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». Mais Jean de la Fontaine nous informe aussi que les rats ne sont pas toujours avisés et lorsqu’ils siègent en conseil et décident d’attacher un grelot au cou du chat Rodilarus, ce qu’ils ne parviendront pas bien sûr à concrétiser, la conclusion est la suivante « Ne faut-il que délibérer, la Cour en Conseillers foisonne, Est-il besoin d’exécuter ? L’on ne rencontre plus personne. » La diplomate n’est-elle pas en train de rappeler subtilement aux dirigeants certaines conduites importantes pour la gouvernance politique. En tout cas, tout porte à le croire. Se référant à la citation, elle semblerait dire qu’il faudrait bien que le gouvernement procède moins par la force dans sa gestion, ait l’esprit de discernement et prenne conscience de l’importance de l’avis de la minorité dans la conduite des affaires publiques. Autrement, le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa forme en droit et l’obéissance en devoir. Ainsi, on a toujours besoin d’un plus petit que soi. Et, on a à exclure personne pour la construction du pays. C’est dire donc que le Chef de l’Etat ne doit pas prendre une décision radicale et précipitée suite aux conseils que lui fait parvenir la pléthore de collaborateurs autour de lui. La gouvernance ne se porte pas encore bien au Bénin. Et mieux que les Béninois, les partenaires au développement l’ont relevé. 53 milliard FCfa attendent le Bénin et il va falloir corriger certaines tares pour le mériter. C’est un defi.

Abdourhamane Touré

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