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Le Matinal N° 4391 du 15/7/2014

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Instabilités au sein de la majorité parlementaire : des signes d’inquiétude pour Yayi Boni
Publié le mercredi 16 juillet 2014   |  Le Matinal


Ouverture
© AFP par SEYLLOU
Ouverture de la 17ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d`Etat et de Gouvernement de l`UEMOA
Jeudi 24 octobre 2013. Dakar. Plusieurs chefs d`Etats sont arrivés à Dakar où ils prendront part à la 17ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d`Etat et de Gouvernement de l`UEMOA et au sommet extraordinaire de la CEDEAO.Photo : Boni Yayi, président du BENIN


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Le chef de l’Etat est en proie à d’énormes difficultés pour contrôler sa majorité, comme c’est le cas dans le dossier qui l’oppose aux magistrats. Au fil des jours, il se rend compte que les soutiens à la proposition de loi portant suppression du droit de grève aux magistrats deviennent des contre-poids pour son initiative. Un scénario inattendu qui ne manque pas de susciter des inquiétudes chez le président de la république.

La dernière obsession en date de Yayi Boni, c’est de priver les magistrats du droit de grève, parce qu’il estime que c’est le seul moyen le plus court et facile pour lui d’avoir la paix avec eux. Seulement, il semble s’éloigner de plus en plus de son rêve. Les évènements qui se produisent dans le sillage de cette entreprise qui consiste à recueillir des signatures pour garantir les chances de succès à la proposition de loi introduite à l’Assemblée nationale révèlent de sérieux problèmes au sein de la majorité parlementaire. D’abord, ils montrent que les députés de la majorité au Pouvoir sont divisés. Dans un Parlement de 83 députés, plus d’une soixantaine soutient habituellement les projets et les actions du chef de l’Etat. En dehors des Fcbe, Yayi Boni pouvait compter sur les élus des partis alliés tels que, la Renaissance du Bénin, l’Upr, le Rpr, l’Udbn. Or, pour rechercher des soutiens à son projet, le camp présidentiel n’a obtenu que 45 signatures.


Cela suffit pour qu’au moment du vote, la proposition de loi passe à l’Assemblée nationale comme une lettre à la poste. Mais la question qu’on se pose est de savoir pourquoi il y a eu moins de signatures que Yayi Boni en avait la possibilité. Pour qui connaît ce régime, il sait qu’il ne lésine pas sur les moyens pour avancer. S’il ne l’a pas fait, c’est parce que dès le départ, son idée n’a pas été acceptée par la majorité dont il disposait. Certains voyaient la proposition de loi comme un vernis pour couvrir l’incapacité du gouvernement à apporter des solutions concrètes aux problèmes des magistrats. D’autres se préoccupaient de ce que la justice deviendra sous cette gouvernance s’il n’y avait pas des organisations syndicales et surtout la très redoutée, Unamab. Tous, du moins ceux qui ont refusé dès le début de cautionner une telle forfaiture, ont imaginé ce que sera la justice sans le droit de revendiquer et sans moyens de pression. Venons en à ceux qui n’ont pas compris tout cela et avaient approuvé l’idée en suivant un certain Rachidi Gbadamassi, considéré comme le porte étendard de la proposition de loi. A vrai dire, soit la plupart avaient manqué de courage, soit leur soutien a été monnayé contre de l’argent. Le débat aujourd’hui n’est plus tout à faire à ce niveau.
Le navire de Yayi se vide
Le débat aujourd’hui, c’est que Yayi Boni est en train de perdre ses soutiens. Le député Justin Agbodjèté, s’ajoute à la longue liste de ceux qui se sont retirés pour se retourner contre Yayi Boni. La première secrétaire parlementaire, Claudine Prudencio a clairement apporté son soutien aux magistrats, alors que précédemment, elle était du côté du chef de l’Etat. Elle a déconseillé au président de la République de chercher à régler les problèmes des magistrats par un autre problème, sans doute plus difficile à gérer. Ces faits qui se produisent au sein de la majorité parlementaire, apparaissent comme des signes de plus en plus évidents d’une famille présidentielle marquée par la dichotomie. On se rend compte, que face à certains projets à l’Assemblée nationale, on assiste à une cohésion de façade entre les députés soutenant les actions du chef de l’Etat. Les désistements enregistrés pour protester contre la proposition de loi qui supprime le mouvement syndical en milieu justice ne sont qu’une partie émergée d’un iceberg d’instabilités de plus en plus énorme et qui commence à inquiéter le président de la République. En proie au désespoir en raison des nombreuses prises de position contre la loi « Gbadamassi », on ne risque rien en donnant pour morts tous ses projets qui visent à assassiner les libertés démocratiques. Dans de nombreux dossiers qui alimentent l’actualité comme celui-ci, ce n’est pas pour la première fois que Yayi Boni perd de soutiens. Rien de tout cela ne le rassure à se lancer dans des aventures, qu’on sait d’avance vouées à l’échec.


Fidèle Nanga

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