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Bénin: de la fonction présidentielle infantilisée
Publié le lundi 8 septembre 2014   |  24 heures au Bénin




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Dans quel état le Bénin sera au soir du 6 avril 2016 ? La question mérite d’être posée au vu de tout le mal fait au pays en quelques années : débilité politique, déchéance morale et ruine économique. Que le niveau du débat est bas ! Que la République est à terre ! Que la fonction présidentielle a été vidée de tout son contenu, de toute son aura ! « La mer y passerait sans laver la souillure. Car l’abîme est immense, et la tache est au fond ». Le président de la République est avant tout une institution qu’il faut protéger, et le titre devrait être porté avec humilité et décence.

Il est évident qu’on ne peut pas apprendre à gouverner après avoir accédé au pouvoir. La politique tout comme l’escrime est un art. On ne peut être fort en escrime qu’en la pratiquant dès l’enfance, de même on ne peut pas être un grand dirigeant après des années de gestion de petites responsabilités. « On ne peut savoir gouverner les autres que si l’on a été élevé avec cette idée constante qu’un jour on sera appelé à prendre le pouvoir ».

Quand en 2006, on nous a présenté un candidat « made in Togo » emballé dans du papier glacé, nous avions surestimé le prix, sans même faire une enquête de moralité dans le voisinage. Personne n’a jugé bon de vérifier la qualité du contenu avant de signer le chèque.

Notre pays souffre de l’inculture politique de son président. Trop d’instinct, peu d’intelligence, la ligne de gestion du pays est d’une médiocrité inouïe. Aucune réflexion en amont des actes posés par le gouvernement. Plusieurs projets initiés de façon grégaire en souffrent cruellement après tant d’énergie, d’argent et parfois de pertes en vies humaines. La répression barbare des vendeurs d’essence frelatée, le conseil des ministres tournant, PVI, LEPI, assurance maladie, des réformes mal pensées, mal structurées, mal engagées, mal organisées et enfin mal abandonnées. En se focalisant sur des retombées politiques immédiates ou lorsque l’initiative s’inscrit dans une visée politique ou électoraliste, les résultats obtenus sont à la hauteur de l’amateurisme qui a précédé sa mise en œuvre.

Les querelles de voisinage ont pris le dessus sur l’intérêt général ; les règlements de compte politique ont pris le dessus sur les lois de la république. Le président de la République ne peut pas ramener sa fonction à une responsabilité de délégué de quartier qui passe de maison en maison pour régler les litiges. Comment comprendre, que chaque fois qu’un opposant rencontre sa base pour une raison ou une autre, le lendemain, le président de la République prend son hélicoptère pour aller répondre ou asséner des coups politiques. Il a suffi que le président de l’assemblée nationale le Professeur Mathurin Nago, égratigne le pouvoir à Bopa pour que l’essaim éclate. En moins d’une semaine, le pouvoir organise une réplique à la hauteur de « l’offense ». Déjà les ministres de la République sont presque tous devenus des griots, dansant et chantant de village en village, avec à la clé une litanie de remerciements.

C’est indécent que le président se mêle à un tel spectacle honteux. Le président devrait se mettre au-dessus de tout ce folklore et garder en esprit la grandeur de sa fonction au lieu de voltiger de Lokossa à Misséreté dans une sorte de campagne électorale sans fin. Il devrait se préoccuper à léguer à la postérité le vœu cher à tout digne combattant : « j’ai vécu pour ma gloire autant qu’il fallait vivre, et laisse un grand exemple à qui pourra me suivre ».

Jules Djossou

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