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La Nation N° 6065 du 8/9/2014

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Claude Quenum, président national du COSYCOTRAB : «Un jour, nous observerons rançonnement zéro sur nos routes»
Publié le mardi 9 septembre 2014   |  La Nation


Le
© Autre presse par DR
Le ministre des Travaux Publics et des Transports, Ake Natondé.


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Suite à leur rencontre avec le chef de l’Etat le samedi 6 septembre dernier qui a abouti à la suppression des postes de contrôle sur les axes routiers, Claude Quenum, président national du Collectif des syndicats de conducteurs, transporteurs et travailleurs assimilés du Bénin (COSYCOTRAB), exprime sa satisfaction et promet d’aider les Forces de l’ordre à réussir leur mission.


Propos recueillis par Romuald BINAZON et Lazare AKPAHOU (Stag)


La Nation : Claude Quenum, vous êtes le président national du Collectif des syndicats de conducteurs, transporteurs et travailleurs assimilés du Bénin (COSYCOTRAB). Que pensez-vous de la décision de suspension des contrôles routiers sur les axes routiers?
Claude Quenum : Je crois que c’est une décision salutaire de la part du président de la République. C’est le fruit d’une très longue lutte. Nous avons lutté pour avoir ce décret et nous allons continuer à lutter pour que cette décision soit réellement appliquée sur toute l’étendue du territoire national. Il faut avouer que cela ne va pas réellement sur nos axes routiers. Dans toute la sous-région, le Bénin est le pays le plus corrompu et cela ne nous honore point. Le Bénin est gouverné par un chef d’Etat. Ce dernier a pris un décret, celui du 24 décembre 2013, conformément aux décisions de l’UEMOA, prises lors de la Conférence des présidents à Accra en 2005. Ledit décret a connu le 28 mai dernier, un arrêté d’application interministériel signé par dix ministres du gouvernement en place et que les Forces de l’ordre se refusent délibérément d’appliquer. Nous ne pouvons jamais accepter cela. C’est pourquoi, nous avons décidé de montrer cela à la face du monde, pour dire que le pays est gouverné et que nul n’est au-dessus de la loi. Les forces de l’ordre doivent nécessairement respecter aussi les textes républicains. C’est dans cette logique que nous nous sommes dit que si elles ne peuvent pas respecter les textes républicains, nous pouvons appeler à la désobéissance publique, et demander aux conducteurs de ne plus respecter les Forces de l’ordre, de ne plus s’arrêter aux différents postes de contrôles de notre pays. Mais tout cela conduit le pays où? C’est à cause de ça que nous nous sommes réunis pour décider de rencontrer le chef de l’Etat pour qu’il nous sauve du dilemme. Sur cette base, nous avons été reçus par le président de la République, en lui montrant, preuves à l’appui, tout ce dont nous sommes victimes. Nous avons prouvé aussi tout ce qui se passe sur nos routes. Et vu l’importance du sujet et le danger que cela comporte, il a pris immédiatement ses responsabilités à travers la décision de suspension de tous les contrôles routiers, depuis le samedi 6 septembre dernier, sur toute l’étendue du territoire national, pour quatre mois. Au cours de cette période, un policier ou un gendarme ne peut plus dire à un conducteur d’exhiber ses pièces, son permis et son assurance. Tout cela est fini pour quatre mois. En vérité, chacun de nous doit se retrouver pour réorganiser le secteur. Pendant cette période, tous les acteurs vont se réunir régulièrement dans un comité ad'hoc pour prendre des décisions pouvant améliorer la situation. Le chef de l’Etat nous a donné une semaine pour qu’on lui dépose le rapport de toutes les difficultés liées à l’application de cette décision. Après cette étape, il doit convoquer une réunion les 12 et 13 septembre prochains pour faire le point de la situation. Nous profitons de cette occasion pour remercier le ministre de l’Intérieur de la Sécurité publique et des Cultes qui a pris toutes les dispositions pour la réussite de cette opération. Nous lançons également un appel au directeur général de la Police nationale, pour remettre sa troupe à l’ordre, parce que c’est à ce niveau précis qu’il y a de problème sérieux. Il faut que chacun rentre en lui-même pour qu’ensemble nous trouvions des solutions au problème. Nous sommes aussi décidés à aider nos Forces de l’ordre pour que le pays soit sécurisé. Nous avons déjà fait beaucoup de propositions à ce sujet depuis 2012.
Quelle est la trame de cette proposition?
Par exemple, nous avons divisé le pays en deux zones : zone A (du nord) qui comprend le Borgou, l’Alibori, l’Atacora, la Donga et les Collines. La zone B (du sud) qui regroupe le Mono, le Couffo, l’Atlantique, le Littoral, l’Ouémé-Plateau et le Zou. Ainsi, un camion qui fait un chargement d’une zone pour une autre, à la brigade proche ou commissariat proche, paie 20 000 F CFA. Après le paiement, on lui donne un macaron, un laissez-passer. C’est cela qui va lui permettre de quitter par exemple Malanville jusqu’à Hilacondji. Un déplacement à l’intérieur d’une même zone donne droit à une somme de 10 000 FCFA par mois. Pour les petits transporteurs inter- urbains, ils payent la somme de 15 000 FCFA qui leur permet de circuler librement pendant trois mois. Mais avant d’obtenir le macaron qui équivaut à un laissez-passer, le conducteur doit avoir toutes ses pièces à jour, avec une validité de trois mois pour chaque pièce. Nous avons décidé de réorganiser notre secteur pour faire entrer autrement de l’argent dans les caisses de l’Etat. C’est une façon de lutter contre la corruption observée souvent au niveau des postes de contrôle sur nos axes routiers. Nous sommes conscients qu’il y aura des brebis galeuses, mais nous allons veiller au grain jusqu’à les traquer pour que l’image du Bénin change dans le domaine du transport. Cette multiplication des postes de contrôles fait que les marchandises coûtent excessivement cher au marché. Si un sac de maïs, transporté de Malanville à Cotonou doit coûter 8000 F CFA et un panier de tomates expédié de Klouékanmè à Cotonou coûte 2000 F CFA, il est de bon ton que les marchandises doivent coûter cher dans nos marchés. Nous allons mettre fin à toutes ces énormités. Sincèrement, nous sommes prêts à aller jusqu’au bout, en utilisant les voies légales. Pour que cette décision soit effective, il faut que les hauts responsables instruisent leurs bases et que des contrôles réguliers soient faits. Le directeur général de la Gendarmerie a donné les instructions, le samedi 6 septembre dernier pour qu’il n’y ait plus de routiers, ni de gendarmes sur les routes. Seule la Police continue pour le moment à agir à sa guise. Mais nous savons que cela va cesser. C’est une longue lutte et nous n’allons pas nous décourager. Un jour, nous observerons «rançonnement zéro» sur nos routes.
Est-ce qu’avec cette opération, il y aura une baisse des prix des tarifs de transport dans les villes ?
Assurément oui! Vous n’allez même plus observer des surcharges sur nos routes parce que ce sont ces rançonnements qui constituent des justifications pour ces surcharges. Nous allons veiller au respect de cette décision. Par exemple, sur l’axe Cotonou-Hillacondji, on a 28 postes. Sur l’axe Cotonou-Igolo on enregistre 14 postes de contrôle. Tandis que Cotonou- Illara, compte 19 postes de contrôle. Tout cela ternit vraiment l’image de notre pays, mais nous comptons mener une lutte sans merci contre ces dérapages. Pour le moment, nous sommes à la phase de la sensibilisation pour que chaque conducteur apprête au plus vite ses pièces, pour avoir son macaron et commencer à circuler librement. Seuls les contrôles de sécurité vont continuer sur toute l’étendue du territoire national. Le contrôle de sécurité est simple : le conducteur peut s’arrêter pour ouvrir sa malle arrière et ses portes pour une fouille par l’agent de sécurité; pour éviter le transport des marchandises illicites. Mais on ne demandera plus les pièces du véhicule parce que le conducteur a déjà son macaron. Du moins, si on supprime les postes de sécurité, les braquages vont augmenter et cela peut engendrer d’autres problèmes graves d’insécurité. La nouveauté ici, c’est que chaque agent de sécurité doit porter son badge qui porte son identité et son numéro matricule. Il faut ajouter qu’aucun contrôle de sécurité ne peut excéder cinq minutes.

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