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La Presse du Jour N° 1899 du 3/6/2013

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Supposée malversation à la Cnss : Les Béninois attendent de Boni Yayi une action forte
Publié le lundi 3 juin 2013   |  La Presse du Jour


Conférence
© AFP par GEORGES GOBET
Conférence des Donateurs pour le développement du Mali: l`arrivée du président Yayi Boni à Bruxelles


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Le Chef de l’Etat, Dr Boni Yayi n’a pas le choix. Dans le dossier de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) qui défraie la chronique depuis quelques jours, il sera bien obligé de lâcher son ancien collaborateur Auguste Ali Yérima. Tellement la pression est forte.
La sortie médiatique effectuée le mercredi 29 mai dernier par les membres du conseil d’administration sortant de la Cnss, avec à leur tête M. Sébastien Ajavon, le patron des patrons, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Après cette conférence de presse où des révélations monstrueuses ont été faites documents à l’appui, M. Martin Assogba, président de l’Ong Alcrer, a exhorté le Président de la République à s’autosaisir du dossier afin que la vérité puisse éclater au grand jour. C’était à travers un communiqué de presse qu’il a rendu public le 30 mai 2013.
Pour M. Martin Assogba, « le Gouvernement, et par ricochet le Chef de l’Etat, dans son engagement à assurer la transparence et la bonne gouvernance au sein de ces structures étatiques ou semi-étatiques, doit éviter le clientélisme consistant à déclencher des mesures de contrôle et d’assainissement dans telle Société et à s’en abstenir dans telle autre, même sous le coup de dénonciations de graves irrégularités ».
Pour soutenir cette position, M. Martin Assogba a évoqué le cas de la SONACOP où, sur des dénonciations syndicales, l’Inspection générale d’Etat (Ige) a été dépêchée pour mener un contrôle dont les résultats ont été rendus publics sur les chaînes de télévision et ont abouti, entre autres, au limogeage de M. Expédit Houessou, alors DG/Sonacop, avec à la clé son emprisonnement à la maison d’arrêt de Cotonou.
« Sur le dossier Cnss, nous attendons du Chef de l’Etat des actions fortes. Les conditions sont réunies afin qu’il prenne les mesures qui s’imposent pour vérifier la véracité de ce que les membres du conseil d’administration de la Cnss ont déclaré sur la manière dont cette structure étatique est gérée. Et si tout ce qui a été dit est avéré, il ne restera alors au Chef de l’Etat que de procéder de la même manière qu’il l’a fait pour le Directeur général de la Sonacop », pense Salami, membre d’une ONG impliquée dans la lutte contre la corruption au Bénin.
« Sur le front de la lutte contre la corruption, il ne doit pas y avoir du régionalisme. Le Chef de l’Etat n’a pas le choix. C’est le moment ou jamais pour lui de montrer son impartialité en envoyant l’Ige à la Cnss », estime pour sa part Salako.
Comme on peut donc le constater, la pression monte. Et la question qu’on est bien en droit de se poser maintenant est de savoir ce que fera le Président Boni Yayi.
Les troublantes révélations
Au cours de la conférence de presse qu’ils ont animée le 29 mai 2013, le Président Sébastien Ajavon et ses anciens collègues du conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale ont porté à l’encontre du DG Auguste Ali Yérima plusieurs charges. D’abord, il y a cette affaire de Dépôts à terme (Dat) effectués par la caisse dans certaines banques de la place. A ce sujet, un des conférenciers a révélé qu’en janvier 2012 et sans l’avis du conseil d’administration, l’actuel Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale aurait fait un placement de six milliards. Plutôt que d’être profitable, cette opération aurait causé à la Caisse une perte de plus de 500 millions en un trimestre.
L’autre grief sur lequel les conférenciers ont mis l’accent est lié aux émoluments du Directeur général de la Cnss. Selon eux, M. Auguste Ali Yérima se serait fixé un salaire qui ferait deux à trois celui des ministres. Cette révélation faite par le 3ème vice-président du Conseil national du patronat du Bénin sera appuyée par les déclarations de M. Dieudonné Lokossou qui a brandi une note de service signé par le Directeur général de la Cnss pour se fixer ses frais de mission à l’étranger comme à l’intérieur du Bénin. Toutes ces dérives, révèle le Président Sébastien Ajavon, aurait coûté plus de deux milliards de F Cfa à la Cnss. Quoi de plus normal pour susciter la vague d’indignations à laquelle on assiste en ce moment.
Pour le moins qu’on puisse en tout cas dire, le Chef de l’Etat ne doit pas rester insensible à ces révélations car si la situation devient catastrophique à la Cnss ; ce sont plusieurs Béninois qui y ont cotisé pour leurs vieux jours et qui risquent de se retrouver dans la rue à mendier pour ne pas mourir de faim.
Affissou Anonrin

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