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Le Matinal N° 4440 du 25/9/2014

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Sous le Changement et la Refondation : Les gaspillages de Yayi coûtent plus cher que les élections
Publié le vendredi 26 septembre 2014   |  Le Matinal


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© APA par Saliou Amah
Visite d`amitié et de travail du président Yayi Boni à Abidjan
Mardi 11 Mars 2014. Abidjan. Dans le cadre de la visite d`amitié et de travail, qu`il effectue en Côte d`Ivoire, le président béninois Yayi Boni a été reçu en audience par son homologue ivoirien Alassane Ouattara. Ph : Yayi Boni


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Chaque jour, les Béninois découvrent une nouvelle frasque du chef de l’Etat ou de l’un de ses ministres. La dernière en date s’intitule : "les élections coûtent très cher au Bénin. De 2006 à 2011, leur coût a atteint 100 milliards de FCfa". L’auteur, c’est le président de la République. Pourtant, cette somme ne représente rien en comparaison avec les fortunes consacrées aux marches de soutien, meetings de remerciement, les voyages et prières inutiles surtout dans l’affaire d’empoisonnement.
Quand il s’amuse à traiter de très cher la démocratie béninoise, Yayi Boni se trouve aux prises avec lui-même et fait émerger un paradoxe.


Il dit ne pas vouloir des élections coûteuses, 100 milliards de FCfa de 2006 à 2011, mais son gouvernement a déjà injecté plus que ça dans des conneries, des clowneries que sont les meetings de remerciement, les marches de soutien, les prières, les missions dites d’explication, les voyages, les salutations, les opérations de séduction, les appâts et même les « je vous aime mes mamans ».Un meeting sous Yayi Boni revient à au moins 25 millions de FCfa. Nous avons pris pour instrument de mesure, le meeting organisé au Collège d’enseignement général de Bopa, le jeudi 4 septembre 2014 par des maires du Mono et dirigé contre le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Koffi Nago. Pour une ville comme Bopa pas trop peuplée, où les prestataires de services liés aux manifestations sont raisonnables dans les prix pratiqués, avec des populations qui reçoivent souvent des miettes après l’évènement, la facture du meeting s’élève à environ 25 millions de FCfa. Depuis que Yayi Boni est arrivé au pouvoir, on ne peut pas compter le nombre de meetings de remerciement, prières, marches de soutien, affiches géantes de propagande à l’effigie du chef de l’Etat, voyages et autres. Mais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en passant par le Centre, le bilan en huit ans de gouvernance à la voyoucratie mêlant culte de personnalité et gaspillage des ressources de l’Etat est gigantesque et insupportable par les caisses de l’Etat. Sous le Changement et la Refondation, plus de 100 milliards ont été déjà injectés dans ces folklores, ces comédies républicaines. 25 millions de FCfa multipliés par tout cela, on dépassera largement cette somme. Pour être plus précis, Yayi Boni, ses différents ministres, Conseillers et Chargés de mission, Directeurs de sociétés directeurs de cabinets ministériels et leurs adjoints, membres du cabinet présidentiel, les décorations des personnalités étrangères sur la base de leurs promesses à l’endroit du Bénin, ont déjà coûté deux fois voire trois fois plus que l’ardoise des élections. Yayi Boni critique aujourd’hui les dépenses consenties aux consultations électorales, mais il oublie que c’est sous son règne qu’on a investi 45 milliards de FCfa (20 milliards des caisses de l’Etat et 25 milliards accordés par les partenaires) dans une Lépi qui s’est révélée de très mauvaise qualité et loin des standards internationaux. Aujourd’hui, il est question de presque tout reprendre. Si on en est arrivé-là, c’est la faute à Yayi Boni dont les hommes aux ordres et positionnés au Cps-Lépi ont fait du saupoudrage et du bidonnage pour servir ses intérêts.

Yayi Boni se moque de la démocratie

Ces ratés se sont révélés lourds de conséquences et sur plusieurs plans. Yayi Boni s’est préoccupé des conséquences financières, alors qu’il y a plus préoccupant. Le Ko de 2011 rendu possible avec cette Lépi est un mauvais présage pour la démocratie. Beaucoup en sont convaincus. C’est également sous sa présidence que les élections locales et communales émaillées de méfaits parce que le régime voulait tout contrôler, ont été reprises par endroits. Cela a un coût. Quand le président de la République parle de cherté des élections, en voulant imposer de cette façon une diminution drastique des budgets du Cos-Lépi et de la Céna, il se retrouve dans une position inconfortable.
Lorsqu’il déclarait à Boko, Commune de N’dali, que les élections coûtent cher au Bénin dans un pays qui connaît des difficultés de trésorerie, Yayi Boni s’est fait avoir. Il n’était pas loin de dire que la démocratie n’est pas l’affaire du Bénin parce qu’il n’a pas l’argent pour organiser les élections démocratiques. En tenant de tels propos, il a donné écho à sa vision des choses. C’est-à-dire, si ça ne tenait qu’à lui seul, on peut prétexter de manque de moyens financiers pour renoncer à la pratique démocratique, laquelle exige l’établissement d’un Etat de droit, la tenue régulière des élections libres et transparentes, le respect des libertés individuelles et fondamentales, le pluralisme politique. Coïncidence malheureuse, ces piliers de la démocratie sont en souffrance sous l’actuel régime, qui n’a pas cru devoir organiser les élections locales. Il comprime la jouissance des libertés, bafoue les lois de la République et viole allègrement la Constitution. Comment dans ces conditions ne pas pester contre ce qui est primordial pour le peuple.

Le président mélange serviette et torchon

Le discours de Yayi Boni montre ce qu’il est capable de faire de ce pays. Faudra-t-il lui permettre d’avoir un tel regard moqueur et sévère sur la démocratie acquise de hautes luttes par les Forces Vives de la Nation ? Quand beaucoup ont écouté le chef de l’Etat au sujet des élections, ils ont reçu un choc. Ils ont raison et ils se rendent compte que l’homme qui a pris le pouvoir le 06 avril 2006 (à l’issue des élections démocratiques que les observateurs nationaux et étrangers ont déclarées honnêtes) n’aime pas la démocratie. Il préfère l’autocratie et son penchant au culte de la personnalité monte en puissance. Il n’a fait que cela depuis son arrivée au pouvoir en 2006.
Aujourd’hui, si c’est Yayi Boni lui-même, demain ce sera ses ministres. A commencer par Barthélémy Kassa, le champion en titre, le vice-champion François Abiola, celui qui répète sans comprendre ce qu’il a entendu. Les autres s’y mettent également, mais ce sont les trois premiers qui excellent dans leur domaine de prédilection : agir pour couvrir le pays de honte. En parlant, ils pensent que ceux qui les écoutent n’entendent pas et ne voient pas. Ils les poussent à la réaction, parce qu’ils provoquent. Aviez-vous remarqué que le Conseil extraordinaire des ministres du mardi 23 septembre 2014 a été improvisé par le chef de l’Etat après que ses propos qualifiant de trop coûteuses les élections aient provoqué une vive indignation dans le pays ? Il semble totalement inadmissible et insensé pour Yayi Boni que de 2006 à 2011, les élections, deux présidentielles en autant de députations, ajoutées à cela, les locales et les communales de 2008, cinq au total, coûtent 100 milliards de FCfa. Et de continuer en disant qu’il y a des routes à faire, des écoles à construire, bref sa diarrhée habituelle qui salit et gâte notre journée et écorne l’image de la démocratie. Beaucoup se sont demandé ce que Yayi Boni a voulu insinuer en indiquant que l’argent qui sert à organiser les élections, y compris celles qui lui ont permis de venir au pouvoir, pourrait être utilisé à construire des infrastructures. C’est simple, comme déduction. Dans ce mélange de serviette et torchon, le chef de l’Etat recherche du soutien à sa position. Il se dit qu’en s’adressant de cette façon à la population, il va marquer des points. Il tente de montrer que l’argent des élections peut servir à régler les problèmes d’eau potable, de manque d’écoles et de routes.

Horizon incertain

Autre chose, n’étant plus autorisé à briguer un troisième mandat, il trouve inopportun de mettre les moyens financiers qu’il faut pour organiser des élections de qualité. Le discours qui domine au sein du gouvernement, c’est d’amener le Cos-Lépi et la Céna à sacrifier certains rubriques et de là, les élections ne reviendront plus coûteuses. La Céna demande au bas mot, 8 milliards Fcfa, le Cos-Lépi a encore besoin de 3,5 milliards en plus des 6,5 milliards qui lui ont été déjà affectés. Mais avant d’en arriver à ce budget qui avoisine les 10 milliards, le Cos-Lépi a dû ajuster, selon nos informations sur le coût des cartes d’électeur. C’est-à-dire qu’il a renoncé à des cartes d’électeur de bonne facture pour choisir l’option la moins coûteuse. Cela va se ressentir sur la qualité des cartes qui serviront à voter. Il y a problème. C’est pour quoi on se demande comment réagira le Cos-Lépi face à la logique dans laquelle se trouve l’Exécutif. Au niveau de la Céna, la même interrogation est d’actualité. Dans ce contexte de grande incertitude, de tension, de fuite de responsabilité du gouvernement et du dilatoire du ministre des Finances, personne ne sait ce qui va se passer dans les jours à venir.

Fidèle Nanga

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