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Gestion des communes: Le gouvernement Yayi Boni interpellé
Publié le vendredi 7 juin 2013   |  L`événement Précis


Raphaël
© Autre presse par DR
Raphaël Edou, ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire (MDGLAAT)


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Le torchon brûle entre le Ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire (MDGLAAT) et les maires depuis quelques semaines au sujet de la gestion du Fonds d’appui au développement des communes (Fadec). L’initiative du ministre de procéder à l’audit des Mairies est la pomme de discorde qui a fait couler beaucoup d’encre. Cependant, le comportement des maires et leurs alliés ne doit pas arrêter le gouvernement dans sa volonté d’appliquer les règles de bonne gouvernance dans les communes. Mieux, passer sous silence les résultats des audits et s’abstenir volontairement de sanctionner la mal gouvernance seraient une négation du principe cher pour lequel le gouvernement lui-même se bat depuis plusieurs années, à savoir, la promotion de la bonne gouvernance.
Dans la perspective du renouvellement des élus communaux et municipaux avant la fin de l’année en cours, le gouvernement du Docteur YAYI Boni devrait régler une fois, pour de bon, le différent qui oppose les maires à leur ministre de tutelle. Mais, à y voir de près, personne ne semble vouloir prendre la responsabilité d’une telle démarche, malgré les indices de mal gouvernance révélés par les audits réalisés.
Ni le gouvernement qui a encore trois ans devant lui, ni l’opposition qui cherche la meilleure formule pour rebondir, ne veulent déclencher les hostilités de peur d’être rattrapés par leurs actes sur le terrain au moment des élections. Chacun veut sauvegarder ses intérêts, au détriment de ceux de la nation.
C’est vrai que dans le cadre des prochaines élections municipales, gouvernement et opposition ont accordé leurs violons pour confier désormais la gestion des communes à des personnes très averties et soucieuses de la bonne gouvernance.
C’est vrai aussi que tous reconnaissent qu’il faut un changement pour donner davantage de chances aux communes dans la mise en œuvre de leurs politiques de développement. Mais, prendre à la légère les graves irrégularités constatées dans la gestion des fonds publics par certains élus locaux, est incompréhensible. En effet, depuis la montée au créneau des maires à Bohicon contre leur ministre de tutelle, seuls les médias relaient les griefs des élus locaux contre leur ministre de tutelle et rappellent l’existence de ce différend qui, s’il ne trouve pas une issue heureuse, restera une marque indélébile dans l’histoire de la gouvernance locale au Bénin.
Le crédo du gouvernement est la bonne gouvernance. Celle-ci a été concrétisée par la prise d’actes et la mise en place de structures et d’institutions chargées de veiller sur la bonne gouvernance. Il s’agit du fonctionnement à plein temps de la cour des comptes ; de l’Inspection générale de l’Etat ; de la structure chargée de lutte contre la corruption et tous autres actes qui contribuent au développement du Bénin. Ce sont donc des actes concrets salués aussi bien par les citoyens que par la communauté internationale. A quoi serviraient donc ces actes s’ils ne se traduisent pas dans la réalité ?
Le silence du gouvernement laisse croire que le Ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire (MDGLAAT) mène un combat solitaire. Sinon, une réaction énergique du pouvoir aurait contribué à rappeler à tous et surtout à ceux qui sont épinglés par les audits, que rien ne sera plus comme avant dans la gestion du patrimoine de l’Etat.
Dans la foulée, par exemple, un satisfecit devait être décerné aux communes qui ont fait preuve d’une bonne gestion avec en prime, des financements de projets communautaires au profit de leurs administrés. Et, dans le même ordre d’idées, des sanctions exemplaires seraient infligées à tous ceux qui ont fait preuve de mauvaise gestion des ressources mises à leur disposition. Ces sanctions iraient de simples avertissements à l’interdiction pour les mis en cause de se présenter aux prochaines élections municipales, selon la gravité de leurs actes.
Car, après dix ans d’expérience de la gouvernance locale, le moment est venu pour le gouvernement de donner une vision claire à ceux qui perdent leur boussole et de marquer sa volonté d’exiger des élus locaux non seulement une bonne gouvernance, mais aussi et surtout la reddition des comptes.
Aujourd’hui, tout porte à croire que certains élus locaux ne sont pas inquiétés par leurs actes tout simplement parce qu’ils ont une couverture politique. Persévérer dans cette voie amènera certains à toujours agir comme ils le font maintenant, par des menaces, des mises en garde à l’autorité hiérarchique ; bref, à mettre leur ministre sous la sellette.
Cependant, contrairement à ce que l’on croyait, le chef de l’Etat a, au cours de sa rencontre avec les élus locaux de Parakou en fin de semaine, donné un signal fort de sa volonté de ne pas donner son quitus à la mal gouvernance. En désavouant publiquement la mauvaise gestion des maires à Parakou, le Président YAYI Boni a voulu envoyer un message fort aux élus locaux du pays et rappeler que plus rien ne sera comme avant ; car le développement du pays passe nécessairement par une bonne gouvernance locale.
Rappelons que la goutte d’eau qui a déborder le vase est la déclaration du Ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance Locale, de l’Administration et de l’Aménagement dit Territoire (MDGLAAT) à la rencontre de Bohicon entre lui et les maires le 5 avril dernier. En substance elle dit ceci : « Mais force est de constater malheureusement que nos communes retournent à une autre forme de centralisation qui fait du pouvoir local décentralisé, un pouvoir fermé, peu transparent, opaque et empêchant le citoyen de comprendre la gestion des affaires de sa commune.
Par exemple, des marchés sont passés avec surfacturation et une volonté de cacher au public les informations sur la gestion financière et domaniale. »

Wandj A.

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