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Le Matinal N° 4456 du 17/10/2014

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Demande de fonds additionnels par Sacca Lafia: une Lépi…sans fin
Publié le vendredi 24 octobre 2014   |  Le Matinal


Sacca
© Autre presse par DR
Sacca Lafia, Président du Conseil d`Orientation et de Supervision des operations de correction de la Lépi.


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On pensait que les ennuis financiers du Cos-Lépi sont sur le point d’être conjugués au passé. Erreur. Il faut s’attendre au durcissement de bras de fer entre le Pouvoir en place et le Cos-Lépi. Ce dernier réclame encore une somme de 8 milliards de FCfa pour achever la correction de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). On n’a pas encore eu la réaction du gouvernement à propos, mais on devine déjà sa réponse.

Au total, le Cos-Lépi aurait besoin de plus de 17 milliards de FCfa pour l’ensemble des opérations de correction et d’actualisation de la Lépi. Pour le moment, il a obtenu 9,11 milliards du montant total. Beaucoup ont pensé que l’argent déjà reçu couvrira l’ensemble des activités et qu’il ne reste que quelques millions nécessaires pour finaliser les opérations. Logiquement, les regards sont braqués sur le Cos-Lépi dans le but qu’il sortira mi-décembre, sur la base de la dernière promesse de son président Sacca Lafia, une Lépi sous réserve de corrections à y apporter pour la rendre parfaite à l’issue des étapes prévues à ce propos. Mais, il est de plus en plus évident que les attentes seront déçues. Le Cos-Lépi n’est plus en mesure de livrer la Lépi provisoire sans avoir obtenu une nouvelle enveloppe financière de 8 milliards Fcfa. A vrai dire, même si la nouvelle demande de fonds de Sacca Lafia et de son équipe est justifiée au regard des besoins qui restent à couvrir, elle tombe comme une nouvelle pomme de discorde dans un climat déjà très tendu. Depuis les déclarations de Boko, où le chef de l’Etat a plaisanté sur nos élections, très cher selon lui, le gouvernement est dans la logique de serrer la ceinture. Ce n’était pas déjà facile pour lui de financer les opérations si elles devraient être gérées dans une enveloppe d’environ 9 milliards de FCfa. On a vu le président de la République manifesté une certaine colère et une réticence face aux besoins du Cos-Lépi, puis après son ministre des Finances Komi Koutché prend des instructions chez lui pour dépêcher une mission de vérification dans la structure. C’est une manière de dire à Sacca Lafia, « vous en demandez trop et je ne peux plus rien donner sans comprendre où va l’argent ».L’opinion profondément choquée et indignée est montée au créneau pour fustiger ces manœuvres à travers lesquelles, elle découvre le cynisme du pouvoir et la propension affichée du chef de l’Etat à ne pas vouloir des élections.

De l’eau au moulin de Yayi

Pour beaucoup, les agissements de l’Exécutif ont un seul but : prétexter de la précarité des caisses de l’Etat à côté de la cherté des opérations électorales pour ne pas permettre l’élaboration d’une nouvelle Lépi. Exploitant à cœur joie le verrou de la Cour constitutionnelle qui a établi qu’il n’y aura plus élection au Bénin sans Lépi, le chef de l’Etat guidé par ses calculs politiques, lésine sur les moyens nécessaires à l’accomplissement des chantiers devant déboucher sur l’organisation des élections, et plus précisément les communales avant les législatives. Après ses frasques de Boko, ce serait apporter de l’eau à son moulin, si vous lui demandez de sortir encore 8 milliards de Fcfa. Le Cos-Lépi ne doit pas se leurrer de la réponse qu’elle attend de l’Exécutif. Il sait que les chances de recevoir 8 nouveaux milliards de Fcfa sont extrêmement réduites. Bientôt, on verra le gouvernement s’en prendre au Cos-Lépi qu’il tient responsable du cafouillage. En ligne de mire, le président Sacca Lafia et le Coordonnateur au budget Nicaise Fagnon, accusés de tous les noms. A leur tour, ils retourneront les accusations contre l’Exécutif comme ils ne manquent pas l’occasion de le souligner. Le Cos-Lépi soutient mordicus qu’il n’a jamais été question de faire l’opération à moins de 10 milliards.

Au départ, le budget présenté au gouvernement était d’environ 17 milliards de FCfa, mais il a été abattu dans un premier temps jusqu’à 13 milliards de FCfa, puis à moins de 10 milliards. Les opérations ont démarré sur la base de ce montant imposé par l’Exécutif. Il y a quelque chose d’incontestablement vrai dans cette ligne de défense du Cos-Lépi. Depuis 2013, le budget du Cos-Lépi n’a jamais été voté. Par conséquent, personne ne sait sur la base de quel montant le gouvernement décaisse l’argent. Toutefois, durant tout le processus de décaissement, le Cos-Lépi s’est contenté de donner des informations sur ce qu’il a reçu et ce qui reste à décaisser sur le principe du budget imposé par le gouvernement. Dans une interview réalisée par votre quotidien, le président du Cos-Lépi annonce qu’il a encore besoin de 8 nouveaux milliards de Fcfa. Il en résulte une confusion et un cafouillage monstre.

Et la mission d’inspection au Cos-Lépi ?

La question qui se pose est celle-ci : est-ce que la mission de vérification envoyée au Cos-Lépi a identifié le reste des besoins dont le coût est de 8 milliards de FCfa, tel que cela a été évoqué par l’équipe de Sacca Lafia ? Quelle que soit la réponse à cette question, cela déterminera la position du gouvernement. Le non, empoisonnera un peu plus l’ambiance déjà tendue entre les deux institutions. La Lépi devra être rangée, le temps de réunir la somme exigée par l’organe. A quelque chose malheur est bon, dit-on. Cela peut provoquer une progression dans le processus électoral et les acteurs se mettront d’accord pour aller aux élections sans la Lépi. Dans le cas où, la mission de vérification aurait déjà pris en compte ces besoins dans leur rapport, cela signifiera que le Cos-Lépi et l’Exécutif sont sur la même longueur d’onde. Le gouvernement cherchera à faire des efforts, mais se retrouvera en contradiction avec le chef de l’Etat qui n’était pas enclin à financer les opérations qu’on croyait réussir avec moins de 10 milliards de FCfa. Maintenant que le montant normal est connu, il revient au gouvernement de montrer sa bonne foi. Encore que là, rien n’est sûr. Car, depuis deux ans, pour les 9,11 milliards de FCfa, l’Exécutif a traîné sur les décaissements. Ses manœuvres ont tant désorganisé les activités du Cos-Lépi et tant retardé l’évolution du processus électoral. N’ayant jamais été capable de faire tenir les élections à bonne date, sauf sa présidentielle chaotique de 2011, Yayi Boni est resté accroché à sa réputation en poussant le Cos-Lépi à glisser dans son chronogramme. La situation actuelle n’est que la conséquence de tout cela.

Fidèle Nanga

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