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Le Matinal N° 4456 du 17/10/2014

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Décisions relatives à la tenue des élections:Yayi fait de grands pas en arrière !
Publié le lundi 3 novembre 2014   |  Le Matinal


Yayi
© Présidence du Burkina par DR
Yayi Boni au 20è anniversaire de l`Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA)
Dimanche 19 octobre 2014.Commémoration du 20 ème anniversaire de l`Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) : Le 20è anniversaire de l’UEMOA va être placé sous le sceau de la consolidation des acquis », affirme Yayi Boni


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A la Présidence de la République du Bénin, le chef de l’Etat a perdu ses sens, suite aux récents évènements qui se sont produits au Burkina-Faso. Les dernières décisions de Yayi Boni, notamment celles relatives à l’organisation des élections et la correction de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), semblent illustrer la peur qui a gagné le camp au pouvoir.


Yayi fait de grands pas en arrière ! La situation qui a provoqué la chute du président Balise Compaoré a certainement produit des effets sur le pouvoir en place à Cotonou. Les intentions cachées semblent disparaître d’elles-mêmes. En moins de trois jours, il revient sur plusieurs de ses décisions. Son gouvernement accepte donner, au Cos-lépi, une somme de plus de trois milliards de FCfa à positionner à chaque fois que le besoin sera exprimé. L’Assemblée nationale est sollicitée par le pouvoir en place pour prendre des dispositions dérogatoires afin de réduire certains délais, notamment ceux concernant les différentes étapes du processus électoral. Un comité a été mis en place pour veiller à la mise en œuvre de ces décisions et appuyer le Cos-Lépi à cet effet. La décision du ministre de l’Economie et des finances, arrêtant le budget du Cos–Lépi à 9,5 milliards Fcfa a été annulée. Contrairement aux déclarations de Boko (Commune de N’Dali) et à plusieurs autres déclarations faites par le président de la République et ses partisans, le gouvernement est prêt pour l’organisation des élections en République du Bénin. Tout le week-end durant, le refrain « après nous, c’est nous » n’a été chanté lors des meetings politiques de la mouvance.
Le recul

Tout est parti de la marche organisée, avec succès le mardi 28 Octobre 2014, par l’opposition Burkinabè pour dire « non » à la révision de la Constitution. Yayi Boni qui, depuis Sèmè-Podji, le samedi 25 Octobre 2014, avait fustigé le comportement de l’opposition béninoise et avait chargé le Cos-Lépi, a convoqué deux jours, plus tard, une réunion avec les présidents des institutions pour étudier la question de l’organisation des élections. Malgré la conférence de presse au cours de laquelle six de ses ministres et de son conseiller politique ont réaffirmé la volonté du gouvernement à ne plus augmenter la dotation du Cos-Lépi, le président a révisé sa position. Son intention d’empêcher la marche des forces vives de la Nation béninoise, le mercredi 29 Octobre 2014 à Cotonou, s’est estompée. La tournure qu’ont pris les événements au Burkina-Faso en a été pour beaucoup. Il avait vraiment peur du débordement à Cotonou. Les forces de l’ordre (fortement mobilisées) ont dû diriger la marche. Le jeudi 30 octobre 2014, quand le président béninois a vu les Burkinabès marcher sur les Institutions de leur pays pour empêcher le coup d’Etat constitutionnel qui était en vue, il a accéléré les choses à son niveau. La rencontre avec les présidents des Institutions béninoises a permis la mise en place d’un comité présidé par François Abiola, ministre d’Etat. Le vendredi 31 octobre 2014, dernier jour du mois, au moment où Blaise Compaoré tombait à Ouaga, le comité présidé par le ministre de Yayi achevait son travail. Le samedi 1er novembre 2014, au moment où Compaoré atterrissait en Côte d’Ivoire, Yayi cédait à la pression du Cos-Lépi en accordant un budget complémentaire pour l’achèvement des travaux de correction de la liste électorale en vue de l’organisation des élections au Bénin.
Encore des efforts à faire..

Malgré cet effort du gouvernement béninois, rien n’a bougé. La Lépi sera achevée, mais pas entièrement. Car, les Béninois de l’Extérieur resteront en attente et le problème de sécurisation va toujours se poser. L’équipe de Sacca Lafia va déposer la liste pour permettre l’organisation des élections locales, municipales communales et législatives. Mais, avant la présidentielle de 2016, cette Lépi sera encore touchée encore. La conséquence est que des milliards de Fcfa sortiront pour prendre en compte les Béninois de l’Extérieur. L’enregistrement complémentaire ne prend pas en compte cette partie des compatriotes béninois.

Egalement, il y a toujours de l’incertitude autour de la tenue des élections en 2014. La disposition dérogatoire à prendre par l’Assemblée nationale ne pourra pas régler tous les problèmes. Car, le Cos-Lépi reste ferme. La liste sera disponible dans la deuxième quinzaine du mois de décembre 2014. Que pourra faire l’Assemblée nationale pour que, après la remise de cette liste à la Céna dans la deuxième moitié de décembre, le processus électoral puisse se tenir avant l’année 2015 ? Les députés devront convaincre le peuple de ce que les deux semaines suffiront pour que les candidats fassent campagne et d’aller aux urnes pour avoir les résultats dans ce délai de deux semaines. A moins que la Céna démarre son processus et évolue simultanément que le Cos-Lépi. La conséquence est qu’on risque de se retrouver dans les mêmes conditions que 2011 où la Cps-Lépi et la Céna se cherchaient en plein processus électoral. C’est-à-dire que le cafouillage s’annonce une fois encore et beaucoup de citoyens risquent de ne pas voter. C’est clair qu’avec cette disposition transitoire, le gouvernement va convoquer le corps électoral avant que la Lépi ne soit prête et, la Céna devra démarrer ses activités sans avoir cette fameuse liste. A l’analyse, rien n’est possible. Les députés sont suffisamment éclairés pour ne pas se laisser manipuler comme en 2011.
Deux peuples totalement différents

Rien de commun ! La solidarité, le courage et le patriotisme burkinabè n’existent pas au Bénin. Le peuple burkinabè a fait ses démonstrations et, tout le monde a compris que le silence n’est pas un signe de faiblesse. Ce qui s’est passé à Ouagadougou ne pourra pas arriver à Cotonou sans qu’il n’y ait d’affrontements entre les populations. L’argent a gagné les cœurs au Bénin. Avec ça, il est facile de calmer les ardeurs des opprimés en cas de situation conflictuelle. A Ouaga, les populations ont démontré que le pouvoir appartient au peuple et non à un individu ou groupe d’individus. « Blaise Compaoré doit savoir qu’il n’est pas le seul intelligent au Burkina-Faso », a lancé un ressortissant de ce pays, vivant en Côte d’Ivoire et interrogé par un organe de presse étranger. Voilà un peuple qui a compris la pertinence de la bataille de l’opposition et l’a soutenu jusqu’au bout. Les Burkinabès, notamment les jeunes, ont laissé de côté, les intérêts personnels pour défendre leur patrie. Ils ne se sont pas laissés séduire par le charme de l’argent ou le matériel. Même les forces de l’ordre et de défense n’ont pas pu ébranler leur ardeur. Ils ont pris d’assaut le Parlement. Ils ont ensuite attaqué la Présidence, sans peur. La population a évolué de façon solidaire et, pendant que les manifestants évoluaient, aucun autre citoyen ou groupe de citoyens n’a pu se lever pour défendre Compaoré. Il n’y a pas eu de « contre-marche » pour barrer la route à l’opposition. Bref, tout le peuple burkinabè avait balancé, à l’unanimité, dans l’opposition. Plus personne ne pensait à l’argent ou à un poste politique. Cette solidarité et ce courage ont payé. Compaoré est descendu en moins de 72 heures. Au Bénin, si ce n’est pas la préfecture qui interdit les manifestations et instruit les forces de l’ordre de bastonner les manifestants (évènement du 27 décembre 2013), ce serait des compatriotes qui allaient décourager d’autres. Mieux, l’argent allait, aussi, être utilisé pour démobiliser les manifestants. Si ce n’est rien de tout cela, ce serait, peut-être, des organes de presse qui seront commis pour jeter de l’opprobre sur les leaders de l’opposition ou intoxiquer les populations. Le cas contraire, ce serait des femmes et hommes manipulés par le pouvoir de l’argent de l’Etat, qui vont se mettre dans les rues pour chanter la gloire du chef décrié. Ils vont tout faire pour étouffer la protestation populaire et faire croire que le régime se porte bien et gère bien. C’est peut-être trop dire, mais le ventre du Béninois lui est plus cher que l’intérêt national et son avenir. La solidarité n’est pas spontanée au Bénin. La trahison est le vécu quotidien.
Perte des valeurs morales

Au Bénin, les valeurs morales ont disparu. Le pouvoir et la politique ont pris le dessus. Jeunes, femmes et enfants n’ont plus d’yeux que pour ce qui pourrait leur revenir à l’issue de luttes. La personnalité morale n’existe plus et les royautés ont perdu leur crédit. Un confrère d’une chaîne de télévision béninoise s’en est offusqué, samedi lors d’une discussion entre journalistes, en disant : « Les roitelets du Bénin sont tous corrompus ». Aujourd’hui, le roi veut être riche ; le roi veut rouler une voiture de luxe. Le roi ne veut plus marcher comme c’était le cas, par le passé. Il veut être fortuné. Au lieu d’incarner la force et l’expression de la volonté populaire, les rois béninois, veulent plutôt être l’ami du chef de l’Etat. Ils sont régulièrement reçus à la Présidence, pas pour poser les problèmes des peuples et faire des remontrances au président de la République, mais plutôt pour aller lui faire allégeance. Quelle horreur ! La cause de ce comportement est l’argent. Au Bénin, les rois n’ont pas honte de déclarer leur soutien au chef de l’Etat ou à des ministres. On ne les voit jamais aux côtés de l’opposition se battre pour l’intérêt public. Ils ont plutôt leurs progénitures dans l’administration, dans les ambassades et même au gouvernement.

Le constat est pareil chez les religieux, toutes catégories confondues. Jamais au Bénin, les confessions religieuses (endogène, musulmane ou chrétienne) ne dénoncent les dérives du pouvoir. Elles ne contredisent jamais le chef de l’Etat. Aucun chef religieux ne soutient l’opposition. On ne les voit pas monter au créneau pour dénoncer la mauvaise gestion ou tout autre comportement nuisible du pouvoir. Si, par le passé, des gens comme Sossa Guèdèhounguè, Monseigneur Isidore de Souza et le Cardinal Bernardin Gantin avaient de l’influence sur le pouvoir politique et ont joué un grand rôle dans la paix et la stabilité au Bénin, ce n’est plus le cas, de nos jours. Ceux qui ont tenté de contredire le pouvoir ont tôt fait de se ranger, face à l’argent. Leur discours a changé. Ils ont même ravalé leurs vomissures. Mêmes les représentants de grandes églises du monde, en qui le peuple pouvait avoir confiance, ont courbé l’échine devant l’appât du gain. De nos jours, le peuple est laissé à lui-même et il n’y a que les syndicalistes qui font l’effort de tenir tête au pouvoir (encore que certains d’entre eux se laissent manipuler).

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