Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Benin    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Necrologie
Article



 Titrologie



Le Matinal N° 4472 du 10/11/2014

Voir la Titrologie

  Sondage



 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles



Comment

Necrologie

Père André et le silence éternel
Publié le mardi 11 novembre 2014   |  Le Matinal


Le
© Autre presse par DR
Le père André Quenum


 Vos outils




Silence éternelle. Le souffle s’en est allé laissant la chair futile retourner, seule, dans son lit. "Tu es poussière et tu retourneras à la poussière" a-t-il enseigné durant son bref et court séjour. Père André Quenum, cet homme du peuple a emprunté depuis hier l’irréversible sentier de l’irréel où la matière et le futile n’ont plus de sens. La vie s’est arrêtée et les proches ressentent durement le coup.


Le clergé béninois est en deuil d’un jeune Père serviteur indéfectible fidèle jusqu’à la mort. Homme de Dieu accompli, le Père Quenum épousait les traits de la vie de sacrifice et d’abandon du Curé d’Ars (Jean Marie Vianney, Saint patron des curés) pour qui la vie n’est que don. Père dévoué, il faisait montre d’une disponibilité sans pareille toutes les fois qu’on le sollicitait pour telle ou telle question intéressant l’église ou la vie sociale. Prêtre accompli, il l’est Journaliste impartial, il l’était. Jusqu’à la mort, il gardait toujours en esprit cette ligne d’objectivité qui effectuait une rupture radicale avec les éloges décousus et les partis pris teintés de subjectivisme outranciers qu’arborent certains élégants personnages dévoués. L’homme n’avait fondamentalement rien à plaire à ceux qui raffolaient de fanfare pour assouvir leur égo. Ses analyses acérées expriment son engagement sans faille au service du bien commun et de la patrie. On a encore à l’esprit les phrases de sa lettre ouverte au Chef de l’Etat. Ce document qui a tout l’air d’un testament exprime une inquiétude profonde. Les premières phrases sont révélatrices. « Monsieur le président de la République ! Qu’un « petit » citoyen adresse un mot à votre « haute autorité » pourrait se révéler parfaitement inutile. Néanmoins, prêtant ma plume aux nombreux citoyens qui s’inquiètent pour l’avenir de ce pays, je voudrais vous demander : Monsieur le président, voyez-vous ce qui se passe au Burkina Faso ? ». Ce fut plein de sens. Mais au-delà de ces qualités raides, le Père André Quenum avait aussi ce cœur fragile d’homme qui souffrait pour les siens lorsqu’ils éprouvent le mystère de la mort. On se souvient encore comme si c’était hier, de tout son engagement et de sa sollicitude aux côtés du Groupe de Presse le Matinal lors du décès en 2011 du chroniqueur et Chef bureau régional Ouémé Plateau Jean Christophe Houngbo. Dans son homélie ce jour, il a insisté sur le caractère passager et éphémère de l’homme. Son message sonnait comme une invite pressante à l’amour, au pardon et à la foi. Il y a quelques semaines, lorsqu’il a plu à Dieu de rappeler à ses côtés le jeune célèbre journaliste François Mensah, il y était et avait dit la messe. Dans son homélie, le message était le même. Aux côtés des amis, parents et confrères, il s’est rendu jusqu’à Grand Popo pour les derniers hommages. C’est cet homme plein de dévouement et débordant d’amour que pleurent actuellement l’église et toute la presse béninoise. Il a fait le bon combat. Que son âme repose en paix !

Hospice Alladayè

Constant Ehoumi, président Odem : « J’ai le cœur très serré… »

« J’étais au cours avec les étudiants quand j’ai reçu le message. J’ai été totalement abattu et j’ai dû demander de quel Abbé Quenum il s’agissait. Quand j’ai reçu la confirmation, je ne sais vraiment pas comment j’ai fini le cours. Véritablement, je suis très choqué parce que l’Abbé Quenum avait beaucoup de projets avec nous. Il voulait qu’on perpétue les écrits en ce qui concerne la visite du Saint Père au Bénin. Parce qu’on a créé un petit regroupement et il ne cesse de nous dire que nous avons le devoir de tout faire pour que le message laissé par le Saint Père puisse être perçu par le dernier des Béninois. L’autre chose, c’est qu’il a redonné vie à un projet qu’on peut appeler le « projet du siècle » pour la presse béninoise. C’est le projet « La croix du Bénin Média dev » à travers lequel, nous aurons des productions de presses qui concernent l’investigation journalistique. Les différentes formations ont été faites dans ce sens. C’est un projet qui démarre avec la presse écrite et qui doit se poursuivre avec ceux de la radio et de la télévision. Je ne sais pas comment nous allons poursuivre tout ça. On est surpris parce que le Père André n’avait donné aucun signe de maladie. Mais, il a tenu une réunion inhabituelle le samedi. C’est après cette réunion qu’il a eu une crise et, nous voilà. Je ne savais pas que, quand il disait à qui le tour à la messe d’enterrement de François Mensah, c’était pour nous dire que c’était lui qui partirait. J’ai le cœur très serré. »

Isidore Armel Tokou : « Comment va-t-on se débrouiller sans lui ? »

« Je viens de déposer sa dépouille mortelle à la morgue. Mais je n’y crois toujours pas. Cela fait huit ans que je travaille aux côtés du Père André Quenum au journal « La Croix ». Nous étions ensemble le samedi toute la journée, même le dimanche au Cnhu. Il me disait même qu’il voulait que les médecins lui enlèvent tous les accessoires utilisés pour ses soins afin qu’il se sente à l’aise. Le Père André Quenum ne présentait aucun signe de quelqu’un qui pourrait mourir comme ça. C’est l’arrêt cardiaque qui a eu raison de lui. C’est triste parce que je me demande à qui il a laissé tous ces projets. Comment va-ton se débrouiller sans lui ? ».

Guy Dossou Yovo, Chef desk Politique et Société journal La Croix : « C’est un départ qui pèsera très lourd »

« Nous avons été tous surpris par la nouvelle parce qu’il n’y avait rien qui présageait d’une nouvelle de ce genre pour nous. Il a été au journal. Il a travaillé. Il a fait le jour normalement. Vous avez dû lire le journal le week-end. Donc, nous étions tous rentrés pour un bon week-end. Personne n’a eu même un semblant de nouvelle pour imaginer que d’ici à là quelque chose pouvait se produire. C’est la réalité ! Elle est dure, mais nous sommes des chrétiens et celui qui vient de nous quitter est un homme de Dieu. C’est un départ qui pèsera très lourd tout au moins dans les tout prochains jours, les tout prochains mois dans notre rédaction. C’est un départ que nous ne comprenons pas encore, mais que nous accueillons parce que nous sommes des croyants. On sait que Dieu ne fait rien au hasard ».

Propos recueillis par Valentine Bonou Awassi



Articles associés
Le Matinal
André Quenum et la Révolution de « La Croix »
  Adjinakou
Deuil dans la presse béninoise : le père André Quenum n’est plus
 

 Commentaires