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Validation du référentiel de formation des traducteurs-écrivains en Langues nationales : Le cri d’alarme des acteurs pour une attention particulière à l’Alphabétisation
Publié le vendredi 14 novembre 2014   |  Educ'Action


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La salle de conférence du Ministère en charge de l’Alphabétisation a réuni ce mardi 04 novembre pour deux jours, des experts et praticiens linguistes locaux pour une appropriation du référentiel pour la formation des traducteurs et écrivains de langues nationales. Occasion rêvée pour les acteurs de faire des plaidoyers en direction notamment des décideurs pour une révision à la hausse des subventions accordées au sous-secteur de l’Alphabétisation en même temps qu’ils fustigent le peu d’attention accordée à l’Alphabétisation dans notre pays. Des plaidoyers auxquels le Ministre Jean-Michel Abimbola en charge du sous-secteur, n’est pas resté indifférent.


« Tenez, pour les consultations électorales, notamment pour une opération de proximité, il est dit à l’article 55 relatif aux élections, que ne peut être membre du bureau de vote que celui qui sait lire et écrire le Français. C’est suffisamment grave. Donc, nous pensons qu’on a des défis à relever ». Ce sont là quelques propos de Yola Kpara Mama, le Directeur de la Promotion des Langues Nationales qui témoignent de sa désolation en même temps qu’ils relancent le débat sur le peu d’attention accordée à nos langues nationales, comparaison faite avec les langues importées dont le Français, notre langue officielle. Et comme pour illustrer les propos de Yola Kpara Mama, Franck Arnaud Sedjro, le Secrétaire Exécutif du Réseau National des Opérateurs Privés pour la Promotion de l’Alphabétisation et des Langues, établit le rapport entre le fort taux d’analphabétisme et la maigre subvention étatique annuelle allouée au sous-secteur de l’Alphabétisation, pour parvenir à la conclusion selon laquelle, il n’y a pas de développement durable avec plus de 60% d’analphabètes nonobstant les exigences de l’UNESCO à ses États membres dont il commente tout déçu, les termes : « Nous estimons que c’est plutôt triste parce que plus de 60% de la population béninoise est analphabète et le budget qu’on accorde à cette grande masse de population est encore de moins de 1% du budget de l’éducation nationale. Pour nous, au niveau du Réseau, c’est un drame d’autant plus que l’UNESCO a recommandé à tous ses pays membres de s’efforcer à faire en sorte que le budget alloué au sous-secteur de l’Alphabétisation soit tout au moins de 3% du budget de l’éducation. Ce qui n’est pas encore le cas au Bénin. Et avec un pays de plus de 60% d’analphabètes, le développement durable n’est pas possible ». C’est donc pour corriger cette disparité qu’un plaidoyer a été fait aussi bien à l’endroit des décideurs que des bénéficiaires de ces langues nationales à travers le présent document objet de validation. Deux jours durant, experts, linguistes, professeurs d’universités, sociologues, psychologues, pédagogues et spécialistes en ingénierie d’Alphabétisation n’ont pas tari de propositions, d’observations et de suggestions pour améliorer le document soumis à leurs réflexions. Pour y arriver, Yola Kpara Mama a indiqué dès le tout premier jour, la voie à suivre. Il s’agit, selon lui et selon son ministre de tutelle Jean-Michel Abimbola, de décentraliser le savoir en montrant aux compatriotes, l’intérêt qu’ils ont à apprendre ces langues nationales. Avis que partage Nahim Deen Salami, professeur de Psychologie. Invité à porter son regard technico psychologique sur la question, l’homme déclare : « Ce référentiel vient à point nommé pour renforcer l’ensemble des dispositifs mis en place pour favoriser une émergence d’une culture linguistique chez nous et surtout d’une appropriation des langues nationales par nos populations. En développant ce référentiel, on a certainement encore quelques moyens de baliser un terrain pratiquement en jachère et qu’il faut nécessairement défricher avec des méthodes modernes les plus appropriées. C’est à cela que répond ce référentiel ». Une fois le référentiel validé après avis techniques des experts, Yola Kpara Mama clarifie : « Avec toutes les dispositions normatives qui en découlent, ça permettra désormais à chacun de savoir où il se trouve, ce qu’il connait en matière de maîtrise de la langue première et de la langue seconde. Autrement dit, du Français, notre langue officielle et les langues nationales qui sont utilisées au niveau local, dans nos relations avec nos populations ». Et pour corroborer ses propos, le Ministre Jean-Michel Abimbola en charge de l’Alphabétisation déclare : « Que nos langues nationales soient sources d’opportunités et de prospérité pour chacun et pour tous ». En réponse au cri d’alarme de Franck Arnaud Sèdjro sur l’insuffisance des subventions accordées à ce sous-secteur, le Ministre a promis y trouver une solution durable les jours à venir.


Avis de quelques personnes ressources
Yola Kpara Mama, Directeur de la Promotion des Langues Nationales
Mama Yola Kpara« Beaucoup se clament d’être des traducteurs, d’être des écrivains mais en fait, ne le sont réellement pas parce que ne sont pas allés à cette école. Le présent document est un document cadre, qui, à terme, va définir les normes. Ce document tient compte des spécificités de chaque langue et des problèmes auxquels nous aurons à faire face si nous voulons vraiment la gouvernance locale décentralisée et appropriée pour nos peuples ».


Franck Arnaud Sedjro, Secrétaire Exécutif du Réseau National des opérateurs privés pour la Promotion de l’Alphabétisation et des Langues.
Franck Arnauld Sedjro« Le Ministère a organisé une soirée de gala au profit du sous-secteur de l’Alphabétisation parrainée par la 1ère dame à laquelle a pris part le ministre du Développement Marcel de Souza. Le Réseau dont je suis le Secrétaire Exécutif a saisi l’opportunité pour faire un plaidoyer à l’endroit de la 1ère dame dans le sens pour l’État, d’augmenter les ressources allouées au sous-secteur de l’alphabétisation, qui, elles, depuis plusieurs années, vont en decrescendo. A la suite de notre plaidoyer, nous avons attendu environ un peu moins d’un mois après et comme nous avons l’information que c’est la période où le budget se discute, nous avons relancé la 1ère dame par rapport à sa promesse d’en parler au Chef de l’Etat afin que si possible dès l’année budgétaire 2015, les ressources allouées au sous-secteur puissent être améliorées ».


Naïm Deen Salami, Professeur de Psychologie
Naïm Deen Salami« Tout le monde parle son petit patois, et on veut bien aussi que l’autre comprenne son patois. C’est là, la question principale qu’il faut nécessairement introduire dans un système comme celui du système éducatif national afin de favoriser l’expansion de ces langues-là. Moi je crois tout simplement qu’en développant ce dispositif référentiel, on a certainement encore quelques moyens de baliser un terrain pratiquement en jachère et qu’il faut nécessairement défricher. Et si on veut le défaucher il faut quand même des méthodes les plus modernes, les plus appropriées ».

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